Hommage à mon ami Jean-Claude REBOURS (1933-2022)

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J’apprends le décès de Jean-Claude REBOURS.

Ses obsèques auront lieu le mardi 3 janvier 2023 à 11 heures 00 en l’église Notre-Dame-de-Grâce de Morsang-sur-Orge.


J’avais eu Jean-Claude au téléphone il y a une vingtaine de jours à peine. Il me disait aller bien. Nous devions déjeuner ensemble début janvier, dans sa résidence à Massy.

Je l’aurais revu pour la dernière fois, le 8 octobre 2022, aux obsèques de sa femme, Micheline.

Sur son fauteuil roulant, il s’était levé, les yeux remplis de larmes, et il m’avait chuchoté à l’oreille qu’il me remerciait d’être venu.

Le dimanche 18 août 2022, il m’avait demandé de passer chez lui, officiellement pour me remettre un argent qu’il n’arrivait pas à passer par virement, officieusement, pour qu’on passe une après-midi ensemble. Si j’avais su que ce serait la dernière…

Micheline était là. Elle se remettait de son AVC, qu’ils me disaient tous les deux, dû au vaccin contre le Covid. Je n’ai pas cherché à aller dans leur sens. Ils étaient bien tous les deux. Ils étaient beaux. Je devais rester 5 minutes. J’y suis resté 3 heures 40. Tout est allé si vite depuis.

Peu avant de partir, Jean-Claude voulait que je lui promette d’arrêter la politique, parce que j’y perdrais mon temps. Lui-même trouvait qu’il y avait perdu beaucoup trop de temps. Je lui ai répondu que je ne lui promettai pas, parce que je n’arrêterai pas. Lui qui me disait en début de conversation qu’on manquait de chrétiens en politique, je lui affirmais que je serai de ceux-ci.


Jean-Claude était un ami, rencontré en 2009 aux formations bibliques.

Un libano-breton !

Chrétien et franc-maçon, il m’avait prêté énormément de livres sur ce dernier sujet.

En 2016, il avait été de mes premiers clients pour que nous écrivions ensemble sa biographie : « Les deux orphelins de Furn-el-Chébak, banlieue de Beyrouth, Liban ».

La préface du livre devait être :

« A contrario de Christophe COLOMB, je suis persuadé que si on ne sait pas d’où on vient, on a du mal à savoir où on va… »

Il voulait que je fasse du Jean D’ORMESSON. Là aussi, je lui avais dit que je ferai du REBOURS, en essayant de le capter dans toute sa personne.

Lorsqu’il me racontait sa vie, il s’interrompait, me demandait de couper l’enregistrement (ce que je ne faisais évidemment pas, d’autant que c’est là qu’il était le plus sincère), et il se mettait à pleurer. C’était très émouvant.

Quand ma grand-mère est décédée, en 2018, on s’est vu quasiment tous les jours. Il savait que me faire travailler me permettrait de passer plus vite à autre chose ; et je l’en remercie.

Il avait tout un projet, en trois tomes. Il voulait une autoédition, qui comprendrait des photos d’époque ! Le premier tome devait couvrir la période 1933-1952 jusqu’à son départ pour l’Indochine.

Puis, brutalement, il m’avait demandé qu’on arrête, qu’on fasse une pause, que cela ressassait beaucoup de souvenirs et que c’était devenu dur pour lui, qu’il voulait s’occuper de sa femme.


Jean-Claude, c’était la Méditerranée. C’était une certaine faconde. Il avait tout fait. Il avait tout vécu. Il connaissait tout le monde. Énormément d’évènements importants s’étaient passés chez lui. Il avait 1 001 vies. Parfois, il s’interrompait même, se rendant compte qu’il allait trop loin pour la crédibilité de son récit. Mais là n’était pas l’important, parce qu’on l’aimait comme cela.

Il était fier. De sa famille énormément. De ses enfants. De ses petits-enfants. Il en parlait tout le temps. J’avais l’impression de les connaître. De son travail. De ses actions. Mais là aussi, difficile de démêler le vrai du faux. Il était tantôt espion, tantôt marchand d’armes, tantôt inventeur de génie.

Avec la maladie et la vieillesse, il bénissait sa femme d’être toujours là, et de s’en occuper amoureusement. C’était vraiment le sens des paroles de la chanson « Amoureux de ma femme » de Richard ANTHONY.

Je pense à la politique. Gaulliste. Engagé à droite. Marianne DURANTON et Gilles MARSOLLAS étaient là aux obsèques de son épouse. Je pense qu’ils seront là encore. Il aurait aimé une liste commune aux municipales de 2020. Qu’est-ce qu’il était content que Morsang passe à droite en 2020 !

Et puis le Liban. Il me disait même vouloir y retourner encore récemment. Il aimait aller parler arabe avec les Maghrébins, ce qui les surprenait évidemment car Jean-Claude n’était pas très typé.

On était allé à l’Institut du monde arabe. Il avait invité notre petit groupe dans un restaurant libanais dans lequel il avait trôné en patriarche, nous présentant chacun des plats. Je l’avais rarement vu aussi heureux.


Jean-Claude, toi qui te posais toujours beaucoup de questions, j’espère que tu as maintenant les réponses.

Alors, ce n’est qu’un au-revoir, mon frère. Et je veux croire que dans la paix de Dieu, nous nous reverrons.

Merci pour tout, l’ami, de ta confiance et de ton compagnonnage. Dans tes réflexions, dans tes exagérations, dans ta personnalité si attachante, tu nous manqueras beaucoup.



Un commentaire

  1. Si j’avais su que ce serait la dernière… => Discours trop souvent prononcé par les imbéciles qui repoussent des rendez-vous et des rencontres avec les autres en prétextant des motifs futiles. Vu les nombreuses fois où tu l’as rencontré, tu as fait ce qu tu avais à faire, tu l’as bien fait et dans les temps. Tu n’as aucun regret à avoir.

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