— LE SAVINIEN TAQUIN —

Le libre journal d’Olivier VAGNEUX – 06.51.82.18.70 – olivier@vagneux.fr

Je déteste le sport, à l’exception des sports de chambre : chambre administrative,  chambre du conseil, chambre criminelle, chambre correctionnelle, chambre de l’instruction… Et bien sûr, chambre à coucher !!! ¯\_(ツ)_/¯


Quand les catholiques de Savigny-sur-Orge respecteront-ils le canon 20 du concile de Nicée ?

Je constate que beaucoup me reprochent d’avoir un christianisme à géométrie variable…

Mais que ceux-là mêmes ne sont pas très à l’aise avec le canon 20 du conseil de Nicée, qui dit la chose suivante :

20. Qu’il ne faut pas plier le genou aux jours de dimanche et au temps de la Pentecôte.

Comme quelques-uns plient le genou le dimanche et aux jours du temps de la Pentecôte, le saint concile a décidé que, pour observer une règle uniforme dans tous les diocèses, tous adresseront leur prières à Dieu en restant debout.

Passé l’hypocrisie partagée que finalement chacun ne retienne des lois de l’Église que celles qui nous arrangent, il demeure :

– qu’il n’est pas très cohérent pour tous mes contempteurs de vouloir à tout prix ne plus réciter que le Crédo de Nicée-Constantinople plutôt que le symbole des apôtres, mais de ne pas vouloir appliquer les actes du saint Concile de Nicée !!!

– que se foutre par terre, soi disant par révérence pour Dieu, est en fait un contre-sens terrible, parce que Jésus est venu pour relever l’Humanité ; et que la position de l’Homme ressuscité, par anticipation, c’est bel et bien DEBOUT !

À quand un clergé qui enseignera cela aux fidèles ; et notamment à tous les jeunes présents ?






2 réponses à « Quand les catholiques de Savigny-sur-Orge respecteront-ils le canon 20 du concile de Nicée ? »

  1. Votre interpellation a le mérite de pointer une vraie question de cohérence — et, au passage, de rappeler un aspect souvent oublié de la tradition. Cela étant dit, l’argument gagne à être affiné. Le canon 20 du Premier concile de Nicée ne visait pas toute forme de geste à genoux, mais plus spécifiquement l’agenouillement pénitentiel, jugé inapproprié au dimanche et au temps pascal, précisément parce que ces temps sont marqués par la joie de la Résurrection. La tradition latine a ensuite introduit la génuflexion comme geste d’adoration eucharistique, distinct dans son sens et dans sa forme : il ne s’agit plus de s’abaisser comme pécheur, mais de reconnaître une présence.

    Dès lors, il ne s’agit pas tant d’une incohérence que d’une évolution des formes liturgiques, qui cherche à préserver le fond théologique tout en l’exprimant différemment. Sur le fond, votre rappel de la posture “debout” comme signe de l’homme relevé est très juste — et probablement sous-exploité aujourd’hui.

    À cet égard, il est intéressant de noter que cette tension se traduit encore aujourd’hui dans les pratiques : les Églises orthodoxes, plus directement fidèles à la discipline ancienne, maintiennent largement l’absence d’agenouillement le dimanche et pendant le temps pascal, tandis que l’Église catholique latine a intégré cette distinction entre pénitence et adoration, conduisant à des usages différents sans que le principe théologique soit abandonné.

    Dans la messe dominicale latine, cela se traduit concrètement par le fait que les rares agenouillements ne sont pas de nature pénitentielle mais adorative, en particulier au moment de la consécration. Autrement dit, on ne s’agenouille pas comme pénitent, mais comme adorateur.

    L’agenouillement à l’Agnus Dei ou au Domine, non sum dignus relève clairement de l’adoration eucharistique, même s’il exprime une humilité pénitentielle réelle ; ce n’est pas un agenouillement pénitentiel au sens strict.

    En pratique, le fidèle s’agenouille aujourd’hui beaucoup plus comme adorateur que comme pénitent, l’agenouillement pénitentiel subsistant surtout dans des contextes spécifiques comme la confession, le Vendredi saint ou certaines démarches de Carême.

    Mais plutôt que d’opposer frontalement les pratiques, il y a sans doute un enjeu plus fécond : réarticuler les gestes (debout, à genoux) avec leur sens profond, afin qu’ils ne deviennent ni des automatismes, ni des marqueurs identitaires, mais de véritables expressions de la foi.

    1. Bonsoir,

      Merci pour ce long commentaire, largement argumenté, structuré et étayé.

      Mais à nouveau, nous allons nous heurter, relativement à ma pratique personnelle du terrain de l’Église du Peuple de Dieu qui est à Savigny-sur-Orge, laquelle loin d’être exhaustive, permet néanmoins de dégager une mentalité ou une pratique commune dominante, parmi ceux qui pratiquent l’agenouillement.

      Et malheureusement, nos bons chrétiens s’agenouillent davantage comme pénitent que comme adorateur.

      En tout cas, et encore plus, les jeunes.

      Certains y verront une marque d’humilité et de révérence face au sacré.

      Moi, j’y vois une négation du mouvement eucharistique.

      J’en veux d’ailleurs une autre preuve, qui est que le même paroissien (30 à 40 % du corps), qui s’agenouille pendant la prière eucharistique, est aussi celui qui, après la remise des hosties consacrées dans la réserve, s’incline devant le tabernacle, alors qu’il est lui-même devenu tabernacle.

      Celui-là, comme dans le premier cas, ne le fait pas par adoration mais bien parce qu’il veut signifier qu’il n’est pas digne de devenir corps du Christ. Et possiblement parce qu’il n’y croît pas totalement aussi…

      Merci de ces échanges qui nourrissent ma réflexion.

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