L’accident s’est produit il y a un an jour pour jour. Le 12 juillet 2013, sept personnes trouvaient la mort lors du déraillement d’un train Paris-Limoges. Le rapport d’enquête paru récemment accusé la vétusté du réseau et un « état de délabrement jamais vu ». Cela doit nous inquiéter !
Oui, pendant des années, la France a dépensé tous ses crédits mobilisés pour le transport ferroviaire à construire un TGV (tandis qu’aujourd’hui, les Japonais ont en un meilleur que le nôtre). Pendant ce temps, nous délaissions totalement les transports en commun de l’Île-de-France qui ne permettent la mobilité que de 8,3 millions de personnes ! Voilà donc le résultat de l’inconséquence d’une partie de nos politiques.
Tout ce qui ne va pas
Il y a les retards auxquels on s’est presque habitués. Même si les statistiques de la SNCF nous disent que près de 92 % des trains sont à l’heure… (Les chiffres sont manipulés telle la courbe de popularité du président HOLLANDE). Il y a les caténaires qui gèlent l’hiver, les feuilles mortes qui empêchent les trains de circuler, les défauts d’acheminement du personnel, les pannes techniques, les grèves, les erreurs d’aiguillage, les suicides, les gens qui se baladent sur la voie, les connexions en cuivre volées…
Depuis l’accident
La SNCF se montre encore plus précautionneuse et n’hésite pas à ralentir. (Le rapport indique pourtant que l’accident n’est pas dû à la vitesse mais on comprend qu’on veuille limiter la violence du choc si jamais…) Ainsi, je constate tous les jours un ralentissement soudain entre Juvisy (Essonne) et Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) qui dure depuis le 30 août 2013. La raison officielle est qu’une voiture Mauzin (les chariots oranges qui scannent les rails) a repéré « de légères anomalies qui n’engagent pas la sécurité des circulations« . Sauf que MOI, je mets 26 % de temps en plus pour aller à Paris (ou rentrer) et cela m’énerve…
Un problème de gestion
Il y a déjà l’imbécillité française qui a séparé en 1997 RFF (Réseau ferré de France) et la SNCF, coûtant deux fois plus pour être deux fois moins efficace. Mais pas que ! De toute façon, on va créer un troisième « ventre » pour les re-fusionner. Ainsi un responsable de la SNCF l’avouait un jour publiquement devant moi : l’entreprise aux 40 millions € de dette dépense 3 fois plus en réparation (de fortune) qu’en entretien des voies… Or, c’est un cercle vicieux qui n’aura de fin qu’avec une arrivée massive d’argent : une privatisation par le Qatar ? Car manifestement, l’augmentation annuelle du coût du pass(e) Navigo ne suffît pas.
C’est pas mieux que les Anglais tout ça
Il y a plus de vingt ans, nos chers socialistes critiquaient la très libérale Margaret THATCHER d’avoir privatisé le réseau ferroviaire britannique prédisant de nombreux et multiples incidents. Malgré ce changement de propriétaire outre-Manche, il continue d’y avoir plus d’accidents mortels en France qu’en Grande-Bretagne. Comme quoi, le public n’est pas meilleur que le privé. Il n’y a qu’à voir comment Vinci gère nos autoroutes…
Tout cela ne doit pas me faire oublier de couler un petit peu plus le système économique de la SNCF en veillant fin août 2014 à bien recevoir une réduction pour les dérangements occasionnés par la grève de juin 2014. Grève inutile et perdue puisque le Fret n’est déjà plus français. Quant au statut sur-privilégié des cheminots français, il est bel et bien en sursis.

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