Réhabiliter le film « Knock » avec Omar SY

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En cette période sanitaire compliquée, dans laquelle la médecine est tous les jours convoquée dans les médias, c’est avec une certaine légèreté que j’ai regardé « Knock » qui est quand même très loin du navet « à éviter » que beaucoup veulent y voir.

Bien sûr, il m’est toujours insupportable d’assister à cette caricature de la France profonde peuplée de blancs complètement cons, égoïstes et dégénérés, le curé étant le pire ; qui viennent être sauvés par le bon et gentil noir avec lequel toutes les femmes veulent coucher.

De la même manière que je ne partage pas les positions racialistes et indigénistes de l’exilé fiscal Omar SY, qui n’aurait jamais fait les millions de spectateurs d’Intouchables si la France était vraiment raciste ; pas plus qu’elle ne serait allée voir le film de et avec Kad MERAD.

Et puis ce politiquement correct, qui fait que si tous les habitants trouvent KNOCK « différents », personne ne semble vraiment s’étonner d’avoir un médecin noir en 1955. Ces passages, qui permettent une double lecture volontaire sous couvert d’ironie, sont plutôt malaisants.

Mais le film n’en est pas moins, dans la veine des comédies françaises de la décennie, une bonne histoire qui se laisse regarder avec plaisir et dans laquelle tant Omar SY, que la plupart des autres acteurs déjà connus et installés, ne jouent pas mal, comme il est écrit ailleurs.


L’actualisation de la célèbre pièce de Jules ROMAINS, que j’ai lue il y a une vingtaine d’années, est plutôt bien réussie. Les nouveaux personnages sont plutôt bien amenés.

J’ai appris qu’il y avait des baleines dans la Méditerranée. Je me suis étonné que les études de médecine pour devenir docteur ne durent que cinq ans à l’époque.

KNOCK, en dehors des reproches d’escroquerie qu’on peut faire au personnage, est un super communicant, hyper-charismatique, doté d’un bagout exceptionnel et d’une répartie hors-norme, qui sait jouer à la fois, avec son vocabulaire médical pédant et ses représentations imagées, de la nature hypocondriaque de l’humain. Il arrive merveilleusement bien à faire croire aux gens que lui seul sait et peut comprendre et que c’est trop compliqué pour les autres.

D’où qu’il suscite la jalousie, notamment du prêtre, et il serait super-intéressant de creuser cette opposition entre la religion établie et la nouvelle religion médicale apportée par KNOCK, même si le sujet n’est pas vraiment creusé dans le film car les gens n’allaient pas se soigner auprès du prêtre, qui est vraiment présenté comme le personnage le plus détestable du film.

Après, il y a quelques incohérences qui sont gênantes à partir du moment où le personnage, qui est censé avoir fait des études de médecine entre 1950 et 1955, ne sait pas soigner de vraies maladies mais aussi qu’il embrasse la tuberculeuse à la fin, même s’il l’aime.

Enfin, KNOCK perce à jour la faiblesse de l’Homme, et j’y vois là un éloge pour l’homéopathie. Car il vaut mieux, à partir du moment où les gens pensent qu’ils peuvent être malades, et il est donc très facile de leur donner ce sentiment, qu’on les soigne avec du sucre, même si cela doit être remboursé par le Sécurité sociale, plutôt qu’on leur vende cinq ou dix médicaments…




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