C’est d’abord un documentaire qu’il fait avoir le temps de regarder, car ce sont 9 épisodes de 52 minutes.
Ensuite, il faut s’accrocher, parce que sur les neuf épisodes qui se veulent chronologiques, les cinq premiers se déplacent allègrement dans le temps.
Bien sûr, on ne peut échapper, surtout à la fin à ce sentiment d’écœurement : 3 millions de morts, 13 ans de guerre pour aboutir à une défaite totale du Sud, 660 milliards de dépenses. Et je ne parle pas des conséquences de l’usage massif de défoliant, et des bombes non explosées…
Le conflit a été bombardements (plus sur le Cambodge que pendant toute la seconde guerre mondiale), notamment d’une piste (Ho-Chi-Minh) en permanence réparée, et l’attaque de collines, au prix de lourdes pertes, pour être ensuite abandonnées… Avec des ressources illimitées pour le Nord-Vietnam de l’URSS et de la Chine.
Tout cela au nom du communisme que le Nord voulait répandre au Sud, pour qu’au final, le pays entier s’ouvre au libéralisme en 1986 et normalise ses relations avec les États-Unis d’Amérique (EUA) en 1994…
Le pire étant que les Américains avaient donc analysé en 1966 qu’ils ne pourraient pas gagner cette guerre, et qu’ils ont continué à y envoyer ou laisser des soldats jusqu’en 1973.
Avec le général WESTMORELAND qui à chaque nouvelle phase du conflit, demandait à chaque fois plus de dizaines voire de centaines de milliers de soldats…
Au passage, tout le monde ayant oublié que c’est KENNEDY, dont il ne faut pas écorner l’image, le même qui avait exhorté les EUA de ne pas aider les Français en Indochine, qui est celui qui est responsable de la participation américaine à ce conflit.
Ce qui coûtera la place de président à son successeur JOHNSON, et permettra aussi à NIXON d’être brillamment réélu en 1972.
Et en même temps, les Américains ont offert quinze ans de libertés en plus aux Sud-Vietnamiens…
La force de ce documentaire, ce sont les témoignages des deux camps.
Avec des Nord-Vietnamiens qui semblaient quand même conscients, mais qui allaient faire cette guerre sans poser de questions.
Des Sud-Vietnamiens, subissant des hommes politiques incapables et corrompus, marionnettes américaines, qui n’avaient pas envie de se battre, et ne comprenaient pas ce conflit fratricide.
Et des Américains, que la guerre transformait en animaux, objectifiant leurs ennemis pour tolérer de les assassiner, qui seront plusieurs dizaines de milliers à devenir héroïnomanes, et qui vivaient très mal les manifestations des hippies, lesquels refusaient de voir que les Nord-Vietnamiens n’étaient pas des tendres, et qui donnaient aux soldats le sentiment d’être dans le « mauvais camp ».
On retrouve également cette incompréhension des soldats américains, voyant les Sud-Vietnamiens ne se battant pas alors que c’était leur pays, avant le « jaunissement » du conflit ; qui rappelle en France en 2019, l’incompréhension des militaires français qui, alors eux se battent au Mali pour les Maliens, voient beaucoup de ceux vivant en France qui se foutent de ce conflit.
Il y a encore l’hypocrisie des deux côtés qui a passablement retardé le règlement du conflit avec des Nord-Vietnamiens refusant d’admettre avoir des troupes au Sud, et des Américains niant leur illégitimité à participer à cette guerre.
Au final, le Nord avait compris qu’il ne pourrait pas gagner tant qu’il y aurait les Américains, dont la force militaire leur était bien supérieure.
Les EUA ont tenté de les déstabiliser, de les démoraliser, de leur tuer plus de soldats que ce qu’ils ne pouvaient en fournir, mais dans un pays de 25 millions d’habitants, cela n’a pas suffi.
Les Soviétiques auront ensuite leur Afghanistan, et à ce moment, se verront retournés les techniques qu’ils ont soutenus au Vietnam…
Toutefois, après avoir vu ce document, on ne peut que s’interroger de savoir ce que les Américains sont allés faire en Irak…


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