L’Ukraine, dernière conquête russe ?

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Les scrutins d’autodétermination des régions est-ukrainiennes se multiplient. Il y a quelques années, Vladimir Poutine déclarait que « Celui qui veut restaurer l’Union soviétique n’a pas de tête. Celui qui ne la regrette pas n’a pas de cœur. » Entre nostalgie et rêves de grandeur, le Président russe oeuvre pour restaurer la Grande Russie au détriment des anciennes républiques soviétiques.

EXPANSIONNISME – Rien de plus depuis la rencontre du dimanche 30 mars 2014 entre le secrétaire d’État américain John Kerry et Serge Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. Les Russes n’ont pas infléchi leur position et continuent de considérer la Crimée comme la 22ème République autonome de la fédération de Russie. L’Occident persiste à refuser de reconnaître la légalité du référendum du 16 mars 2014. Des doutes subsistent toujours sur la légalité du scrutin et son résultat de 96 %. Car la population criméenne est composée à 60 % de Russes, 28 % d’Ukrainiens et 12 % de Tatars. Or, ces derniers haïssent les Russes qui les ont massivement déportés lors de la dernière guerre mondiale, et n’auraient jamais voté pour être rattaché à leurs anciens génocidaires.

Pas de fédéralisation

L’espoir de Vladimir Poutine est d’annexer la partie Est de l’Ukraine, composée pour une large part de russophones, héritiers de la colonisation soviétique forcée. À cette fin, il a proposé une fédéralisation du pays pour morceler le pays et organiser des référendums locaux favorables à un rattachement à Moscou. L’Ouest isolé et asphyxié économiquement finirait par demander son annexion à la Russie. Mais l’Occident et le Gouvernement ukrainien de transition ont refusé cette proposition. Les principaux candidats à la présidentielle du 25 mai 2014 continuent de proposer la force afin de récupérer la Crimée. Sauf que le principal moyen de chantage des Russes reste le gaz. La société Gazprom a d’ailleurs annulé ce mardi 1er avril 2014 le rabais accordé à l’Ukraine.

L’Ukraine, territoire stratégique

Depuis les années 1780, la Russie héritée de Catherine II n’a de cesse de chercher les mers chaudes du Sud, passage indispensable pour joindre la mer Noire puis la Méditerranée, le Caucase et l’Europe balkanique. La chute de l’URSS a causé la perte de cet accès, plus que jamais essentiel pour dynamiser l’économie russe bloquée à 2 % de croissance.

L’Ukraine reste le grenier à blé de la Russie. Les Ukrainiens le savent et ne peuvent se passer de ce marché. Ils n’ignorent pas non plus que l’arrêt des échanges en blé se traduirait par l’arrêt des approvisionnements en gaz. Or, les compagnies gazières sont déjà très endettées.

Militairement, l’Ukraine est une base stratégique pour la Russie. De fait, les troupes russes n’ont pas prévu de quitter le pays avant plusieurs mois. Vladimir Poutine espère créer une dynamique. Dans la confusion des divisions, il souhaite initier un élan qui se traduirait par l’annexion pure et simple de l’Ossétie-du-Sud et de l’Abkhazie, deux régions russophones et géorgiennes. La Moldavie pourrait aussi rejoindre la Grande Russie en cas d’annexion de l’Ukraine. Voilà qui aurait de quoi relancer la Guerre Froide.

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