Nous sommes le lundi 14 mars 2016 au matin. Mes valises sont prêtes et j’ai décidé de consacrer les dernières minutes qu’il me reste aux lecteurs de mon blog. Je pars de cette ville que je n’ai pas quitté depuis août 2014 et dans laquelle les habitants commencent sérieusement à me taper sur le système, et à sincèrement altérer ma santé mentale. Les Saviniens ont les élus qu’ils méritent, qu’ils continuent de s’enterrer en bons fossoyeurs.
Honnêtement, je m’en fous d’être un jour élu dans cette ville dans laquelle MEHLHORN finit de dilapider tant les dernières ressources que les compétences souveraines. Le prochain maire élu en 2020 ne servira plus à rien ; il sera une potiche et c’est pas tellement ma mentalité. Si je m’engage, c’est pour faire bouger les choses Je vais donc pratiquer mon fameux langage de vérité et me libérer de ce que j’ai sur le cœur juste avant de partir. Je quitte donc cette ville :
- dans laquelle les bienpensants sont plus choqués par l’emploi dans mes publications des mots de « prostituée« , de racolage et de tapin, que par le licenciement de 59 personnes du jour au lendemain, après les avoir fait patienter pendant trois mois suite à des annonces qui auraient fuité dans la presse,
- dans laquelle un citoyen qui essaie d’agir avec ses faibles moyens pour faire valoir ses droits (et accessoirement les droits de tous les autres) est considéré comme « outrancier », « procédurier » et « insultant »,
- dans laquelle chacun de mes actes est épié pour transformer le moindre de mes gestes en acte politique prémédité s’inscrivant dans une stratégie électorale de court-moyen-long terme, oubliant alors que je me suis toujours indigné et que je n’ai jamais fermé ma gueule,
- dans laquelle la solidarité est absente ; où dès qu’on frappe sur l’un, les autres reculent et se soumettent pour ne pas qu’il leur arrive la même chose comme lorsqu’on coupe les subventions ou qu’on licencie certaines personnes,
- dans laquelle on peut vous discriminer publiquement en vous refusant la parole à une réunion publique, et que personne, et surtout pas l’opposition trop contente de ce qui vous arrive, n’intervienne,
- dans laquelle les électeurs sont majoritairement primaires dans leur comportement et se foutent de savoir ce qui est fait par leur maire, comment leurs impôts sont dépensés, et votent d’abord pour des étiquettes, pourvu que le trottoir de devant chez eux soit refait,
- dans laquelle avoir de l’ambition est vu comme quelque chose de négatif, et on en arrive à se satisfaire de la médiocrité de MEHLHORN pour l’installer en valeur de référence. Qu’est-ce qu’il a foutu depuis son élection ?
- dans laquelle les chrétiens sont prêts à toutes les compromissions pourvu qu’on veuille bien leur financer des travaux,
- dans laquelle les fonctionnaires municipaux sont de zélés collaborateurs de la politique municipale, outrepassant leurs fonctions jusqu’à se rendre coupable de forfaiture,
- dans laquelle les partis politiques investissent des nuls de toute part, voulant uniquement faire du fric en ayant des listes estampillés
- dans laquelle les gens vous disent « c’est bien ce que vous faites », mais ne lèveront jamais le petit doigt pour vous aider.
Je vais m’arrêter là dans cette litanie de reproches à Savigny car mon cœur est d’un coup apaisé de tout ce que je viens d’écrire et que je refoulais hypocritement au fond de moi. Je vous invite à réagir à ces propos et à commenter, mais je ne pourrais pas publier vos commentaires de là où je m’en vais…
Une petite abbaye bénédictine morvanaise, Sainte-Marie-de-la-Pierre-qui-Vire. Peu de réseau, je vais vivre sans téléphone, sans accès à internet, sans écrans : elle est là la vraie liberté du Savinien. Vivre au rythme des moines, prendre son temps le soir pour regarder les étoiles, sentir l’herbe humide de la rosée du matin…
Pour autant, je reste cohérent avec mon discours. Si je critique les jeunes Syriens (la moitié de la population s’est barrée depuis 2011) en trouvant qu’ils manquent de courage de ne pas prendre les armes pour libérer leur pays, je ne vais pas faire de même et laisser Savigny à MEHLHORN et à sa clique
Certes, je pars mais mon blog demeure et va publier les articles que j’ai programmé à raison de deux par jour jusqu’à mon retour. Arrivée prévue jeudi vers 19 h 30 de manière à être là à 20 h 30 au Conseil municipal et à reprendre tous mes engagements.
Je terminerai, dans mon hybris démesuré, en citant le romancier Léon BLOY « Il faut être véhément pour être juste. » Je suis en phase avec ma manière d’agir et je ne vais pas m’excuser d’exister ainsi. Je sais que nul n’est prophète en son pays mais je sais aussi que mon action ne reste pas sans conséquences. Elle serait juste encore plus forte si j’étais vraiment rejoint et aidé, et vu d’où je pars, cela ne peut que s’améliorer. Bien sincèrement.

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