J’apprends le décès de Farid.
C’est le départ d’une figure tutélaire de Grand-Vaux.
Un grand Monsieur, qui pour autant qu’il trouvait aussi ses avantages dans ce qu’il faisait, et appréciait incontestablement l’aura qu’il tenait de sa position de « chef de village », a passé sa vie à aider les autres, et a notamment obtenu par la Justice des dégrèvements de charges conséquents pour les habitants.
Si relogement oblige, il n’habitait plus Savigny depuis quelques années, sa stature n’avait pas faibli et il était toujours autant écouté et respecté, par ceux qui étaient encore là (peut-être à l’exception de ceux à qui il avait emprunté de l’argent).
Je pense bien à ses fils, Bilal et à Nabil.
Je le revois dans le bureau du local de la rue Van-Gogh, fumant cigarette sur cigarette, dans lesquels il y aura passé des milliers d’heures pour essayer de résoudre les problèmes des habitants avec le bailleur ou avec les administrations et les pouvoirs publics, dont il était un des principaux interlocuteurs.
Je repense à toutes ces années de commun combat, aux réunions passées ensemble, à son accueil (au thé à la menthe et aux pâtisseries algériennes), à sa fidélité, à son amitié.
Je n’oublie pas qu’il avait été un des premiers à m’appeler après mon agression à Grand-Vaux, et qu’il avait ensuite fait passer des mots.
Je le remercie pour ce qu’il m’avait permis d’être plus proche de la population de Grand-Vaux, et toutes ces fois où il m’avait défendu.
Je lui rends hommage pour ce qu’on lui doit pour le renouvellement urbain de Grand-Vaux ; et les modifications qu’il a obtenues, notamment dans le protocole du relogement, et qui profitent à tous.
Avec Farid, tout n’avait pas toujours été facile.
À notre première rencontre, il était venu me ruiner une réunion publique de ma campagne départementale de mars 2015, en m’expliquant, avec six autres personnes, qu’il avait retiré mes affiches, interdit aux habitants de venir et que ce n’est pas moi qui allait dire aux habitants ce qu’ils allaient faire.
Et puis, avec le temps, nous nous étions apprivoisés.
Ce qui est amusant avec le temps est que plusieurs de ces sept sont devenus des amis par la suite.
Engagé au parti socialiste en Algérie, il avait quitté le pays au moment de la guerre civile.
À partir de là, son engagement n’avait plus été que métapolitique.
Il était arrivé à Grand-Vaux au moment de la rénovation urbaine des Tarterêts à Corbeil vers 2009.
À Savigny, il avait monté une amicale de la Confédération nationale du logement (CNL), en 2010, avec Claude LADIGNAC, pour faire ce que la CLCV ne faisait pas ou plus.
En 2015, il s’était engagé au collectif Sauvons l’enfance de Savigny et il y avait porté une idée de convergence des luttes, impliquant que l’on s’intéresse aussi à Grand-Vaux.
Je l’avais recroisé il y a quelques mois à la gare RER de Saint-Michel-Notre-Dame.
La dernière fois que nous nous étions vu à Savigny, il vidait le local de la CNL, de la rue Van-Gogh, et il m’avait laissé ses archives personnelles du conseil citoyen de Grand-Vaux.
Il manquera beaucoup au quartier, pour tout le travail social, et de mise en lien, qu’il faisait, et malheureusement, il ne le verra pas rénové.
Son portrait avait été réalisé dans le cadre de la mémoire du renouvellement urbain.
Je vais voir si on peut le publier quelque part pour poursuivre cet hommage, pour qu’il continue de vivre dans notre mémoire.

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