Je viens d’apprendre le décès de Simone POQUET. D’un coup, c’est un vide qui m’envahit, je n’ai plus goût à rien. Je me précipite sur mon ordinateur pour retrouver les scans des derniers courriers que nous avons échangés et je tombe sur cette phrase qui me fait retrouver le sourire : Rendez-vous au « Paradis ». Simone nous a quittés ce lundi matin (06 avril 2020) des suites d’une infection au Covid-19. Elle aurait eu 90 ans ce 15 septembre.
Les nouvelles les plus récentes que j’avais eu de Simone m’étaient parvenues par l’intermédiaire de Maïté LELOUP. Elle me faisait part de son intérêt pour ma candidature aux municipales. Pourtant, Simone était une marsaudonienne « historique ». Elle était surtout une Savinienne « historique », qui avait pu connaître la fin de l’urbanisation du Plateau de Savigny (et qui n’appréciait pas particulièrement le bétonnage récent de son quartier que je lui racontais).
C’est son grand-père le premier, Monsieur LEBRASSEUR, qui avait construit une maison route de Corbeil (laquelle deviendra plus tard le Boulevard Aristide-Briand), pierre après pierre, en apportant directement les matériaux de Paris sur son bagage à vélo dimanche après dimanche.
Puis son fils, le père de Simone, avait ensuite construit sa maison au 21, avenue de la République, dans laquelle Simone et son mari vivront d’ailleurs, avec ses parents, pendant huit ans, avant de faire construire leur propre maison au 12, avenue de la République.
Enfin, Simone s’était résolue à la quitter, d’abord pour déménager au foyer Lucien-Midol et ensuite très brutalement pour un EHPAD du Mans.
Là-bas, Simone était bien traitée mais s’ennuyait fermement parce qu’elle n’y connaissait personne, avec un rythme de vie forcément très perturbé par ses trois dialyses par semaine. Il y a surtout et d’abord qu’elle n’avait pas choisi ni voulu y aller, puis ensuite qu’elle avait toute sa tête, ce qui n’était pas le cas de beaucoup des autres pensionnaires. Plusieurs fois, elle écrivait ou répétait au bord des larmes, à ceux qui allaient la voir : « Je ne pensais pas finir comme ça.«
Sa famille vivait à quelques kilomètres de là, mais Simone trouvait qu’on ne venait pas la voir assez souvent, selon elle. Alors à la paroisse, avec quelques amis, Véronique et Jean-Marie CORBIN, Maïte LELOUP, Françoise BOUCHEZ, Jacques PÉ, Yves PIOPPO, Marie-Hélène et Bertrand WITTMANN, nous l’appelions, lui écrivions ou allions la visiter.
Avec mon imprimante A3, je lui éditais en grand format des vitraux de l’église sainte-Thérèse ou des photos de nos évènements paroissiaux, comme les 70 ans d’ordination du père Jacques PÉ, qu’elle affichait religieusement dans son studio. Maïté lui envoyait les Grain d’Orge. De son côté, Yves s’occupait fidèlement de la tombe de Jacques, son époux.
Elle, et son mari, avaient tant donné pour la paroisse, et encore récemment puisque Simone a longtemps été la trésorière de l’ASTSM, s’étant d’ailleurs mis à l’informatique pour l’occasion. Avec son mari Jacques, décédé en 1985, qui était très actif au niveau de l’organisation et de l’animation des fêtes paroissiales, ils furent deux piliers de la paroisse sainte-Thérèse, et c’est avec Roger DUPUIS, un peu plus de la mémoire locale, et une génération, qui s’en va.
Comment ne pas re-penser à son aide pour la préparation de la fête des 80 ans de la paroisse, et aux heures passées en interview. Simone m’avait ouvert ses archives depuis 1945. Elle avait vu le père Jacques PÉ arriver à Savigny en 1947. Elle faisait alors partie de la chorale qui chantait à l’époque depuis le balcon de l’église, et qui était alors dispensée de la quête des chaises. Sa meilleure amie habitait au 17, rue de la Belle-des-Belles (en face de chez MEHLHORN aujourd’hui).
Que de souvenirs partagés, de repas, de journées en paroisse auxquelles Simone répondait toujours présente. À la Pierre qui Vire aussi, et dans le groupe Fraternité-Prière !
Je me rappellerai de Simone comme d’une gentille grand-mère (avec tout ce que terme peut avoir d’affectueux et de respectueux), ses cheveux blancs, courts et bouclés, toujours impeccablement brushés, son manteau violet, sa canne-béquille qu’elle dissimulait avec l’élégance d’une grande dame. Mais aussi sa générosité, sa disponibilité, son amabilité et son dynamisme. Elle était justement comme une mère ou une grand-mère pour beaucoup de paroissiens.
Et elle qui avait peur d’être oubliée, je veux lui redire que nous ne l’oublions pas, et que nous ne l’oublierons pas. À commencer par toutes ces fois où je passe, et je passerai, à l’angle de l’avenue de la République et de l’avenue des Capucines.
Je présente toutes mes condoléances à sa famille.
À Dieu Simone, et rendez-vous au paradis.


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