Il est 11 heures 35, ce 6 novembre 2024, lorsque The Associated Press a proclamé Donald TRUMP vainqueur.
À ce stade, il a 5 millions de voix d’avance sur Kamala HARRIS. Il emporte donc aussi le vote populaire.
Il est largement en tête dans tous les états bascules ; il n’est donc même pas possible, comme en 2016, d’accuser la candidate écologiste d’avoir privé les démocrates de la victoire.
Les sondages qui prédisaient un scrutin très serré se sont donc trompés.
Moi-même, je pensais que TRUMP l’emporterait de justesse (270 contre 268 grands électeurs) grâce à la Pennsylvanie, la Caroline-du-Nord et la Géorgie.
Mais qu’il perdrait dans le Wisconsin, le Michigan, le Nevada et l’Arizona.
Je veux en tirer quatre enseignements.
1°) Les wokistes sont finalement très minoritaires.
Ayant accusé Kamala d’entente avec Israël contre la Palestine, ils se sont reportés sur la candidate écologiste.
Mais son score n’est finalement pas tellement meilleur que les autres élections.
En tout état de cause, TRUMP dépasse chaque fois la majorité absolue,
si bien que ce ne sont pas eux, à ce jour, qui auraient été en mesure de faire l’élection.
2°) Les minorités ne sont plus forcément démocrates.
On recule de 90 % de minorités démocrates à seulement 70 % (environ).
Mais c’est la même chose en France où la gauche a longtemps cru que tous les immigrés voteraient toujours pour elle.
Comme je l’écrivais la semaine dernière, les hommes noirs sont autant machistes que les hommes blancs, et ils préfèrent un président homme blanc à une présidente femme noire.
Il y avait en plus le problème que pour les suprémacistes noirs, Kamala n’est pas vraiment noire car à moitié indienne.
3°) TRUMP a gagné parce qu’il a parlé économie et sécurité, ce qui préoccupait les Américains, là où HARRIS a fait une campagne sur le sociétal, dont tout le monde se foutait.
Je ne crois pas que HARRIS ait perdu parce qu’elle n’a fait que 107 jours de campagne.
Je pense qu’elle a subi un effet CLINTON où à force d’avoir les célébrités, les élites et les médias avec elle, plus de croire que les minorités voteraient pour elle, elle s’est auto-persuadée de faire ce qu’il fallait.
Il y a aussi le problème que sa ligne n’était pas claire : elle faisait de l’anti-BIDEN tout en se réclamant de son bilan.
Les démocrates ont perdu parce qu’ils ont oublié d’être démocrate, et se sont enfermés dans l’outrance pour répondre à l’outrance.
4°) Les Américains ont préféré les idées aux personnes.
Même si je pense qu’ils étaient prêts à élire une femme ; et que le modèle du « self made man » qui vit le « rêve américain » continue de primer.
Les républicains n’en ont rien eu à faire des casseroles de TRUMP.
Ou alors, ce n’est pas pour autant qu’ils seraient allés voter pour celle qui représente l’inverse de leurs idées.
Les « traîtres » (républicains qui ont voté démocrate) ont été surmédiatisés, en tant qu’ils n’étaient vraiment pas nombreux.
Maintenant, la France a tendance à imiter les États-Unis d’Amérique.
Va-t-on voir un TRUMP arriver au pouvoir prochainement ?
Et surtout, notre gauche va-t-elle se faire dépasser par ses minorités ?
La défaite de Kamala est intellectuelle ; elle a fait une campagne sur des concepts quand TRUMP a fait campagne sur la réalité.
C’est aussi cela qui plombe la gauche française, à faire du wokisme, plutôt que d’être là pour changer la vie des gens.

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