Puisque j’ai reçu quelques échos de mon article de vendredi dans lequel j’ai écrit que les formations dispensées par les prêtres de mon secteur pastoral de Savigny-Viry étaient « à fuir », je voudrais quelque peu en préciser les griefs que je leur reproche.
Et je ne prendrai que la plus récente, intitulée « À la découverte de saint Luc », du 23 janvier 2025, qui a rassemblé 9 personnes.
Sachant qu’il se fait à peu près la même formation diocésaine, à Savigny, par une laïque formée, et qu’elle rassemble 16 personnes, avec des contenus d’un tout autre niveau.
Ce qui est vraiment décevant est que d’une part, tu en viens à te demander comment des prêtres ont pu réellement suivre sept années d’études pour dire autant de bêtises.
D’autre part, qu’il suffit d’ouvrir Wikipédia pour en avoir plus, et de meilleure qualité, alors que cela reste Wikipédia…
Premier écueil, le prêtre nous fait travailler à partir de traductions de l’AELF (Association épiscopale liturgique pour les pays francophones).
Sauf que ce ne sont pas des bibles de travail, basées sur des traduction du grec, en essayant d’être fidèle au sens des mots, employé dans leur contexte, et à la volonté de leur rédacteur, mais des retraductions du latin, lui-même déjà traduit du grec, faites pour être accessibles, hors contexte, au plus grand monde.
Ensuite, ce sont un certain nombre d’affirmations qui sont scientifiquement fausses, mais volontairement banalisées pour refuser les obstacles de certaines difficultés.
1°) Non, Luc n’a pas tout seul son évangile.
On parle plus sérieusement d’une « école lucanienne ».
Et c’est ainsi qu’on s’aperçoit de l’usage de plusieurs styles complètement différents selon ou entre les chapitres.
2°) Non, Théophile n’est pas une vraie personne.
C’est un personnage symbolique qui représente tous ceux qui aiment Dieu.
3°) Non, Luc ne s’adressait pas principalement aux juifs de la diaspora (c’est Matthieu).
Luc s’adressait aux païens convertis hellénophones (de culture grecque).
4°) Non, Marie n’était pas de la tribu de Benjamin, descendante de David.
Car Marie est une Lévite…
J’ai encore relevé d’autres faussetés, ou arrangements avec la vérité, pour raconter une jolie histoire, mais qui n’est pas vraie.
5°) Luc était un copain de Paul…
Il n’est même pas avéré qu’ils se soient rencontrés, même si c’est possible.
J’attendais le moment où il allait nous dire que Luc avait connu Jésus, alors que Luc a écrit son évangile 50 ans après la mort et la Résurrection de Jésus.
6°) L’esprit a une place très importante. Il accompagne tout.
C’est une grande mode, et une grande hérésie, que de faire de l’Homme, un sujet de l’Esprit.
7°) L’identité de Jésus est révélée par Syméon, et par « d’autres révélations ».
C’est pour le moins précis, et cela n’a pas empêché les Hommes de ne pas Le reconnaître.
Puis à un moment, le prêtre a voulu découper un chapitre en parties mais c’était complètement artificiel.
C’est-à-dire qu’il faisait le prologue du chapitre, la naissance et l’enfance ensemble puis l’adolescence.
Alors que la naissance, qu’on fête quand même à Noël, mérite certainement une partie entière, pour ce qu’elle dit.
Puis c’est de la lecture continue, et le prêtre résume ce qu’il a lu, sans apporter ni références ni plus-value.
Alors en plus que n’importe qui, avec une Bible sous-titrée, voyait que son découpage ne correspondait même pas aux parties traditionnellement
Ce qui est dommage est que le travail proposé, de comparaison des généalogies de Jésus chez Matthieu et chez Luc était ensuite intéressant, sur le principe, sauf qu’il a été bâclé.
Et qu’au lieu de s’attacher à la différence de faire remonter la généalogie à Adam ou à Abraham
On en est arrivé à une conclusion complètement barbare nous expliquant en substance que la généalogie de Jésus chez Matthieu était mariale, tandis qu’elle était joséphale chez Luc, ce qui correspond à la théorie d’un prêtre, il y a cinquante ans, laquelle n’a pas connu beaucoup d’échos.
En résumé, ces pseudos-formations sont vraiment du gâchis, parce qu’elles ne sont pas préparées.
Je remarque d’ailleurs qu’il n’y a jamais aucune source ; on attend que l’Esprit saint nous guide.
Et donc soit perte de temps, parce qu’on n’y apprend rien, soit danger, pour ce qu’on y apprend de faux !

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