Sur le nouveau « Manifeste des 343 femmes » qui réclame l’allongement des délais légaux d’accès à l’avortement

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Le 5 avril 1971, 343 femmes, parmi lesquelles plusieurs personnalités, affirmaient dans une pétition publiée dans Le Nouvel observateur s’être fait avorter, ce qui était alors un délit, pour alerter l’opinion publique et justifier la légalisation de l’avortement.

Le 4 avril 2021, pour l’anniversaire des 50 ans de ce manifeste, 343 femmes ne trouvent rien de mieux à faire que de salir la mémoire de ce texte, en en reprenant le concept pour réclamer l’extension des délais légaux de l’avortement de 12 à 14 semaines.

Si Charlie-Hebdo avait traité les premières de salopes, je ne sais pas comment il faut considérer les secondes, qui à mon sens, caricaturent la cause des femmes. Explications.


Bien, alors je passe rapidement en revue les raisons qui justifient que je suis illégitime à traiter du sujet : je suis un homme, je suis chrétien catholique pratiquant, je ne suis pas propriétaire du corps des femmes, je ne serai jamais « personnellement » concerné par l’avortement.

Et de vous dire que je n’ai jamais compris, parce qu’un enfant se fait à deux, que le père n’ait aucun mot à dire et aussi qu’à partir du moment où l’avortement est remboursé par la Sécurité sociale, chaque contribuable doit pouvoir critiquer cette dépense publique.

Je finis en disant que je ne suis pas CONTRE l’avortement (pas plus que je ne serai POUR), parce que je crois effectivement que c’est un choix de conscience qui regarde les gens personnellement.

Mais, parce qu’il y a un mais, que je ne trouve pas normal une dérive, minoritaire, qui est celle de femmes qui utilisent l’avortement comme d’un contraceptif. Et il y en a.

(Sur 100 étudiantes françaises, 95 n’ont jamais avorté, 4 ont avorté une fois, 1 a avorté plus de 3 fois !!! – Source : Statista en 2018)

Et que pour ces dernières, je trouve anormal que l’avortement soit systématiquement et intégralement remboursé.

Mais pour moi, le vrai problème est qu’on en soit en 2021 à demander l’extension de l’avortement, alors qu’il faudrait davantage s’inquiéter du recul de la contraception et de la protection sexuelle !

On nous dit : « ouin, ouin, tous les ans, il y a 200 000 Charles-Henri, Eustache et Sigmund qui sont assassinés dans le ventre de leur mère. »

La triste vérité est que ces enfants avortés se seraient appelés Mohamed et Issa, parce que l’avortement en 2021 n’est plus tellement un problème de blanches.



Alors déjà, 50 ans après, le texte commence :

« Nous sommes 343 femmes et personnes pouvant vivre une grossesse à déclarer avoir avorté au-delà des délais légaux français. »

Mais putain (pardon !), qui d’autre qu’une femme peut vivre une grossesse ?


« L’avortement libre et gratuit n’est pas le but ultime de la lutte des femmes. »

Sur le fond, je suis d’accord.

Mon problème (encore un) est que dès qu’on veut se montrer progressiste, un peu comme avec la loi de bioéthique qu’on s’est contraint de moderniser, non pas dès qu’il y a un besoin, mais tous les 5 ans, donc dès qu’on veut une avancée sociétale, on réclame d’avancer de 2 semaines l’avortement, parce que certains pays (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et Pays-Bas) autorisent l’avortement jusqu’à 24 semaines.


Ensuite, et je ne vais pas citer tout le texte.

Il y a cette idée que l’avortement est menacé !

Or, à part quelques cathos intégristes (et les musulmans, mais cela, il ne faut pas l’écrire), personne ne veut remettre en cause ce droit !

Arrêtez de vous inventer des combats imaginaires, qui sont pour beaucoup dans le malheur de la génération Z et les Milléniaux qui n’ont pas le droit d’être heureux parce qu’ils doivent porter le changement climatique, les inégalités économiques, les violences sexuelles…


« Au cours de sa vie, une femme sur trois recourt à une interruption volontaire de grossesse. Chaque année, plus de 210 000 avortements sont réalisés en France. Après avoir trop souvent rencontré de nombreuses difficultés telles que la désinformation, la propagande antichoix, la carence de services hospitaliers de proximité. Pour les mineures, les pauvres, les migrantes, les exclues, ces difficultés d’accès sont encore plus fortes. »

Voilà que c’est la faute des médecins qui ne veulent pas pratiquer l’avortement…

Le chiffre de 210 000, en légère augmentation, alors qu’il y a tout un combat contre les violences sexuelles notamment, est fort.

Il marque l’échec de dizaines d’années de politiques, puisqu’il ne diminue pas !


