— LE SAVINIEN TAQUIN —

Le libre journal d’Olivier VAGNEUX – 06.51.82.18.70 – olivier@vagneux.fr

Je déteste le sport, à l’exception des sports de chambre : chambre criminelle, chambre administrative, chambre correctionnelle, chambre de l’instruction… Et bien sûr, chambre à coucher !!! ¯\_(ツ)_/¯


Charlie-Hebdo et la religion catholique

À la suite de plusieurs réactions de lecteurs, plus ou moins indignées, qui m’accusent de justifier, sinon d’excuser l’assassinat des dessinateurs de Charlie-Hebdo, je voudrais revenir sur les propos tenus dans un précédent article :

Et puis il y a eu Charlie-Hebdo en janvier 2015, et là encore j’ai relativisé, parce que c’était le retour de bâtons de mecs qui avaient provoqué toute leur vie. (Et peut-être à la limite qu’au fond de moi, je me sentais aussi vengé pour toutes les injures faites aux chrétiens ?)

Je n’ai toujours pas l’impression, en m’interrogeant sur les sentiments que j’ai pu éprouver, de cautionner l’assassinat de personnes relativement à leur libre expression. Mais je conçois que ce n’est pas très Charlie de l’exprimer ainsi ; ce qui prouve bien que seulement certains ont le monopole d’une totale liberté d’expression, y compris lorsqu’elle est diffamatoire…


La première chose à dire est qu’aucune expression ne mérite la mort.

La deuxième est que plusieurs fois, je me suis senti blessé, en tant que croyant, par certains des dessins de Charlie, et que donc je détestais cordialement ce journal et ses contributeurs.

La troisième est que je n’ai pas éprouvé de peine à l’annonce de l’attentat contre les caricaturistes. Je ne vais donc pas en inventer. Pas plus que je n’ai éprouvé de joie.

Mais peut-être quand même un sentiment de soulagement parce que enfin, ces dessinateurs allaient arrêter leurs dessins ; le même sentiment que j’aurais eu si le journal avait été condamné à la faillite par la Justice.

Car on doit aussi bien pouvoir condamner les terroristes de Charlie, leurs actes et même les motifs qui les ont poussés à l’acte, que les dessins eux-mêmes de Charlie, d’un point de vue moral comme d’un point de vue légal.


À la suite des attentats, beaucoup ont perdu tout esprit critique vis-à-vis de Charlie-Hebdo, qu’il ne fallait plus désapprouver, au nom de la liberté d’expression, d’un certain humour, du droit à la caricature, à la satire et au blasphème ; parce que la République permet tout cela…

Mais est-ce que Charlie, qui a d’ailleurs été condamné plus d’une trentaine de fois dans son histoire, faisait bien cela ?

La caricature grossit des traits existants ; certains dessins étaient juste diffamants (est-ce que réellement tous les prêtres sont homosexuels et pédophiles ?).

La satire donne à réfléchir ; quelle réflexion est-ce qu’on s’est faite en lisant Charlie ? Par contre, vous avez effectivement des gens qui se sont mis à croire que tous les prêtres étaient pédophiles…

La République dit bien que « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. » Est-ce une liberté de flinguer les gens avec lesquels nous ne sommes pas d’accords ? Non. Mais est-ce une liberté d’appeler au meurtre ? Charlie-Hebdo était également immoral.


On pourrait rechercher dans l’histoire personnelle des dessinateurs pour voir quel est leur problème, avec l’armée, avec les femmes, avec les homosexuels, avec les religions, avec la pédophilie (lire des tribunes cosignées dans Libération), avec la politique, et notamment le Front national.

  • Mais dessiner que le pape, les évêques et les prêtres sont homosexuels pour se moquer d’eux, j’appelle cela de l’homophobie.
  • Représenter des personnalités du clergé catholique comme étant pédophiles ; soit c’est avéré et c’est un délit qu’il faut dénoncer, soit c’est faux, et c’est de la diffamation. Dans tous les cas, la pédophilie vécue par certaines personnes du fait de prêtres pédophiles n’est pas drôle, enfin selon moi…
  • Assimiler les religions avec le vocabulaire scatophile, c’est nier tout ce que les religions peuvent faire de bien, notamment au niveau social…

