Parfois, j’en viens à me demander si le clergé catholique croit encore en Dieu…
Cette table eucharistique dressée au milieu de l’allée centrale, désertée, avec les coupes vides, et tout le symbole que cela envoie.
Parce que qu’est-ce que penserait le Peuple de Dieu s’il se rendait compte qu’une fois l’an, il peut communier lui-même, sans recevoir l’eucharistie de la main d’un ministre !
Ce serait au moins la révolution et la mort assurée de presque 2 000 ans de christianisme !
Et puis, le prêtre, qui un jour dans l’année, n’est pas au centre de tout ; survivrait-il à ce chômage et à cette perte d’utilité ?
Le drame dans cette histoire, c’est le clergé qui n’est pas capable de reconnaître dans les autres baptisés qu’ils sont également prêtres.
Et puis cette manie de vouloir tout diriger, et de croire que le sacrement n’est sacré que parce qu’il y a le prêtre au milieu…
Je retiens qu’on se casse le dos pendant 1 heure 30 à venir changer le positionnement de l’église.
À tourner toutes les chaises vers l’allée centrale et à déménager des tables.
J’avais clairement d’autres choses à faire.
Et finalement, nous avons fait tout cela pour rien.
Puisque comme les années précédentes, c’est le prêtre et les ministres désignées qui ont distribué l’eucharistie depuis l’autel principal de l’église.
Je passe rapidement sur tout ce qui m’a énervé d’autre et qui a gâché ma célébration.
Je passe sur le fait que le prêtre va proclamer la parole à l’ambon habituel.
Je passe sur le fait qu’il a encensé l’autel sur lequel il n’a pas sacrifié ; dérive païenne.
Je passe sur le fait qu’il a organisé une procession avec le saint-Sacrement, avec moult renfort d’encens,
probablement parce qu’il ne croit pas qu’il est devenu tabernacle par sa propre communion.
La célébration du lavement des pieds a été tout autant catastrophique.
Avant, c’était le prêtre qui lavait les pieds à A qui allait laver les pieds à B et ainsi de suite.
Il y avait une symbolique forte (et aussi l’idée que nous sommes tous serviteurs, et tous prêtres de par notre baptême).
Maintenant, c’est le prêtre qui joue Jésus et qui va laver les pieds de douze personnes.
À la différence que Jésus faisait tout, tout seul, et qu’il n’avait pas un porteur pour la cruche, un autre pour la bassine, un troisième pour la serviette…
Mes amis cathos de Chilly-Mazarin, ils ont célébré le Jeudi saint au prieuré bénédictin d’Étiolles.
Et moi, je leur disais encore en début de semaine, c’est dommage de vous couper de votre paroisse. Si on part tous, les autres auront gagné. (Dans leur cas, c’est plus simple, l’évêque a fermé Notre-Dame-du-Concile.)
Ben, je commence à me dire depuis quelques semaines que je vais peut-être moi aussi commencer à faire des infidélités à Savigny, parce que cette paroisse ne me nourrit plus spirituellement.
Vraiment, je ne regretterai pas le départ d’Emmanuel BIDZOGO.
Et là, maintenant, je peux l’écrire : je compte les semaines.
Et je connais que je ne suis pas le seul.
Lors de ma dernière retraite spirituelle à l’abbaye de La-Pierre-qui-Vire, je me plaignais que les nouveaux cathos que Dieu appelle ne soient pas conciliaires, mais uniquement des consommateurs de sacré.
Sauf que le sacré, ce n’est même pas cela.
En tout cas, le sacré, ce n’est déjà pas faire déplacer des gens pour préparer une église, pour finalement faire comme à l’habitude…
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