Je recommande de regarder « Un monde obèse” (Arte), l’excellent documentaire de Sylvie GILMAN et Thierry DE LESTRADE

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Même si vous n’avez pas le temps de vous enfiler les 88 minutes, le plus important est condensé dans la première demi-heure. Ce film sera rediffusé le vendredi 24 avril 2020 à 09 h 25 sur Arte, et il est disponible en replay jusqu’au 12 juin 2020 sur Arte.tv.

À l’heure où nous comptons les morts du Covid-19, nous ne devons pas oublier que le diabète, provoqué par de nombreux excès de sucre, tue 1 personnes toutes les 6 secondes !

Dans l’imaginaire occidental fabriqué, un gros est un type qui mange trop et qui ne fait pas assez de sport. Son obésité n’est que la conséquence de sa paresse et de son manque de volonté personnelle. En lui trouvant des excuses, c’est au pire la conséquence de son hérédité.

Ce film nous démontre que l’obésité n’est pas un échec individuel mais bien la défaite collective d’une société libérale « qui déteste les gros mais fabrique du gras », parce que la malbouffe est moins chère à produire et qu’elle génère plus de profits. Oui, notre société est obésogène !

Pourquoi l’humanité a-t-elle commencé à grossir dans les années 1970 et que s’est-il passé en 50 ans ? Ce n’est pas la biologie humaine qui a évolué en si peu de temps, mais bien la fréquence de nos repas, le développement du grignotage (snacking) et le type de nourritures que nous consommons qui a changé, avec des produits désormais (ultra-)transformés.

Face à la multiplication des maladies cardio-vasculaires, l’industrie agro-alimentaire a progressivement remplacé le gras par un autre élément, en plus moins cher : le sucre. Particulièrement par des glucides, à index glycémique élevé, contenues dans les céréales.

Et donc on en a mis partout dans les aliments artificialisés (fake food) et autres produits transformés et recomposés : les plats préparés, les corn flakes, le pain de mie… Et on a dit aux gens que ce qu’ils mangeaient était bon pour leur santé car pauvre en matière grasse.

Or, quand on y pense, ce sont justement ces céréales qu’on utilise pour engraisser le bétail ou pour gaver les oies afin d’obtenir du foie gras. Bref, le trop-plein de sucres provoque différents déséquilibres hormonaux, notamment au niveau de la production d’insuline.

Pour rappel, c’est cette hormone qui décide, en fonction de son taux, s’il faut brûler les calories en les envoyant au corps (les organes et les muscles…), ou s’il faut les stocker dans les cellules adipeuses. Et le corps lui-même indique qu’il a faim, lorsqu’il n’est plus alimenté en calories.

Or, lorsque le taux d’insuline est élevé ; et il augmente très vite lorsqu’on absorbe des éléments ultra-transformés, accompagnés d’additifs et d’arômes en tout genre, alors le message est envoyé aux cellules graisseuses d’absorber directement les calories, et donc on grossit !

C’est là où rentre en jeu le concept de « calories vides », contenues dans la fast food, qui en plus de faire disparaître le sentiment de satiété, fait qu’on a faim au bout de deux heures. Et donc qu’on mange plus, et généralement tout aussi mal, et c’est un cercle vicieux qui touche d’abord les plus pauvres, car la malbouffe coûte moins cher que les produits frais.

Par ailleurs, on sait que c’est la flore intestinale qui permet de digérer, fabriquer des vitamines, protéger des maladies et aussi de contrôler son poids. Or, l’absence de fibres alimentaires dans la malbouffe réduit ce microbiote qui ne joue donc plus son rôle.

L’exemple donné dans le documentaire est celui de souris, qui ont été nourris exclusivement de glucides. La quatrième génération possède la moitié de la flore intestinale de son aïeul. D’où les prévisions d’explosion de l’obésité à l’horizon 2030 pour un jeune sur deux !

Le film montre encore comment on a trompé les populations au moyen de l’instrumentalisation d’une science sponsorisée révélée au grand jour dans les Coca-Leaks. Notamment la création fin 2014 du Global energy balance network par Coca-Cola qui paie des chercheurs pour vendre le discours que l’accumulation des graisses n’est que le résultat de la différence entre les calories consommées et les calories dépensées.

D’où la publicité de Coca qui prétend qu’on peut éliminer les 140 calories d’une canette par 25 minutes de promenade de son chien, 10 minutes de danse ou 75 secondes de fou-rire. Autrement écrit que l’activité physique est la solution, alors que nous ne sommes pas face à un problème physique mais physiologique et que le poids ne se contrôle pas, en ce sens que le métabolisme sera plus fort que la volonté. Ainsi, l’activité physqiue n’a qu’un rôle mineur.

Le documentaire prouve également la complicité des états au système alimentaire que nous subissons. Ce sont eux qui continuent de subventionner les industries agro-alimentaires pour nous empoisonner. Eux qui ne régulent rien des publicités mensongères qui valorisent la malbouffe. Eux qui refusent de mettre en place des taxes sur les boissons sucrées, qui coûtent moins cher que l’eau dans certains pays ! Eux qui attendent béatement une hypocrite auto-régulation des entreprises, alors que les teneurs en sucres ne diminuent pas, malgré les engagements. Enfin eux qui se laissent corrompre pour refuser une information claire au consommateur.

Or, justement, tandis que le Nutriscore chilien faisait diminuer la vente de produits transformés de 25 %, l’Union européenne approuvait un Nutriscore peu significatif et non obligatoire, qui en France n’est appliqué que sur 25 % des produits transformés. Parce que les industries agro-alimentaires ont dépensé 1 milliard d’euros en lobbying pour l’empêcher d’exister.

Et enfin le documentaire de montrer comment l’industrie agro-alimentaire a copié la communication de l’industrie du tabac pour s’en sortir.



Un commentaire

  1. Le candidat DEFREMONT qui lave plus vert que vert et ses colistiers, te dirait que face à cela il faut manger 100% bio et en provenance de l’AMAP qui d’ailleurs n’arrive pas à fournir à tous les adhérents potentiels. En ce qui me concerne, j’en reste au potager familial (d’ailleurs, la sécheresse est rude mais ça personne n’en parle). Et j’ai banni les junk food car si Mc Do prétend que l’on peut manger équilibré, on y a aussi la possibilité d’acheter de la malbouffe qui rend obèse et diabétique facteur très aggravant de sensibilité au COVID19. Sachant qu’aux USA, il est connu qu’un habitant sur deux est en surpoids, je ne suis pas étonné de l’hécatombe COVID19 (qui rapporté au nombre total d’habitants reste pour le moment avec un ratio inférieur à la France)

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