Ce jeudi 1er octobre 2015, Nicolas DUPONT-AIGNAN, président de Debout-la-France (DLF), organisait une réunion de campagne à la salle des fêtes de Savigny. Étonnament, le maire de Savigny n’avait pas fait annoncer sa venue par le Twitter de la Ville (comme il avait fait avec Bruno LE MAIRE ou Marine LE PEN pendant la campagne des départementales #tricheur #malhonnête). Il avait également oublié de poster des barrières à l’entrée comme au Conseil municipal. À Savigny-sur-Orge, c’est Vigipirate quand on y pense…
Face aux régionales qui s’annoncent les 6 et 13 décembre 2015, je trouve objectivement que le programme de Nicolas DUPONT-AIGNAN (NDA) est le meilleur pour la Région. Mais de la même manière que je ne voterai plus Les républicains tant qu’ils n’auront pas sanctionné Éric MEHLHORN pour son incompétence néfaste, je ne voterai pas DLF tant qu’ils n’auront pas exclu Daniel JAUGEAS. Donc pour moi, ce sera blanc, et je vais même faire campagne en ce sens.
1. Le déclinisme de NDA
Pour autant que DLF soit une alternative intéressante (même si je suis loin d’être d’accord avec la moitié de son programme), je ne soutiens pas l’idée que DLF doive s’imposer à cause de l’échec de LRPS et des immigrationnistes du FN. Non, DLF doit gagner parce que ses idées sont bonnes pour la France. Toujours est-il que regagner notre souveraineté est indispensable pour proposer une nouvelle gouvernance française.
2. L’instrumentalisation du Peuple
À la Sorbonne, on m’avait défini cet objet du populisme comme un « groupe de personnes partageant une communauté d’intérêts« . Récemment, Michel ONFRAY le décrivait comme le « corps social sur lequel s’applique le pouvoir politique« . NDA possède ce défaut de prétendre parler en lieu et place d’un Peuple qui pour l’instant ne se déplace pas pour voter pour lui. Et il en fait une chimère immatériel comme les socialistes avec la Finance. Ce qui le rassure.
3. Le mensonge de la rupture
Nicolas DUPONT-AIGNAN préside un parti politique. Or, je pense que ce sont les partis politiques qui sont responsables du marasme actuel car ils incitent au clientélisme et à la malhonnêteté. Y a-t-il rupture lorsque NDA agrandit son parti d’anciens ratés d’autres partis ou lorsqu’il oppose des personnes compétentes à ses propres candidats, parce qu’il doit en présenter un certain nombre, pour avoir les financements de l’État ? Il est dans le système.
4. Trop souvent, il tend le bâton pour se faire battre
Lorsqu’on l’écoute dans les médias, NDA fait de bonnes critiques mais s’excuse souvent après de les avoir dites. Il reconnaît que ses positions sur l’euro sont controversés mais au lieu de les justifier, il prétend qu’elles sont un raccourci journalistique pour le dénigrer (ce qui n’est pas non plus faux). Autre exemple, lorsqu’il dit ce jeudi qu’il souhaite conserver les 35 heures. Alors l’économie ne pourra pas redémarrer.
5. De sa drôle de responsabilisation des citoyens
Il propose pour accéder au logement des prêts sur 30 ou 40 ans. Se rend-il compte de ce que cela signifie pour des personnes qui n’ont même pas 30 ans de devoir s’enchainer (donc de perdre sa liberté et sa souveraineté) à un crédit ? Lorsqu’il dit que dans sa Ville, quand on casse, il s’en prend aux allocations familiales, se rend-il compte qu’il assimile les casseurs à des assistés ? Certaines de ses petites phrases sont malheureuses.
6. Il aime taper sur les oligarchies et les médias
Je ne vais pas défendre ma corporation sur laquelle je crache autant sinon plus. Mais réellement, puisque les citoyens sont responsables, alors ils ne croient pas tout ce qu’on leur dit, parce qu’ils réfléchissent. Les oligarchies ne sont que la conséquence des élections successives, et les Français se trouvent assez stupides pour féliciter ces pratiques et les reproduire. Alors, je pense qu’il faut défendre son discours autrement.
7. Son autosuffisance qui vire au pathétique
« Mais c’est pas si idiot notre idée » ou « J’ai sauvé Yerres » ; certaines des phrases qu’il utilise en transition sont malheureuses car assez ridicules. Elles affectent alors son discours qui reste globalement du « parler vrai » et dévaluent le personnage. Un pu une fois, pourquoi pas. Mais lorsqu’il les reprend plusieurs fois dans la soirée et puis dans chacune de ses interventions, alors cela devient lourd et chasse le positif de la rencontre.
8. Sa comparaison incessante de Yerres, petit village gaulois, avec le reste de la France
Je ne peux pas m’empêcher de penser à cette vidéo parodique attaquant François DUROVRAY, ancien 1er maire-adjoint de NDA à Yerres. Tout y est dit : NDA a désendetté Yerres, petite ville de 28 000 habitants, qui possède malgré tout 600 agents, en faisant payer la communauté d’agglomération du Val d’Yerres. Alors si NDA est enfin un homme qui a su se servir de l’intercommunalité, la gestion peut se discuter rationnellement. Et elle n’est pas calquable au reste du pays.
9. Sa campagne de cumulard
Il est à la fois maire, député et président de parti. Même si c’est un grand bosseur qui est certainement capable de faire campagne en parallèle, je trouve malhonnête vis-à-vis des électeurs de forcément négliger ses autres mandats. Alors je n’ai pas aimé qu’il ne me réponde pas lorsque je lui ai demandé quel mandat il abandonnerait en cas de victoire. Même si j’ai bien compris qu’il irait alors à la tête de la région.
10. Les militants et les cadres qui l’entourent
J’ai posé une question pour demander comme il pouvait tolérer Daniel JAUGEAS et Jean-Charles HENRY dans son parti. Il m’a répondu ne pas connaître la situation de Savigny. Donc alors qu’il connaît la situation locale parce qu’il lit la presse, il n’y a aucune condamnation de la forme. Lorsque je suis arrivé à la salle des fêtes, plusieurs militants discutaient d’alliance au second tour et un en prônait une avec le Front national… Ce n’est pas possible.
Malgré tout cela, NDA reste certainement un des candidats les plus honnêtes de cette campagne avec un vrai programme qui corresponde aux compétences réelles de la Région. Heureusement donc que je ne parle pas ici des autres car il y aurait plus de dix reproches.

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