Il y a ceux qui disent que les attentats se produisent parce que les médias leur donnent une caisse de résonance. Et puis, il y a ceux qui veulent lutter contre l’islamisme en comprenant l’islam, comme s’ils allaient réussir à eux tous seuls à changer 1400 ans d’Histoire. Voilà des années que je m’intéresse à l’islam, et à part mieux le connaître, sur un plan théorique et historique que de nombreux musulmans, cela ne change rien…
D’abord parce que l’islamisme est le fait de gens qui ne connaissent et qui ne comprennent pas grand chose à l’islam. Ils en récupèrent opportunément ce qui les intéresse et ils en font leur religion. De fait, connaître l’islam, même si cela nous place dans la vérité et nous permet d’affirmer que les islamistes sont dans le faux, ne les empêchera pas de passer à l’acte.
On pourrait même aller encore plus loin en observant que les islamistes, qui généralement ne sont pas des gens très religieux, agissent pour des intérêts qui sont davantage politiques et économiques que religieux, qu’ils soient ou pas directement manipulés.
Ensuite, parce que quand bien même je pourrais discuter avec eux, pour tenter de les raisonner, je suis et je reste un kouffar. Et dans un système de pensée dualiste qui oppose les croyants musulmans au reste du monde, ma parole ne vaut rien.
Certains voudraient alors que des réformes partent de la plus haute autorité intellectuelle de l’islam sunnite (qui ne sera donc pas reconnu par les chiites), j’ai nommé le recteur de l’université Al-Azhar, mais celui-ci lorsqu’il n’adopte pas un double-discours, ne sera de toute façon pas reçu, dès lors que sa parole ira dans le sens contraire de celui des islamistes.
Au surplus, une unique réforme de l’islam en France ne changerait pas grand chose au terrorisme islamiste qui est principalement le fait de personnes issues de l’immigration et récemment arrivés sur le territoire national.
Enfin, parce que l’islam est enfermé dans ses propres contradictions d’un discours directement révélé par Dieu, quand bien même celui-ci dit deux choses différentes. Partant, il n’est pas possible d’opposer tel élément à un autre, sauf à être un apostat.
La seule différence est que les chrétiens ont, de par leur Histoire, renoncé à appliquer leur Évangile au pied de la lettre, là où les musulmans possèdent encore ce secret espoir que peut-être il serait possible d’accommoder pour vivre pleinement leur foi.
J’en conclus qu’il faut arrêter de vouloir se gaver des bons musulmans qu’on nous balade en boucle à la télévision, qui en plus de développer un islam théorique, par ailleurs très intéressant, mais absolument pas pratiqué par le musulman de la mosquée du coin, ne représente malheureusement absolument personne d’autre que lui-même, parce que l’islam ne permet de toute façon pas d’autre penseur, chef ou décideur que Dieu et son prophète.
Et donc on tourne en rond à vouloir expliquer à des gens qui pensent que tout a été livré par Dieu en l’état entre 610 et 632 que la composition du Coran n’a été arrêtée que sous les califes Rashidûn (donc qu’on a déjà fait du ménage entre temps), que la vocalisation du texte n’a été arrêtée qu’au VIIIe siècle (donc que c’est à ce moment qu’on a figé le sens des mots) et enfin que la charia n’a été établie qu’à la fin du VIIIe siècle (pour des raisons politiques).

Répondre à Jean-Marie CORBIN Annuler la réponse.