« Par ailleurs, nous n’avons pas encore acquis la propriété pleine et entière de nos corps. Le patriarcat freine nos choix, nos possibilités de disposer librement de nos corps. Par rapport à l’avortement la loi en a fixé la limite : douze semaines de grossesse. Au-delà, les recours sont limités et conditionnés. »

Donc maintenant, c’est la faute du patriarcat. Va donc demander au cancer (encore un homme) de te laisser la propriété de ton corps. La propriété du corps peut aussi être, dans certains cas, d’éviter de tomber enceinte…

Mais surtout douze semaines, n’est-ce pas suffisant pour décider d’avorter ? Surtout que quatorze ne laisse pas tellement plus de temps si on va par là…


« D’autre part, l’accès à l’avortement au-delà de douze semaines de grossesse est conditionné à notre situation socio-économique. Les personnes concernées dotées de ressources pourront se rendre à l’étranger, dans des pays dont les législations plus progressistes leur permettront d’avorter dans des conditions sécurisées en respect de leur choix. »

Enfin, on en arrive à la partie dramatique et larmoyante.

On fait tout cela pour les pauvres et les immigrées.

Parce que sinon, elles doivent forcément aller à l’étranger…

Encore une instrumentalisation des minorités…

Puis rien n’est sourcé ; donnez-nous des chiffres !


Je voudrais maintenant alerter sur le cœur du problème, qui va faire de moi un antichoix.

Aujourd’hui, la distinction entre embryon et fœtus est largement remise en cause.

Il n’empêche qu’à partir de la 12e semaine, l’être en formation s’ossifie.

Et donc que quelque soit le pays dans lequel vous irez, à partir de la 12e semaine, on ne peut plus se limiter à aspirer l’embryon, mais on doit appliquer la méthode chirurgical dite D&E (pour dilatation et évacuation) qui consiste à dilater au maximum le col de l’utérus et à évacuer le fœtus préalablement détaché à l’aide de médicaments, à l’aide d’une pince-forceps.

Et oui, il y a des chirurgiens qui ne veulent pas le faire, après 12 semaines, parce qu’il y a mathématiquement plus de risques de blesser la mère et de l’empêcher ensuite d’avoir d’autres enfants, sinon des problèmes de santé par la suite. Il suffit là encore d’aller lire les conditions du suivi de la femme avortée après 12 semaines, en première page de Google.


Je ne doute pas qu’on finira par arriver à 14 semaines, puis à 16 semaines.

Mais quelle sera l’avancée sociétale obtenue ?

Aujourd’hui, le problème est d’une part, qu’on a des gens, particulièrement des jeunes, qui ne se protègent plus, alors qu’ils sont informés mais n’y croient pas ou plus. (Je vous mets d’ailleurs au défi de me trouver un site pro-vie dans les premières pages de Google.)

Et d’autre part, qu’il y a des cultures, et je pense notamment à l’islam, dans lesquelles l’avortement reste un tabou, et donc que tout doit se faire de manière cachée.

Je pense que cette pétition, très vite et très mal rédigée, absolument pas sourcée, pose un faux-problème de gauchistes qui ne veulent pas voir la réalité en face.

Ce faisant, elles desservent complètement le droit des femmes qui méritent mieux que ces caricatures qui davantage que de faire avancer leurs droits, les maintiennent dans une posture de soumission, victimes de ce que peut faire un homme avec leur utérus.


PS : Vous aurez remarqué que je n’ai pas employé le terme d’IVG, que l’on doit à un communiste, qui cherchait un euphémisme pour atténuer le fait d’ôter la vie à un enfant en devenir. Ah oui, je n’ai jamais compris les gens qui te disent que ce n’est pas un être humain avant 12 semaines parce qu’il n’est pas viable. Mais prive d’eau un humain pendant 3 jours, et tu verras qu’il n’est pas plus viable !



2 commentaires

  1. Le progressisme dans toute sa splendeur (ou son horreur) !

    Ceci dit, à chaque avortement se retrouve probablement souvent un cas social évité …

    On remarquera que ces mêmes progressistes qui n’ont pas vraiment d’état d’âme concernant l’avortement s’en retrouvent lors de la question de la peine de mort. Non mais, quoi, la (sur)vie d’un déchet radioactif comme Michel Fourniret ou Jean-Marc Dutroux est tellement plus précieuse et importante !

     » la génération Z et les Milléniaux qui n’ont pas le droit d’être heureux parce qu’ils doivent porter le changement climatique, les inégalités économiques, les violences sexuelles… » => plus la dette COVID, parce que ce ne sera pas de la rigolade du tout !

    Aujourd’hui, le problème est d’une part, qu’on a des gens, particulièrement des jeunes, qui ne se protègent plus => Je constate en France un prix de vente excessif des préservatifs par rapport à ce qu’il est possible de faire venir directement de Chine alors que c’est très probablement produit au même endroit et dans les mêmes conditions.

    1. Je pense comme toi par rapport à ce que serait devenu l’enfant avorté.

      Ils avaient déjà essayé de profiter du premier confinement pour passer une telle loi en force, mais ils avaient été déboutés. Là, ils retentent en jouant de l’anniversaire.

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