Le jour d’après

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Je ne me rappelle plus quelles sont les différentes phases du deuil. Tout ce que je peux dire aujourd’hui est que je suis mélancolique, et que tout a un autre goût. J’aimerais trouver un haiku pour dire ce que je ressens, mais je n’en trouve pas. Je m’étonne aussi de la sélectivité de ma mémoire à relire mes écrits des derniers jours.

En effet, pourquoi n’ai-je pas pensé à la numismatique, à l’horlogerie, à certains jeux de société, à Babar ? Ce que je ressens est juste de la tristesse au point que je n’ai plus envie d’écouter de musique. Beaucoup de jeux vidéos m’évoquent aussi des conversations ou des réflexions.

Mercredi, j’étais en colère. Je me suis mis à faire un jeu vidéo violent, comme l’ont fait un certain nombre de ministres socialistes déchus du gouvernement Ayrault II. Et après avoir tabassé plusieurs dizaines de personnages, je me suis senti apaisé et je me suis endormi après avoir lu plusieurs chapitres d’Histoire militaire.

Aujourd’hui, prendre le métro à Paris Austrerlitz (du temps où Bibliothèque-François-Mitterrand n’existait pas) a un autre goût, connoté d’autres souvenirs. Et prendre les transports en commun en général aussi. Entendre parler de la Libye me rappelle des conversations. Regarder Lawrence d’Arabie ou un film de guerre me rappelle tous ces livres prêtés. Je vis le mot de « parrain » différemment. Je le cherche dès que je vois des hommes avec le crâne dégarni.

La première question que je me pose chaque fois que je dois faire face à la mort d’un proche est de me demander si je vais arrêter de croire. Et à chaque fois, la réponse est non. Ma foi est toujours là et elle n’est pas modifiée. Pourquoi ? Est-il normal que je ne doute pas ? J’y réfléchirais plus tard.

Aujourd’hui, le temps est celui des questions. Pourquoi la chimiothérapie de mon parrain n’a pas été commencée le 6 janvier comme initialement prévu ? Pourquoi l’a-t-on laissé plusieurs jours sans rien lui faire ni lui dire ? Pourquoi refuse-t-on aujourd’hui de nous communiquer son dossier médical ? Je ferai la lumière sur cette affaire avec la même obstination qui me fait lutter quotidiennement contre les équipes de MEHLHORN.

Ce fut l’occasion d’une nouvelle dispute avec mon père quant au fait que les administrations publiques doivent se plier aux demandes légales des citoyens.Oui, mon parrain est mort et découvrir quoique ce soit ne le fera pas revivre. Mais sur le principe, j’ai le droit d’avoir certaines informations.

J’espère qu’on soigne encore même si on imagine le patient condamné. J’espère que l’argent de la Sécu est correctement utilisé et qu’il n’est plus réservé qu’à l’AME et à la CMU-C. Même si les religions sont les derniers gardes-fous du respect de la vie humaine, l’activité parlementaire fait que l’euthanasie sera bientôt une réalité.

Aujourd’hui, la vie continue. J’ai bien rigolé hier avec mes amies Jade et Lucie. J’ai continué à vilipender le député SAS et le maire MEHLHORN et ses équipes. Je vais transformer mes sentiments en force pour remporter la campagne des élections départementales.

Prochaine étape douloureuse : préparer les obsèques et les vivre.

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