— LE SAVINIEN TAQUIN —

Le libre journal d’Olivier VAGNEUX – 06.51.82.18.70 – olivier@vagneux.fr

Je déteste le sport, à l’exception des sports de chambre : chambre administrative,  chambre du conseil, chambre criminelle, chambre correctionnelle, chambre de l’instruction… Et bien sûr, chambre à coucher !!! ¯\_(ツ)_/¯


J’en ai MARRE que le prêtre de ma paroisse se comporte en chef de village africain

Parfois, j’en viens à me demander si le clergé catholique croit encore en Dieu…

Cette table eucharistique dressée au milieu de l’allée centrale, désertée, avec les coupes vides, et tout le symbole que cela envoie.

Parce que qu’est-ce que penserait le Peuple de Dieu s’il se rendait compte qu’une fois l’an, il peut communier lui-même, sans recevoir l’eucharistie de la main d’un ministre !

Ce serait au moins la révolution et la mort assurée de presque 2 000 ans de christianisme !

Et puis, le prêtre, qui un jour dans l’année, n’est pas au centre de tout ; survivrait-il à ce chômage et à cette perte d’utilité ?

Le drame dans cette histoire, c’est le clergé qui n’est pas capable de reconnaître dans les autres baptisés qu’ils sont également prêtres.

Et puis cette manie de vouloir tout diriger, et de croire que le sacrement n’est sacré que parce qu’il y a le prêtre au milieu…


Je retiens qu’on se casse le dos pendant 1 heure 30 à venir changer le positionnement de l’église.

À tourner toutes les chaises vers l’allée centrale et à déménager des tables.

J’avais clairement d’autres choses à faire.

Et finalement, nous avons fait tout cela pour rien.

Puisque comme les années précédentes, c’est le prêtre et les ministres désignées qui ont distribué l’eucharistie depuis l’autel principal de l’église.


Je passe rapidement sur tout ce qui m’a énervé d’autre et qui a gâché ma célébration.

Je passe sur le fait que le prêtre va proclamer la parole à l’ambon habituel.

Je passe sur le fait qu’il a encensé l’autel sur lequel il n’a pas sacrifié ; dérive païenne.

Je passe sur le fait qu’il a organisé une procession avec le saint-Sacrement, avec moult renfort d’encens,

probablement parce qu’il ne croit pas qu’il est devenu tabernacle par sa propre communion.


La célébration du lavement des pieds a été tout autant catastrophique.

Avant, c’était le prêtre qui lavait les pieds à A qui allait laver les pieds à B et ainsi de suite.

Il y avait une symbolique forte (et aussi l’idée que nous sommes tous serviteurs, et tous prêtres de par notre baptême).

Maintenant, c’est le prêtre qui joue Jésus et qui va laver les pieds de douze personnes.

À la différence que Jésus faisait tout, tout seul, et qu’il n’avait pas un porteur pour la cruche, un autre pour la bassine, un troisième pour la serviette…


Mes amis cathos de Chilly-Mazarin, ils ont célébré le Jeudi saint au prieuré bénédictin d’Étiolles.

Et moi, je leur disais encore en début de semaine, c’est dommage de vous couper de votre paroisse. Si on part tous, les autres auront gagné. (Dans leur cas, c’est plus simple, l’évêque a fermé Notre-Dame-du-Concile.)

Ben, je commence à me dire depuis quelques semaines que je vais peut-être moi aussi commencer à faire des infidélités à Savigny, parce que cette paroisse ne me nourrit plus spirituellement.


Vraiment, je ne regretterai pas le départ d’Emmanuel BIDZOGO.

Et là, maintenant, je peux l’écrire : je compte les semaines.

Et je connais que je ne suis pas le seul.


Lors de ma dernière retraite spirituelle à l’abbaye de La-Pierre-qui-Vire, je me plaignais que les nouveaux cathos que Dieu appelle ne soient pas conciliaires, mais uniquement des consommateurs de sacré.

Sauf que le sacré, ce n’est même pas cela.

En tout cas, le sacré, ce n’est déjà pas faire déplacer des gens pour préparer une église, pour finalement faire comme à l’habitude…






Une réponse à « J’en ai MARRE que le prêtre de ma paroisse se comporte en chef de village africain »

  1. Monsieur,

    Votre partage est très intéressant. Quelques points m’ont étonné tout de même. Je pense que certaines des actions liturgiques que vous semblez considérer comme des « drames » et que vous citez ici sont en réalité tout à fait justifiées et même nécessaires.

