Vers la fin des FEMEN ?

Publié par

Dure semaine pour les FEMEN, ce mouvement féministe qui use de pratiques terroristes et scandaleuses pour se faire remarquer et porter un message si confus qu’il en devient illisible. Après leur condamnation du 30 juin, elles comparaissaient ces 9 et 11 juillet 2014 devant le Parquet de Paris pour « dégradation » et « exhibition sexuelle ».

Premier procès en France pour neuf des membres des FEMEN (les dernières survivantes du mouvement ?). Et un petit réquisitoire pour ce premier procès, dont on peut s’interroger de savoir s’il aurait été le même dans le cas d’un saccage de synagogue ou de mosquée : 1500 € pour chacune des accusées. Christianophobie sous-jacente ?

Rappelons les faits

Le 12 février 2013, ces neufs demoiselles entrent dans la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, se déshabillent laissant apparaître leur poitrine, et armée de bâtons de bois sonnent une salve pour fêter le renoncement du Pape Benoît XVI. Neuf cloches restaurées étaient alors exposées dans la cathédrale et deux d’entres elles ont été légèrement abîmés par les furies. Le 20 décembre 2013, une autre FEMEN était montée dans le chœur de l’église de la Madeleine à Paris pour mimer un avortement, choquant les croyants.

Qui sont les FEMEN ?

Des filles à problèmes, sans aucun doute. Elles sont financées par un millionnaire allemand qui a fait fortune dans l’industrie pornographique, l’homme étant le propriétaire de leur premier site Internet. C’est d’ailleurs sur ce média que j’avais consulté aux origines du mouvement, que j’étais tombé sur une vidéo de femme en train de s’intromettre une tête de poulet mort dans le vagin. Quelle étrange conception du féminisme ! Les idéologues ukrainiennes des débuts se sont dispersées (leur parti politique a même été dissous), les fonds se sont taris et elles sont aujourd’hui composées de personnes en situation de mal-être.

Comment agissent-elles ?

Désireuses de libérer les femmes, elles apparaissent seins nus le corps peint de slogans dits féministes : c’est le sextrêmisme. Elles attaquent toutes les institutions vues comme phallocrates ou machistes tels les États, les religions (notamment l’islam et le christianisme) ou les groupes revendicatifs proche de l’extrême-droite (comme Civitas lors des manifestations contre le « mariage pour tous »). Manifestement, elles n’ont pas compris, à l’image de leur chef de bande Inna SHEVCHENKO, que la France est un état de droit laïc. On doit leur premier intervention en France aux frasques de Dominique STRAUSS-KAHN.

Ce que je leur reproche

Plus que leur anticléricalisme latent, c’est l’illégalité de leur action qui est condamnable et qui joue contre elles. Tel Act Up*, les FEMEN mènent le mauvais combat pendant que prospèrent les actions et les menaces à leur cause. Elles ont juste un problème avec l’autorité et les institutions, telle celle du mariage. Elles en veulent notamment à l’Église sans comprendre que les chrétiens ne se contentent pas de suivre un dogme mais ont chacun leur propre opinion, et que cette institution est détachée de la République (ce qui est différent et relatif en Ukraine). Paradoxalement, plusieurs d’entres elles affirment leur hétérosexualité certaine et leur désir de former un couple fixe et d’avoir des enfants.

Succession d’ennuis

Le lundi 30 juin, elles étaient enfin expulsées du local qu’elles occupaient illégalement depuis novembre 2013 (une usine de retraitement des eaux) à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Et condamnées à une amende de 7400 €. Les quelques survivantes du mouvement ont alors promis soit d’occuper une église soit de se réfugier dans une partie de l’Hôtel de ville de la capitale. À cette fin, elles ont écrit une lettre à Anne HIDALGO qui ne leur a toujours pas répondu. Avant leur expulsion définitive ?

Quel avenir ?

Interrogée, Inna SEVECHENKO (la Marianne de la Poste édition 2013 qui voulaient que « les Français lui lèchent le cul« )  affirme qu’elles seraient une cinquantaine de militantes aidées de 300 bénévoles et que 10 à 15 filles voudraient les rejoindre chaque mois. Mais cela sera dur avec leurs ennuis judiciaires, financiers et leur absence de local, nécessaire pour qu’elles puissent vivre ensemble, se défendre et s’embrigader mutuellement (pardon, se former !). Pire, la révolution en Ukraine a cassé leur base initiale qui écrivait leur idéologie.

Les FEMEN ont prospéré à une époque (2011) où l’antifascisme était bien vu de la bienpensance gauchiste, tandis que le PS réalisait alors de meilleurs scores que le FN. Aujourd’hui, cette attitude ne paie plus et les journalistes ont cessé de grandir toutes leurs manifestations top less (seins nus) qui excitaient les pervers. Trop de critiques et d’ennemis de tous bords, ainsi qu’un vrai recul du féminisme en France constatée par Élisabeth BADINTER et bien d’autres, font qu’on peut croire au sursis temporaire du mouvement en France.

* En 1991 notamment, Act up manifestait contre la criminalisation de la transmission du VIH. Il fut des années où l’association manifesta plus pour la régularisation des sans-papiers que pour alerter sur le SIDA.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.