Chaque dernier dimanche d’avril, les Français se souviennent des personnes déportées et des héros de la Résistance.
Cette année 2023, la Ville de Savigny-sur-Orge (Essonne) a décidé de mettre à l’honneur le souvenir des Saviniens juifs déportés pendant la guerre.
Elle a invité largement l’association cultuelle juive, qui est de tendance plutôt orthodoxe, et donné la parole à plusieurs de ses membres.
Je suis toujours dérangé lorsqu’on se met à parler d’extermination à l’occasion de cette commémoration, parce qu’on rentre alors tout de suite dans une lutte des mémoires ; et aussi quand les personnes utilisent le mot de « Shoah » plutôt que d’ « Holocauste ».
D’une part, parce que cela oublie que la politique génocidaire des nazis visait aussi spécifiquement les Roms et les Sinti.
D’autre part, parce que parler d’extermination fait finalement relativiser la déportation, et donc tend à faire oublier qu’à côté des 97 % de juifs déportés par la France, dont 1/3 étaient Français (sur 76 000 juifs morts en déportation, 24 000 étaient de nationalité française), que 54 % des autres personnes déportées par la France, ne sont pas non plus revenues, même si leur mort ne relève pas d’une politique d’extermination génocidaire (66 000 autres personnes ont été déportées par la France pour un motif différent de leur religion, dont 36 000 qui ne reviendront pas).
Et lors de cette commémoration locale, il y avait une maman qui a demandé à son fils qui devait avoir autour de 3 ans de se mettre au garde à vous « comme elle lui a appris », et il a fait le salut des militaires de Tsahal (l’armée israëlienne).
Sur le coup, j’ai été très choqué.
En premier lieu, parce que c’est de la manipulation d’enfant.
J’entends que si cette famille est israëlienne, alors cet enfant à sa majorité devra servir Tsahal, avec toutes les exactions commises par cette armée, qui est en même temps parfois bien patiente, mais enfin faire l’armée ne se résume pas à se mettre au garde-à-vous.
En second lieu, parce que cela dit quand même d’un refus d’appartenance à la communauté nationale française.
Et je pensais au fond de moi : « Vous nous détestez donc autant que cela ? »
Ils n’ont pas forcément tort, mais ils n’ont en tout cas pas raison. Mais pourqui alors ne pas faire leur alya ?
Du coup, cela m’a fait naître un doute sur le protocole applicable aux militaires à l’étranger.
Et j’ai écrit en service presse au ministère des Armées qui m’a adressé cette réponse :
En France, les militaires étrangers pratiquent le salut de leur pays d’origine.
À l’étranger, les militaires français pratiquent le salut français.
Donc les soldats, en tous lieux, pratiquent le salut de leur pays d’origine.


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