    Afin de ne pas être trop long, je ne vais pas trop étoffer mon argumentation de réflexions personnelles et me contenterai donc de citer les textes officiels en rapport avec les différents sujets.

    Allons-y!

    Vous dites :

    Cette table eucharistique dressée au milieu de l’allée centrale, désertée, avec les coupes vides, et tout le symbole que cela envoie.

    Ici, je ne suis pas sûr d’avoir bien saisi les évènements, mais de ce que j’ai compris, vous avez placé une « table eucharistique » au centre de la nef afin que le célébrant y offre le saint Sacrifice Eucharistique.

    Si c’est effectivement ce qui était prévu, voici ce que nous dit la PGMR :

    303. Dans la construction des églises nouvelles, il faut n’élever qu’un seul autel, qui soit le signe, au milieu de l’assemblée des fidèles, de l’unique Christ et de l’unique Eucharistie de l’Eglise.

    Dans les églises déjà construites, lorsque la situation de l’ancien autel rend difficile la participation du peuple et qu’on ne peut le déplacer sans porter atteinte à sa valeur artistique, on édifiera un autre autel fixe, bâti avec art et qui sera dédicacé ; et c’est seulement sur cet autel que s’accompliront les célébrations liturgiques.

    (Et nous passons sur la symbolique de l’autel en pierre, de sa présence dans le sanctuaire et non au centre de la nef – bien que certaines églises modernes placent le sanctuaire au milieu de la nef- etc.)

    ——————————

    Vous dites :

    Je passe sur le fait qu’il a organisé une procession avec le saint-Sacrement, avec moult renfort d’encens.

    Rubriques officielles du Missel romain :

    37. Après cette prière, le prêtre vient devant l’autel, il met l’encens dans l’encensoir, il le bénit et, à genoux, il encense trois fois le Saint-Sacrement. […]

    38. La procession s’organise pour porter le Saint-Sacrement, accompagné de cierges et d’encens, à travers l’église, vers le lieu du reposoir, préparé dans un endroit de l’église ou dans une chapelle convenablement ornée. [..] Devant le prêtre qui porte le Saint-Sacrement, avance le thuriféraire avec l’encensoir fumant. […]

    39. Lorsque la procession est parvenue au reposoir, le prêtre, avec l’aide d’un diacre, si besoin est, dépose le ciboire dans le tabernacle dont la porte demeure ouverte. Puis, ayant mis l’encens dans l’encensoir, il encense, à genoux, le Saint-Sacrement. […]

    Lors de la translation du Saint-Sacrement vers le reposoir, nous devons organiser une procession. Lors de cette procession, nous devons utiliser de l’encens.

    ——————————

    Vous dites :

    Avant, c’était le prêtre qui lavait les pieds à A qui allait laver les pieds à B et ainsi de suite.

    Rubriques officielles du Missel romain :

    11. Ceux qui ont été choisis parmi le peuple de Dieu sont conduits par des ministres aux sièges qui leur ont été préparés à l’endroit le plus approprié. Alors le prêtre (après avoir déposé la chasuble si c’est nécessaire) s’approche de chacun, verse de l’eau sur les pieds, puis les essuie, aidé en tout cela par les ministres.

    Il n’est pas laissé la possibilité que les fidèles lavent les pieds des fidèles.

    ——————————

    Pour conclure, je me permettrais de préciser ceci : le simple fait que ces textes nous soient donnés par l’autorité de l’Eglise doit suffire à mettre en nous le désir ardent de les comprendre et de les suivre au plus près de ce qu’ils nous transmettent.

    Redemptionis Sacramentum §14 :

    – 14 – «Le gouvernement de la sainte Liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église: il appartient au Siège Apostolique et, dans les règles du droit, à l’Évêque».

    Aussi (au sujet des « abus contre la nature de la Liturgie et des sacrements »):

    – 9 – Enfin, les abus trouvent très souvent un fondement dans l’ignorance, puisqu’on rejette généralement ce dont on ne perçoit pas le sens plus profond, et dont on ne connaît pas l’ancienneté.

    Je vous conseille de lire ce texte, ce fut un vrai éclaircissement pour moi lorsque je ne comprenais pas (et parfois tendais à rejetter) certaines pratiques liturgiques! Non pas qu’il permette de comprendre ces pratiques (ce n’est pas son but) mais qu’il transmette l’attitude que nous sommes censés avoir vis-à-vis de l’autorité liturgique.

    Bien à vous,

    Théodore

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