J’apprends le décès de l’homme en noir, et cela me fait un petit quelque chose…
ARDISSON, c’était une insolence et une irrévérence qui permettaient d’approcher quelque chose de ou du vrai, dans des époques insipides, lisses et policées.
Mais c’était aussi des émissions savamment montées, parfois trop à mon goût, et la recherche du clash avant tout.
Il a perdu sa dernière émission, outre son conflit ouvert avec BOLLORÉ, pour l’affaire Corinne, qui opposait Éric ZEMMOUR, qu’il a participé à normaliser, à Hapsatou SY.
Et c’est lui qui a maintenu la séquence, alors qu’il connaissait l’envers de l’émission… Dommage.
Vu mon âge, je n’ai pas tellement connu les émissions du samedi soir autrement que par les rediffusions, mais cela changeait des passe-plats de RUQUIER et de SALAMÉ, qui n’ont malheureusement pas beaucoup d’intérêts.
On retiendra malgré tout ce qu’il appelait des « erreurs » avec les interviews Thierry MEYSSAN et Dieudonné.
Pour les plus jeunes, il avait aussi fait une connerie à mépriser Squeezie et les youtubeurs en général.
Toujours est-il que c’est lui qui a inventé une certaine formule, et une manière de faire une télévision, notamment avec les séquences annoncées par un jingle, lancé depuis une console, les pitchs… Et puis « Magneto Serge ».
ARDISSON, c’est aussi BAFFIE, et une répartie à toute épreuve ; c’est dommage qu’ils semblaient fâchés les derniers temps ; même si objectivement, la promo de ce dernier livre testament a été gâché par les regrets de BAFFIE.
Et en même temps, cela correspondait à une époque de la fin des années 1980, tournée en dérision par les Inconnus, avec la cocaïne, l’alcool et les filles.
C’est aussi Philippe CORTI, et plusieurs humoristes auxquels il a donné de la visibilité (Stéphane GUILLON…)
Je pense aussi à l’homme plus intime, élevé à la dure par un père, pour qui l’intégration passait par le renoncement aux origines italiennes, face aux insultes italophobes que se prenait l’enfant à l’école.
Ou au riverain de la rue de Rivoli qui ne voulait pas de kébabs dans sa rue, et qui houspillait HIDALGO, tout en donnant des leçons de morale aux autres…
Ou au royaliste, que je ne trouvais pour autant pas convaincant dans la défense de ce modèle, car un dictateur s’appliquait aussi pour le modèle qu’il défendait…
Ce que j’aimais chez ARDISSON, c’était en fait cette possibilité d’être surpris à tout moment, que je connais que je ne retrouverais pas chez d’autres.
Alors simplement merci pour les bons moments passés devant la télé.
Quand bien même c’était aussi et trop de télé-poubelle ; mais il n’y avait au moins pas cette hypocrisie de l’infotainment.
Je crois que c’est cela que j’appréciais le plus chez ARDISSON : cette absence d’hypocrisie.
Il était là pour l’argent, et nous étions prévenus, et libre de consommer !

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