— LE SAVINIEN TAQUIN —

Le libre journal d’Olivier VAGNEUX – 06.51.82.18.70 – olivier@vagneux.fr

Je déteste le sport, à l’exception des sports de chambre : chambre criminelle, chambre administrative, chambre correctionnelle, chambre de l’instruction… Et bien sûr, chambre à coucher !!! ¯\_(ツ)_/¯


Les Français, l’armée et le service national (militaire)

Le mardi soir, je regarde « Garde à vous » sur M6. Ce programme, qui connait un succès d’audience, profite de la vague de sympathie post-attentats pour le service national. Les Français s’imaginent donc que le service national obligatoire intégrerait les jeunes Français, leur transmettraient les « valeurs de la République » et renforcerait l’unité nationale. Malheureusement, il n’empêcherait pas le terrorisme islamiste…

Il convient tout d’abord de rappeler que la suppression du service national (Jacques CHABAN-DELMAS alors Premier ministre ayant tué le service militaire par la loi Debré du 10 juin 1971 dans son projet de « nouvelle société« ) est une demande des militaires officialisée dans le deuxième livre blanc de la Défense de 1994. Or, paradoxalement, ce ne sont pas les socialistes qui l’ont supprimé car MITTERRAND avait des convictions, mais bien CHIRAC en 1996…


Les raisons d’une suppression

Tout d’abord, ce sont les moyens que l’armée n’a plus depuis qu’on les lui diminue depuis la fin de la Guerre froide. Là aussi, les crédits militaires n’ont pas diminué sous le socialisme mitterrandien (pour pouvoir vendre nos productions d’armes en Afrique) mais bien avec le retour de la droite. Ensuite, les militaires n’avaient plus le temps de se consacrer à la formation des civils. Enfin, à peine la moitié de la classe d’âge (47 % en 1995) accomplissait son service.


Le service militaire en Europe

Depuis la fin de la Guerre froide, la plupart des pays européens ont supprimé le service militaire qui leur coûte cher pour accomplir une éducation, qu’ils pensent que les parents, l’école et la société peuvent accomplir. Les Suisses ont toutefois voté par référendum pour le maintien de leur service militaire. Là bas, les hommes de 18 à 50 ans consacrent une semaine par an à leur pays. Ils partent par classes d’âge avec ceux de leurs villes et font du ski et de la randonnée. Leurs entreprises les indemnisent en leur versant leur salaire normalement sur la période.


La question de l’intégration

Il n’y a guère plus qu’au stade de foot, un peu dans les transports et surtout devant TF1 que l’on peut retrouver le libéral et le communiste, le Français autochtone et le Français allogène (ou allochtone), l’héritier rentier et le fils ouvrier. Mais malgré l’obligation du service (et je vois mal aujourd’hui comment on viendrait chercher de force certains objecteurs de conscience), il y a toujours moyen d’échapper à la discipline et à la rigueur militaire.


Comment j’aurais pu détourner l’esprit du service militaire ?

Personnellement, j’aurais pu demander, sitôt ma convocation, reçue à être rattachée à l’aumônerie des armées, le service où personne ne veut aller et où il y a des dizaines de places vacantes que même les prêtres ne sont plus assez nombreux à combler. Mais dans les bonnes planques, il y avait aussi les transmissions ou l’intendance. Mon père, pharmacien, a bien fait le sien dans les services de santé de l’armée, détaché à Djibouti, encore territoire français.


L’intérêt formateur des mouvements de jeunes

Globalement, le service militaire faisait des hommes des adultes. Il offrait une formation concrète qui développait l’esprit pratique des citoyens. C’est d’ailleurs ce moment de la vie que les totalitarismes ont essayé d’encadrer grâce à un scoutisme idéologique : les jeunesses fascistes ou hitlériennes ou bien la Milice en France. C’est à ce moment qu’on passe la deuxième couche de bouillie bordelaise, pour ceux qui ont vu le film Z de COSTA-GAVRAS.


Fraternité, cohésion et solidarité : des valeurs de groupe

La suppression du service militaire correspond à un idéal ultra-libéral qui détruit les groupes considérés comme des ennemis du marché. Ce faisant, les individus isolés sont moins forts et deviennent potentiellement un marché individuel. Pourtant, même ceux qui sont passés par le service national avant 1996 sont aujourd’hui globalement égoïstes et écrasent les plus faibles pour maintenir leur supériorité. Le service national était peut-être déjà un échec en lui-même.


Sur l’union nationale

Tout cela renvoie toujours à la question « Qu’est-ce qu’être Français ? » Or, les réponses n’ont jamais été aussi différentes entre ceux qui sont assimilés à la société française, ceux qui n’y sont qu’intégrés et ceux qui y adhèrent. Pourtant, l’union nationale ne peut se faire qu’avec des citoyens qui adhérent, qui sont « enracinés » pour reprendre l’expression de la philosophe Simone WEIL, malgré le fait que la Nation accueille largement tout le monde.