Je n’aimais pas Charlie-Hebdo et je ne suis pas Charlie. Et je ne justifie pas pour autant le meurtre de personnes quelles qu’elles soient pour leur expression. Déjà, avant le 7 janvier 2015, je pensais que s’il arrivait quelque chose aux dessinateurs de Charlie, ils l’auraient cherché. Mais je ne le souhaitais pas, ni que ça se traduise par la mort de onze personnes. Or, selon moi, il n’est pas possible de passer sa vie à provoquer et de se dire qu’on restera à l’abri…

Donc ce n’est pas parce que je considère que les dessins de Charlie, tout en étant provocateurs pouvaient aussi être perçus comme pousse-au-crime (et il faut bien regarder qui est passé à l’acte), que cela justifie que certains soient passés à l’acte. Je réaffirme pour ma part que c’est sur le terrain de la Justice que doivent être jugés les abus à la liberté d’expression, mais que chacun doit assumer ses propos, comme ici, j’assume les miens et l’interrogation qui fut.





9 réponses à « Charlie-Hebdo et la religion catholique »

  1. Je ne connaissais pas ce n°268 de Charlie-hebdo… de janvier 76. Mais j’ai beau en regarder sous tous les angles la couverture, je ne vois pas – mais pas de chez pas – le moindre appel au meurtre. La couverture fait parler Giscard qui propose dans une formule oxymorique un libéralisme imposé de force (la question n’est pas de savoir si cette critique est juste ou non) ; d’où la formulation « C’est le libéralisme, ou ma main sur la gueule ». Ce n’est pas Charlie qui parle, mais Giscard (et cela est très clairement affirmé par la bulle). Je suis en train de me demander si nous parlons bien du même numéro.

    1. Non, je me suis trompé. C’est le n°266 de janvier 1975.

      1. Je viens de consulter le numéro. Nous sommes en 1975. Avec ce « Joyeux Noël », le second degré est tellement évident ! C’est ce qu’on appelle de l’humour noir, et tout le monde comprenait ça à l’époque.

  2. Charlie-hebdo n’a jamais dit ni suggéré que « tous les prêtres étaient homosexuels et pédophiles ». Vous vous permettez de juger un journal que vous ne connaissez absolument pas. Evidemment, vous avez le droit de penser ce que vous pensez, et personne ne vous en empêche : évitez donc – c’est la mode – de vous victimiser. Je constate cependant, après une condamnation de pure forme, une manière assez choquante de renvoyer dos à dos assassins et dessinateurs. Vous avez exactement le raisonnement des terroristes fanatiques qui ont assassiné et assassinent encore : vous ne passez pas à l’acte, c’est tout. Je vous fais remarquer que votre absence totale de compassion est bien peu chrétienne, pour le coup. J’ai dit : une « manière choquante ». Oui choquante : quand deux ou trois coups de crayon vous choquent, moi, comme tout démocrate, comme tout humaniste, ce sont les assassinats qui me choquent. Votre façon de penser et de réagir justifie tous les dessins de Charlie.

    1. Les dessinateurs de Charlie étaient sûrement trop intelligents pour leur public qui faisaient allègrement cet amalgame. Encore heureux que je puisse juger ce que bon me semble, c’est aussi cela l’esprit Charlie. Mon article date de 2017. Je ne pense pas chercher à me victimiser ; juste à dire et redire que je n’aimais pas Charlie mais que je ne trouve pas que cela justifie qu’on en assassine les dessinateurs. Enfin, niveau terrorisme intellectuel, vous vous situez bien à m’écrire que j’ai tort parce que je ne pense pas comme vous et que vous voulez vous plaire à croire que je ne mets pas d’échelle de valeur en me disant choqué à la fois par certaines caricatures et en même temps par les assassinats.

      1. Reconnaissez que votre formulation était maladroite. Mais vous avez raison, cet article date de 2017, on peut changer en trois ans ! La direction du CFCM a bien changé, elle : Chems-Eddine Haffiz se déclare pour la liberté de caricature, y compris contre « le » prophète ; or il y a un peu moins d’une vingtaine d’années, il attentait un procès contre l’écrivain Houellebecq pour ses déclarations sur l’islam (« la religion la plus con »). Bien entendu, vous avez le droit de ne pas aimer Charlie-hebdo, je n’aime pas toujours, les journalistes (qui risquent leur vie chaque pour la liberté de la presse) devraient faire évoluer certains ressorts. Ceci dit, le dessin est plus fin qu’on ne le pense. Et puis quelle importance qu’un dessinateur comme Marsault (Editions Ring, rien à voir avec Charlie) représente Dieu en barbu semi-clochard, avec un nez d’ivrogne, un gros ventre, d’épaisses chaussures à crampon, la clope au bec, etc. ? Votre foi est-elle si faible qu’elle s’arrête à ces fantaisies ?

