Être le plus jeune président d’agglomération de France n’aura pas protégé Robin RÉDA de quelques éclaboussures. Après le dossier des ordures ménagères, ouvert par Médiapart, pour lequel Robin a reçu un avis défavorable de la CADA à sa pratique de rétention d’informations publics, l’agglomération qu’a présidé le jeune homme se retrouve maintenant au Tribunal administratif pour un excès de pouvoir de son président.
Lors de l’ultime Conseil communautaire de la CALPE du 17 décembre 2015, Robin RÉDA a en effet porté à l’ordre du jour la reconduction des délégations de service public pour la distribution de l’eau à Paray et à Savigny. Une manœuvre doublement interdite par l’arrêt « Olivet » (de la commune d’Olivet) en date du 8 avril 2009 puisque la délégation dépassait 20 ans et que le contrat initial était grandement revu par un simple avenant.
Pourquoi des contrats sur 20 ans ?
La fonction d’élu local ennuie profondément les candidats qui ne cherchent qu’une reconnaissance sociale dans l’élection. Aussi à croire qu’ils ne paient aucune facture, ils n’ont pas conscience de la fluctuation du prix des matières premières. Ce pourquoi, dès qu’ils le peuvent, ils votent des délégations sur 20 ans pour éviter de devoir revoter tous les ans (5 minutes à chaque fois) de tels contrats : eau, restauration scolaire, ordures ménagères…
Pourquoi agir si vite ?
Depuis le 1er janvier 2016, les compétences « services de l’eau » relèvent de l’établissement public territorial T12. C’est donc à lui qu’aurait dû revenir le renouvellement des contrats en 2023 pour Paray et 2024 pour Savigny. Or, l’EPT est à majorité socialo-communiste et n’est pas forcément très ami de la Lyonnaise des Eaux ou de Véolia, préférant peut-être le modèle d’une régie territoriale de l’eau publique. La CALPE ne pouvait donc agir qu’avant janvier 2016.
Y’a-t-il eu prise illégale d’intérêts ?
J’ai entendu parler de lobbying au restaurant. Cela ne constitue pas pour autant de prise illégale d’intérêts. Il faudrait toutefois enquêter pour essayer de savoir si on n’aurait pas essayé d’arroser d’une quelconque manière MM. RÉDA, MEHLHORN et VÉDÈRE pour qu’ils acceptent de prendre une délibération aussi inconsciente, tandis que l’opposition les a rapidement alerté sur l’illégalité de ce qu’ils allaient voter. Au Tribunal administratif désormais de trancher.
Manifestement, la prétendue droite est prête à sacrifier notre liberté individuelle de payer l’eau à un prix raisonnable pour éviter le modèle de la régie initiée sous les socialos-communistes. Et si à la place, elle faisait plutôt de la régie (qui était dans mon programme aux municipales de mars 2014) un organisme autrement mieux gérée que feu la régie des Lacs de l’Essonne, qui n’est pour autant pas parfaite, mais toujours mieux qu’un contrat avec un poids lourd de l’eau ?


Laisser un commentaire