« Je m’appelle Alexis IZARD et je n’ai aucun programme (parce que je ne connais pas la ville).
Alors je vais organiser une grande consultation pour faire écrire mon programme par les autres.
Puis j’en retiendrai les propositions les plus populaires, et alors j’aurai mon programme… »
Je suis triplement dérangé par ce discours.
Déjà parce que c’est d’une démagogie crasseuse.
On ne se risque rien à proposer, et à la fin, on choisit le plus populaire.
Donc on est dans l’émotion, dans la précipitation, dans le court-termisme, dans l’absence de vision…
Pour un parti qui accuse régulièrement le Rassemblement national (RN) d’être démago, je constate que les En Marche ne font pas beaucoup mieux…
Ensuite, parce que le Nouveau monde fait perdre toute sa saveur à la politique.
Où est la conviction du candidat, qui ne fait plus qu’éponger les idées des autres, pourvu qu’elles lui rapportent un max de voix ?
Où est la satisfaction, voire l’adrénaline, tirée de l’exercice de conversion des électeurs à ses idées et à sa cause ?
Comment le débat devient-il possible, à partir du moment où on défend des idées qui ne sont même pas les siennes ? Et c’est justement ce type d’exercices, appris à l’ENA et dans d’autres grandes écoles, qui rebutent les gens, et éloignent les citoyens de la politique ?
Enfin, ce genre de consultation fait beaucoup de mal à la démocratie participative.
Parce que ce n’est pas cela la démocratie participative, et surtout pas qu’au moment des élections ; avec ce sous-entendu que du fait du mode de réalisation du programme, les électeurs n’auront plus à se plaindre des six ans du mandat puisqu’on ne fera qu’appliquer leur programme.
Et puis qu’on sait comment c’est fait, dans une absence globale de transparence, et qu’à la fin, on ne retient que ce qui intéresse réellement le candidat, et son équipe, et surtout pas ce qui pourrait le mettre en difficultés.
En conclusion, le Nouveau monde n’est pas si différent de l’ancien…
Avec néanmoins encore plus d’hypocrisie !
Et donc encore plus d’éloignement des citoyens de la politique.
C’est bien que Alexis IZARD veuille tout inventer.
Mais la réalité s’imposera bien vite à lui.



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