        1. Précisez-moi quelle formulation était maladroite.

          Méfiez-vous du CFCM qui dit actuellement ce que l’Occident veut entendre, quoique les propos de son président sur les caricatures sont actuellement discordants ; il ne représente pas grand chose de l’islam pratiquée à la mosquée du coin.

          Enfin, ce n’est pas pour ma foi personnelle mais pour ce que cela donne à penser aux autres, et qu’on me renvoie systématiquement dans la gueule d’une Église pédophile, avec en plus ce sous-entendu c’est parce que les prêtres ne peuvent pas se marier qu’ils sont homosexuels et pédophiles.

          1. Je vous réponds enfin, comme vous me le demandez.

            1. Trois phrases qui pour moi ne passent pas dans cet article de 2017 :
            « Car on doit aussi bien pouvoir condamner les terroristes de Charlie, leurs actes et même les motifs qui les ont poussés à l’acte, que les dessins eux-mêmes de Charlie, d’un point de vue moral comme d’un point de vue légal. »
            Et
            « Déjà, avant le 7 janvier 2015, je pensais que s’il arrivait quelque chose aux dessinateurs de Charlie, ils l’auraient cherché. »
            Et
            « Est-ce une liberté de flinguer les gens avec lesquels nous ne sommes pas d’accords ? Non. Mais est-ce une liberté d’appeler au meurtre ? Charlie-Hebdo était également immoral. »

            Vous ne pouvez pas renvoyer dos à dos l’expression légale d’une opinion (même si elle ne vous plaît pas) et des assassinats. Charlie-hebdo n’a JAMAIS appelé au meurtre (là c’est plus que de la maladresse, c’est de la calomnie). On « condamne » des assassinats, mais pas des opinions, faut-il le rappeler ? De telles phrases, parfaitement immorales pour le coup, sont au mot près celles qui ont été prononcées dans les milieux salafistes et chez de très nombreux jeunes de « quartiers ». J’ai même entendu cette phrase : « Charlie, ils ont joué, ils ont perdu ».

            2. Je veux croire, prudemment, à une évolution de certains milieux musulmans, en particulier le CFCM, même s’il est bien probable qu’il ne représente pas grand-chose. Toutefois ils ont une certaine influence, de par leur caractère officiel.
            Ma position est très critique vis-à-vis de l’islamisme, et même de l’islam, mais j’espère tout de même dans l’événement d’un « islam de France » : pour moi c’est la seule voie possible. Car il faudra bien trouver une voie. Les musulmans sont là, c’est incontournable, il faut qu’ils évoluent, et il convient d’aider ceux qui le souhaitent. Sinon, ce sera la guerre civile, ou des conflits sans fin.

            3. Quant au catho-bashing, il est général. C’est facile, et c’est moins risqué que de critiquer l’islam. Le théâtre de la Croix-Rousse, près de chez moi, à Lyon, programme pour le mois de janvier une pièce sur la radicalisation… catholique. On tire sur l’ambulance, en somme, et on compte en tirer gloire et profit. Comme ce cinéaste Ozon et son film « Grâce à Dieu »… un enfonçage de portes ouvertes qui passe pour de « l’engagement ». Par contre, très peu de voix s’élèvent contre l’immigrationnisme forcené du pape François qui semble vouloir la destruction de l’Europe !

            1. Vous vous n’avez jamais été condamné en diffamation… Qu’est-ce que la condamnation en diffamation sinon que la condamnation d’une opinion exprimée ? Je vous renvoie sur la célèbre couverture du n°268 pour la question de l’appel au meurtre. Je pense qu’il n’est pas possible de dire que c’est de l’ironie dans ce cas ; alors que si jamais quelqu’un les avait pris au mot, cela aurait pu avoir un impact.

              Je suis sinon plutôt d’accord avec vos points 2 et 3.

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