Liturgie catholique : combien de cierges sur l’autel ?

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Dernière querelle byzantine en date dans la paroisse catholique de Savigny-sur-Orge, membre du diocèse d’Évry-Courcouronnes Corbeil-Essonnes : le nombre de cierges sur l’autel.

Jusque-là, nous n’en mettions qu’un. Puis quelqu’un est arrivé en disant que c’était trois…

Et alors « il » a été décidé que ce serait trois partout ; bien que j’en ai discuté en début de semaine avec le prêtre nouveau responsable de secteur pour lequel, pas plus que pour moi, il n’y voyait un élément fondamental de la liturgie.

Sauf que la Présentation général du missel romain, en son paragraphe 117, consacré à la préparation de la messe dite avec peuple dit que :

117. L’autel sera couvert d’au moins une nappe de couleur blanche. Sur l’autel ou alentour, on mettra des chandeliers avec des cierges allumés : au moins deux pour toute célébration, ou même quatre, ou six, surtout s’il s’agit de la messe dominicale ou d’une fête de précepte, ou encore sept si c’est l’évêque du diocèse qui célèbre. Il y aura aussi sur l’autel ou à proximité une croix avec l’effigie du Christ crucifié. Les chandeliers et la croix avec l’effigie du Christ crucifié pourront être portés dans la procession d’entrée. Sur l’autel même, on pourra mettre, à moins qu’on ne le porte dans la procession d’entrée, l’Évangéliaire, distinct du livre des autres lectures.

Donc tant que les catholiques de ma paroisse ne trouveront pas un autre pigeon qui arrive une heure avant le dimanche pour aérer l’église, balayer le porche, nettoyer les brûloirs, remplir les flacons de GHA (à ne pas confondre avec le GHB), écouter les messages téléphoniques, tenir à jour les panneaux d’informations, placer les chants sur les bancs, régler les micros, préparer la messe et la quête, trouver des enfants pour les processions, quand ce ne sont pas aussi des lecteurs, des quêteurs et des ministres de la communion, entre autres choses, ce sera toujours, quand je remplace mon ami Yves, un seul cierge, pour le symbole.

Surtout que je vous dis pas le bazar avec six cierges, déjà que l’autel est petit, mais quand en plus, il y a la pression des uns et des autres pour rajouter des fleurs ou tel objet de circonstance. D’autant que qui va gratter la nappe d’autel, quand les cierges ont bien coulé ?


Bref, je suis affligé que quelqu’un puisse arriver et dire trois, qui ne correspond à rien d’un point de vue liturgique, et que tout le monde s’écrase et s’exécute, probablement parce qu’on serait alors plus proche d’une certaine vérité divine qui se manifeste au nombre de cierges allumés.

Le problème ici n’est pas le nombre exact, mais le fait finalement qu’on trouve qu’un seul ne suffit pas, parce que cela fait avare, et que Dieu sera certainement plus content qu’on en mette au moins deux, ou trois, sinon quatre.

Qui plus est quand cela vient de personnes, qui par cohérence, devraient alors vouloir faire respecter l’intégralité de la PGMR. Ce qui n’est plus possible tellement elle est compliquée et plus adaptée à nos réalités. Mais qui ne le font pas ! Même si elles pratiquent quand même une sournoise pression pour essayer de convertir progressivement à leurs convictions. À la limite, que ces personnes pratiquent le rite de la messe tridentine et ils seront plus proches de ce que l’Église a institué au XIXe siècle.


Et pendant ce temps, ce sont les païens, comme moi, qui dégustent l’accumulation de rites et de signes, qui s’ils font sens pour quelques uns, sont des contre-sens pour l’ensemble ; d’autant qu’en fait, chacun y met ce qu’il veut derrière, et qu’on ne crée ainsi même pas les conditions qui rempliraient les églises ; à défaut qui empêcheraient les derniers de partir.

Et vas-y qu’on donne du signe du croix, qu’on met du latin et du grec, qu’on multiplie les processions en donnant un caractère sacré à des éléments qui ne sont pas liturgiques, qu’on s’attache aux objets plutôt qu’aux hommes, qu’on divinise les lectures, qu’on refuse d’accepter que l’eucharistie nous fait corps du Christ et qu’on place Marie plus haut que Jésus…

Tout cela est très contradictoire…

Clairement la marque d’une dérive dans laquelle on oublie que Dieu nous demande d’abord d’aimer, et que quand on commencera par cela, alors oui, on pourra alors se préoccuper de se livrer de telles guerres picrocholines sur le nombre de cierges sur les autels.

Et pendant ce temps, on attend toujours une parole de l’Église relative à la crise sanitaire et sociale que nous vivons, qui marque qu’elle fasse autre chose que subir mais qu’elle se montre actrice.



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