Qu’est-ce qu’un électeur écolo en 2020 ?

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Je m’appuierai au besoin de cette analyse sur le résultat des élections municipales de mars et juin 2020 qui a débouché sur un phénomène de métropolisation du vote écologiste, ce qui m’invite à refuser de parler de « vague verte ».

L’électeur écolo est d’abord et avant tout un bourgeois blanc, cadre socio-professionnel supérieur, qui peut s’intéresser à l’écologie et en faire sa principale préoccupation parce qu’il ne rencontre pas d’autres problèmes (d’argent, d’emploi, de sécurité…).

Ce n’est pas une personne qui veut voter spécifiquement pour le grand parti écologique Europe-Écologie les Verts, dont il ne connaît ni les membres ni le programme, mais pour un parti écologique, essentiellement pour se donner bonne conscience. J’y reviendrai.

C’est un électeur de gauche, historiquement au PS, qui a pu en 2017, soit être tenté par MACRON soit par MÉLENCHON. Mais le premier a tellement droitisé son discours, tandis que le second a tellement gauchisé son discours que la voie écologiste devient l’évidence pour tous ceux qui veulent continuer de se dire de gauche (perçue comme l’antithèse de la droite).

Or, les victoires aux municipales sont d’autant plus relativisables, dans un contexte de désagrégation du PS et de La France Insoumise ; et porté par des bons résultats aux européennes de 2019 et un « climat » propice aux sujets écologiques, que les écologistes se sont retrouvés à conduire des listes d’union de la gauche, et à remporter des victoires qui sont en fait celles de coalitions, souvent avec des mouvements citoyens locaux.

L’électeur écolo est un urbain. Paradoxalement, l’écologie politique ne prend pas tellement dans les territoires ruraux, à quelques exceptions près du fait de l’Histoire locale ou de la forte implantation de personnalités politiques.

Son comportement n’est pas tellement écolo (même si les quelques élus sont généralement des caricatures ambulantes que l’on peut croiser revenir de l’AMAP en vélo). C’est plutôt le type à avoir une grosse voiture bien lourde et bien polluante pour aller faire ses courses au supermarché, amener ses enfants aux activités et se rendre tous les jours à la gare. Il fait tout autant appel à Amazon que les autres, et il ne renonce pas à l’achat du dernier Iphone.

Mais il va quand même essayer de poser des actes (qu’il présente généralement comme des exploits) d’acheter des produits avec l’étiquette bio, même s’ils ne sont pas de saison, de regarder certaines étiquettes de vêtements, de trier ses déchets, de couper l’eau lorsqu’il se lave les mains ou se brosse les dents et d’éteindre l’interrupteur lorsqu’il sort de la pièce.

En fait, c’est quelqu’un qui veut les avantages de la ville sans les inconvénients ou qui aimerait les avoir en vivant à la campagne. Il trouve qu’il y a trop de gens et donc il est contre le bétonnage. Il trouve qu’il n’y a pas assez de nature en ville et il est content quand on plante un arbre. Il veut des espaces de mobilité partagée pour pouvoir faire de la trottinette électrique sans casque. Il est contre les voitures des autres dans sa commune. Il réclame des transports mais il ne les prend pas plus.

Par contre, il est généralement complètement con au niveau de l’écologie scientifique et très largement contaminé par l’idéologie collapsologiste et eschatologique.

Il n’est pas forcément hostile à la 5G, même s’il va quand même douter de l’état actuel de la science par rapport aux ondes ; là où il te considérera comme climato-sceptique, c’est à dire nazi, dès lors que tu émettras une observation par rapport au changement climatique.

Il trouve quand même qu’on est trop nombreux sur Terre (enfin surtout les noirs et les Arabes dans son quartier ou sur le chemin de son travail) mais pas question de toucher à un poil d’un animal qu’il faudrait laisser se reproduire à l’infini.

Il ne veut pas qu’on touche à un arbre, même mort, parce qu’il n’a pas compris que le mécanisme de la photosynthèse variait au cours de la vie d’un végétal.

Et surtout, il voit la main responsable et coupable de l’Homme dans tous les bouleversements qui se poursuivent. Et c’est à partir de là impossible de discuter.

Je prends d’ailleurs un malin plaisir à les faire buger avec ces quelques questions, même s’il en existe d’autres sur le nombre d’ours polaires ou la raison pour laquelle les Maldives ne sont toujours pas ensevelies, malgré la hausse cumulée du niveau des océans ?

  • Pourquoi il y a eu un optimum climatique médiéval puis un petit âge glaciaire ?
  • Pourquoi la température moyenne de l’atmosphère a diminué entre 1940 et 1970 alors que la concentration en CO2 atmosphérique passait sur la même période de 290 partie par millions en volume à 320 ppmv ?
  • Pourquoi la banquise Antarctique était davantage étendue en 2013 qu’en 1979, alors que la concentration en CO2 atmosphérique passait sur la même période de 350 partie par millions en volume à 396 ppmv ?
  • Pourquoi le niveau des océans a gagné 10 mètres entre le 6e et le 5e millénaire avant le Christ, et 1 mètre au millénaire précédant notre ère, alors que l’activité humaine était très faible ?

En conclusion, l’électeur écolo est l’orphelin favorisé de la gauche qui a juste trouvé une nouvelle tendance à la mode pour exister, laquelle ne gagne en visibilité que par le contexte de division des droites, appuyé également par la crise sanitaire.

Mais il manque de convictions sincères et il disparaîtra aussi vite qu’il est apparu, rejoignant alors la prochaine et nouvelle officine de gauche qui lui promettra qu’il va sauver le monde et créer un avenir meilleur, si possible sans décroissance et sans le discours insoumis de EELV.

Il demeurera minoritaire, ou s’imposera comme choix par défaut, tant qu’il n’aura pas trouvé de réponse pour la « fin du mois », permettant alors aux concernés de s’intéresser à leur tour à la question de la « fin du monde ». Et il décevra car il n’aura de toute façon pas de réponses…



2 commentaires

  1. Dans ta caricature, parce que c’en est une, tu oublies l’inaptitude intégrale à entreprendre le moindre travail manuel au sens technologique car l’électeur écolo bobo est parfaitement incapable de distinguer un tournevis cruciforme d’une clef de 13 et de connaître les usages de chacun ! En effet, au moindre souci technique, il se retourne vers les classes inférieures qu’il méprise (des sortes d’intouchables) mais payant sans réfléchir car il n’en a pas ni l’expertise ni le choix de faire autrement. Au final, il se fera arnaquer par les plus rusés sans même s’en rendre compte. Mais il s’en fiche car il a les moyens de se laisser plumer. Le reste de la classe inférieure, pourtant honnête, loyale et courageuse sera laissée pour compte et constitue le gros des troupes des gilets jaunes.

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