République, laïcité, franc-maçonnerie et libre-pensée : quelques incompréhensions

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Je lisais des articles sur le projet d’assassinat visant un responsable de la franc-maçonnerie et je me réinterrogeais sur les raisons pour lesquelles la République ne la combattait avec la même force que l’Église catholique, ce qui à la réflexion pourrait en fait justifier l’attitude de la République française à l’égard du judaïsme et de l’islam.

Alors je ne veux pas rentrer dans l’insoluble débat de la laïcité. Autant je ne suis pas dérangé que des femmes voilées puissent accompagner les enfants en sortie scolaire, autant je suis dérangé par le fait que certaines de ces femmes le portent comme une revendication politique, culturelle et identitaire, sinon malheureux pour ce que cela dit de leur relation à Dieu.

Mais je me demande dans quelle mesure la loi de 1905 n’est pas uniquement anti-chrétienne et peut-être même anti-judaïque quelques années après l’affaire DREYFUS, par rapport à ce que le christianisme représentait à l’époque dans la société. Car mystérieusement, la critique politique qui est faite du christianisme, à juste titre, n’est pas appliquée aux autres formes religieuses.


Car qu’on le veuille ou non, la franc-maçonnerie ou la libre-pensée sont des spiritualités, la première confinant même à la nouvelle religion lorsqu’elle reconnaît dans certains rites un Grand Horloger ou un Être Suprême. Et à ce titre, il me semble qu’elles menacent autant la République, par le système qu’elle créé, qu’un christianisme étendu à la majorité.

La franc-maçonnerie est un système exclusif et excluant, basé sur la cooptation et la discrétion. C’est tout l’inverse de l’esprit de la République qui devrait dès lors la combattre, et qui dans les faits, et quelques soient les périodes d’influence, n’a jamais mené ce combat. Dès lors, il ne m’apparaît pas étonnant que la République soit désarmée et désunie face à l’islam politique.


Je pense que tous les débats sur la laïcité ne pourront prospérer que lorsque la République se placera face à ses propres contradictions. Tout est déjà dans la loi de 1905 dont on peut effectivement se poser la question de son actualité. Mais dans ce cas, il conviendrait alors de l’appliquer uniformément, et qu’il n’y ait réellement aucune reconnaissance de toutes les formes de culte, quels qu’ils soient, par les autorités républicaines, ce qui n’est pas le cas.

Je suis très mal à l’aise avec le fait qu’on puisse célébrer des messes à 150 alors qu’on n’est pas censé se réunir à plus de 6. Je suis très mal à l’aise avec le fait que le président écrive chaque année une lettre aux juifs pour le Nouvel an. Je suis très mal à l’aise que des politiques participent à des repas de rupture du jeûne. Je suis très mal à l’aise, de manière générale, avec tous ces arrangements, sans parler des règles absurdes inhérentes à certains systèmes.

Et je pense par exemple à la Libre-pensée où tu es tellement libre que tu as l’interdiction d’assister à des obsèques religieuses. À la rigueur, je ne comprends même pas comment la République peut tolérer de telles associations, puisque ce ne sont pas des religions mais des associations ; et pourtant soumis aux mêmes interdits de réunion que les religions, ce qui trahit également à quel point la République est elle-même gênée par ses propres incompréhensions…



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