Le fait que la génération actuelle que l’on peut qualifier de « téléphone portable et internet » ne passe plus par le service national ou militaire n’en fait pas moins d’elle une jeunesse moins patriote ou moins française. Elle est toutefois certainement moins mature par son manque de praticité réelle du terrain. Mais pour le reste, tout est question d’adhésion et d’éducation et le terrorisme est d’abord un problème externe (attaquer la France) plut qu’un problème interne.



4 réponses à « Les Français, l’armée et le service national (militaire) »

  1. Avatar de Jean-Marie CORBIN
    Jean-Marie CORBIN

    Si si tu pouvais faire qqch d’intéressant au service militaire. Tiens ! Les scientifiques du contingent faisaient de l’ingénierie payé 1000 francs (150€) par mois. Ils arrivaient à te bâcher un projet en 8 mois qui est facturé aujourd’hui par Gap Gemini … allez à la louche 1 M€.

    Les autres appelés étaient souvent commandés par des gus dont le mental et la qualification initiale étaient finalement [basse]

    Tu avais quelques troupes d’élites genre régiments de parachutistes et Cie des mecs velus que tu envoyais sur les points chauds de la planète mais le reste quelle misère …

    Quant au creuset social, de la mixité des classes etc etc. Foutaises, les pistonnés ça y allait. La haute société ne côtoyait pas les sans-dents (note : les appelés n’avait pas accès au soins de la médecine civile pendant toute la durée de leur service alors que les engagés y avait le droit et le choix. Quand tu avais une rage de dent, tu pouvais crever !)

    En ce qui me concerne, après 3 mois de classes, j’ai fait 9 mois chez les civils au centre de contrôle régional de la navigation aérienne d’Athis-Mons. Une vraie planque près de chez moi avec 0 piston alors que je m’attendais à me faire envoyer pendant 12 mois au fin fond de la RFA.

  2. Avatar de de la mata jeanpaul
    de la mata jeanpaul

    Qu est ce qu on se marrait bien à l armée bordel de bordel ….presque tous les jours on se foutait sur la gueule, les Tahitiens se débrouillaient bien d ailleurs pour la baston alors qu on s embrassait tous une heure avant quand nous fout ions une branlee régulièrement aux petits cadors de pacotille, adjudants et autres ersatz du meme genre lors de notre match de foot chaque semaine , rencontre sacrée. ..Qui permettait aux sous off de nous canaliser plus ou moins, d autant plus qu on pouvait se balader très souvent en ville le soir…Hé he…passons !

    Mais à Nîmes on n était pas aussi sauvages qu a Toulon ou des centaines de bidasses firent un soir un  » genre de ratonnade  » contre tous les jeunes aux cheveux longs qu ils rencontrèrent sur leur chemin pendant plusieurs heures….cafés et autres trucs de jeunes cassés et la police partie a la pêche apparemment( ils avaient tout prévu. ..Pas cons ces sans dents de l époque. ..De nos jours quel carnage ils feraient…ou, la, la ).car un des leurs s était fait massacre dans un rade ( il me semble qu il fut pour poignardé en plus, d après les journal eux de l époque, etc…)

    Au bout de quelques mois ils m envoyèrent dans un hosto de Marseille….Pour revenir à Nîmes le lendemain avec un papier ou il y avait marqué un truc de Rd 2….Sans que cette crapule de toubib Marseillais ( apparemment j ai du lui faire peur quand il M a posé ses questions de leches culs pro service bidasse…Hé he…) que j étais réforme avec une Pension à toucher………………pension que je n ai jamais demandé trop heureux de me casser de cette arnaque de » prolos sans dents illettrés de conséquence :  » TROP DANGEREUX  » m a dit le Colonel avant de partir. …c est ce qui était marqué sur le PV que le toubib Marseillais n avait pas osé me dire ( quel con je l aurais embrasse pourtant ). ..Il est vrai que ce type moins con que ses autres potes officiers se servait du foot pour nous dresser et diriger ensuite, n étant pas très heureux qu un homme de base de son équipe se tire en douce…Pas les gus d en face par contre car à chaque match y en avait un ou deux qui passaient quelques jours à boiter…On adorait leur foncer dedans; c était la première fois de ma vie qu un représentant de la nation me faisait confiance cher Curé. …Du coup j ai picole avec joie dans tous les rades de la ville…amen !

  3. Avatar de Jean-Marie CORBIN
    Jean-Marie CORBIN

    « Mais dans les bonnes planques, il y avait aussi les transmissions » => Pardon ? Passe donc au Fort du Kremlin Bicêtre, à la DC-DIRISI, tu verras c’est une vraie caserne comme avant, sans les appelés pour faire office de larbins mais les remplaçants sont désignés.

    Autrement, le reste de l’article comment dire … Ça manque de vécu. Si l’ami Fabrice te lit, il va bien rigoler.

    1. Quel vécu du service militaire ou national puis-je avoir puisqu’il a été supprimé ?
      Quant aux missions, tu sais quand même qu’elles n’étaient pas les mêmes pour les appelés que pour les militaires de carrière.
      Je n’ai pas écrit qu’on ne foutait rien aux transmissions ; j’écris qu’on ne laisse pas faire grand chose d’intéressant aux appelées aux transmissions.
      Au fait, où as-tu servi pendant ton service ?

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