Bénéficiaire d’un seul parrainage, Florian PHILIPPOT renonce à sa candidature à l’élection présidentielle.
Alors, quelles que soient ses idées, force est de constater qu’il a quand même été capable de mobiliser sur son nom des dizaines de milliers de personnes les samedis après-midi, à un horaire où de très nombreux Français ont autre chose à faire, sur un sujet des plus clivant, rassemblant un public pour le moins divers, parce que faut vouloir aller manifester avec les zozos qu’on a vus à la télé, et le tout dans des conditions de manifestation et de répression qui sont devenues de plus en plus sensibles sous ce mandat.
Toutes ces personnes, mises ensemble, représentent une énergie formidable. Partis et syndicats ne sont plus capables de mobiliser autant, d’aussi loin et en même temps.
Elles portent des idées que des sondages évaluent comme partagées par 13 à 14 % de la population.
Elles auraient pu aller démarcher des maires et avoir leur candidat à la présidentielle ; d’autant que le mouvement se porte d’autant mieux en province où il existe encore une solidarité, davantage que dans les métropoles dans lesquelles règnent indifférence et individualisme.
Et pourtant, et on l’avait déjà vu au moment des tentatives de structuration des Gilets jaunes, ces gens sont incapables de s’organiser et de faire de l’entrisme dans le « système » pour le détourner en leur faveur !
Il y a certes, pour beaucoup, anarchistes dans l’âme, un refus de toute forme d’organisation constituée.
Il y a encore beaucoup de déception, de la part de gens qui se sentent trahis depuis des dizaines d’années, et qui ne croient même plus pouvoir faire changer les choses par eux-mêmes. Bref, ils gueulent juste.
Et puis, il y a en fait, des gens qui ne sont pas si convaincus ou engagés que cela.
Parce que finalement, tu vas manifester, tu passes ton après-midi avec des gens qui pensent comme toi et c’est d’autant plus sympa s’il fait beau, surtout quand cela se passe bien. Il y a une ambiance, tu fais groupe, tu te sens exister et appartenir à quelque chose de plus grand que toi. Tu fais des photos, tu spammes ton entourage, tu envoies des SMS et des WhatsApp.
Mais après ?
L’État s’en fout que tu manifestes ; il ne va pas changer de position.
Et toi, tu as l’impression d’avoir fait quelque chose, qui n’a pourtant objectivement servi à rien, et n’a convaincu personne d’autre que des gens déjà convaincus, et énerver des personnes déjà en colère.
Ce que je pense de plus en plus, mais aussi parce que je le vis autour de moi, c’est que les manifestants du samedi sont en fait des « combattants de papier » ou des « combattants en carton ».
Mais dans la réalité, quand tu vas avoir besoin d’eux pour un vrai recours contre le passe sanitaire ou vaccinal, ou pour aller démarcher des élus pour avoir des parrainages, ou même confronter tes idées et qu’il te faut sortir de ton cercle d’amis, ou de ton milieu des copains du samedi, tu vois qu’il n’y a plus personne.
C’est donc à la fois heureux pour la démocratie, parce qu’en fait, ces opposants n’en sont pas. Ils rentrent dans le rang au premier coup de baguette.
Mais aussi terriblement malheureux pour le combat des idées, parce que ces gens ne sont finalement pas convaincus. Ils cherchent juste un prétexte pour exprimer une colère.
Mais attention parce qu’ils sont de plus en plus nombreux, et que nous ne sommes pas à l’abri de trouver un politique plus fort que PHILIPPOT, qui saura convertir ce pouvoir en force de frappe électorale.


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