Moloch (Arte) d’Arnaud MALHERBE, une série trop longue et largement survendue

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Un thriller fantastique et un conte social flamboyants, le tout devant nous embraser face à notre écran. Les critiques élogieuses et les mauvais jeux de mots ne manquent pas pour qualifier cette série, qui malgré de grandes qualités techniques, quoique des images parfois un peu trop sombres, pèche par la faiblesse et la chronophagie de son scénario.

La grande force de Moloch, du nom de cette divinité cananéenne à laquelle on sacrifiait des enfants par le feu, est de faire appel à cette fascination humaine pour la pyromanie et les phénomènes de combustion spontané. Puis de nous maintenir dans le doute quant au caractère naturel de ces événements pendant ces trois premiers épisodes.

Finalement, on est assez vite déçu de comprendre qu’il s’agit de l’œuvre d’une « enfant de la lune », du nom de cette maladie de peau qui empêche ceux qui en souffrent de s’exposer à la lumière du jour ; laquelle gavée aux informations puisqu’elle ne peut rien faire d’autre, crame les gens qui lui semblent méchants, avec la complicité de son chauffeur, au moyen d’un pouvoir surnaturel qu’elle possède, tiré de la colère qu’elle ressent du fait de son existence.

Parmi ses victimes : un trader, une mère de famille maltraitante, un gérant de supermarché, un voyou de cage d’escalier, une riche héritière, le petit copain de sa sœur… Et puis plus étonnamment le fils de son psy, sa maison ou un journaliste qui pouvait parler d’elle.

Or, une fois que l’on a écrit cela, passé la difficulté de faire porter un message politique aussi élaboré sur l’anarchisme et l’anticapitalisme à une jeune ado de 14-15 ans, vient qu’on ne comprend absolument pas toutes les histoires dans l’histoire, qui non seulement n’apportent rien ou pas grand chose, mais n’obtiennent en plus pas de réponses, et finalement rallongent le script d’une manière un peu inutile. On y devine finalement ce qu’on veut y voir.

Entre autres, que viennent faire les disputes conjugales des parents de la journaliste ? Pourquoi ces anarchistes qui revendiquent et taguent opportunément les lieux des crimes ? Que vient faire la religion du chauffeur de bus dans l’histoire ? Pourquoi cette complicité du chauffeur de l’enfant ? Et puis finalement d’où vient ce pouvoir que ne possèdent pas les 5000 autres enfants malades et méprisés pour les soigner parce que trop peu nombreux ? Et pourquoi ce suicide ?

Beaucoup de personnages et de situations sont en fait mal amenés, comme si l’on avait tiré pour durer six épisodes sur près de six heures.

En conclusion, on ne perd pas tout à fait son temps à regarder Moloch, qui se veut dans la veine des thrillers nordiques sans toutefois y parvenir, notamment pour la qualité des images.

Mais on reste légèrement dépité, et sur sa faim, en tant qu’on n’obtient pas de réponses aux nombreuses questions que l’on se pose pendant le film.

Enfin, l’aspect social et même fantastique sont en fait finalement peu présents, dans ce qui est effectivement une grande enquête sous tension aussi bien policière que journalistique.


À retrouver temporairement sur Arte.tv ;

Les épisodes 4, 5 et 6 seront diffusés le jeudi 29 octobre 2020 à partir de 20 h 50.




Un commentaire

  1. Somme toute un demi navet, donc. Ne perdons pas de temps à regarder ces films vaguement sciento-politico-cérébro-moralisateur…

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