Il n’est un secret pour personne que mes relations personnelles avec l’Association Santé Bien-Être des Coquelicots (ASBEC) sont très mauvaises et que je ne partage pas tout à fait leur vision de la santé publique, ce qui est quand même embêtant lorsqu’on prétendait à devenir maire d’une commune (pour la publicité négative qu’ils vous font).
Je veux commencer par dire, avant le mais, que je respecte le libre-exercice de leur profession et tant mieux qu’ils aient l’idée et l’initiative de cette opération pour les gens qui ne trouvent personne pour les vacciner, sous réserve qu’ils aient réussi à trouver un vaccin.
Mais je trouve cela profondément déloyal, par rapport à tous les autres professionnels de santé saviniens, à qui je ne sais pas si la participation à une telle opération a été proposée, ni même si ceux-ci auraient eu le temps d’y participer, surtout si comme mes parents pharmaciens aujourd’hui retraités, vous travaillez 51,5 heures par semaine donc même le samedi.
Car il faut savoir que l’acte d’injecter un vaccin est rémunéré au professionnel de santé qui pratique la vaccination, qu’il soit médecin, infirmière ou pharmacien soit 6,30 euros si la personne qui le reçoit a obtenu un bon de prise en charge envoyé par l’Assurance maladie, soit 4,50 euros s’il s’agit d’une prescription médicale.
Et donc, sous réserve que la personne qui vienne se faire vacciner ait bien apporté sa feuille de soins, et que les professionnels de l’ASBEC n’y ait pas volontairement renoncé, il se pourrait que les professionnels de santé participant fassent une belle petite journée, en vaccinant à la chaîne.
Et moi, cela me dérange, déjà parce que c’est du travail en moins pour les médecins traitants et les infirmières de Savigny, voire même les pharmaciens, qui n’ont pas droit à cette grande campagne de publicité payée par la mairie pour un service équivalent (même s’ils n’en ont pas besoin).
Mais aussi et surtout de ce fait pour cette déshumanisation de la médecine, dans laquelle on commence par aller voir un professionnel de santé que l’on ne connaît pas et qui ne nous connaît pas, avant qu’un robot ne prenne la place, peut-être même de manière plus efficace.
En conclusion, je suis juste dérangé par la dérive que peut représenter cette opération, sous réserve qu’elle fonctionne parce que les gens aient réussi à se procurer des vaccins, dont le pire est qu’ils sont déjà fabriqués mais toujours stockés dans les frigos des labos.
Je suis surtout curieux de voir si les gens, qui normalement aujourd’hui, portent tous un masque et passent leurs journées à se désinfecter au gel hydro-alcoolique, sans parler du reconfinement, seront autant malades de la grippe saisonnière cette année.


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