Mais quelle hypocrisie dans cette application indigne et sélective du droit international !
Commençons donc par définir les termes en jeu ici :
c’est où le Donbass et c’est quoi le droit à l’autodétermination ?
Le Donbass est une région géographique, située entre l’Ukraine et la Russie, peuplée à égalité de Russes et d’Ukrainiens ; région qui se découpe ensuite dans sa partie ukrainienne en deux subdivisions politiques : Louhansk (parfois aussi orthographiée Lougansk) au Nord et Donetsk au Sud.
À relever que les républiques autonomes sécessionnistes ne recouvrent pas les territoires de l’intégralité des oblasts de Louhansk et Donetsk, mais seulement une petite partie, équivalente à la moitié.

Parlons maintenant droit international, et notamment droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, aussi appelé droit à l’autodétermination, concept formalisé pendant la Première guerre mondiale, puis exprimé pour la première fois dans les Quatorze points de WILSON, président états-unien, en 1918 puis repris dans la charte constitutive de la Société des nations, ancêtre de l’Organisation des nations unies.
Et rappelons que ce droit s’oppose également à d’autres principes fondamentaux du droit international que sont la souveraineté d’un pays et l’intégrité territoriale.
C’est bon, ce n’est pas la première contradiction dans le droit, mais on est plus à une près…
Dans l’Histoire récente, on a légèrement eu tendance à utiliser ce premier droit lorsqu’il nous arrangeait et à finalement ne pas trop se soucier des seconds principes.
Par exemple pour démanteler les empires de la Triple Alliance en 1919 par les vainqueurs de l’Entente, puis les empires coloniaux européens en 1960 par les deux superpuissances.
Même si finalement, ce premier droit s’est effectivement imposé depuis la chute de l’URSS, ce qui a par exemple abouti à la création du Kosovo en 2008 ou du Soudan-du-Sud en 2011.
Et ce qui cause également que l’ONU nous rappelle, assez régulièrement, que la Nouvelle-Calédonie est un territoire non autonome sous occupation, tout comme la région du Sahara espagnol du Maroc…
Ainsi donc, suivant cette logique historique, c’est bien le principe d’autodétermination qui devrait s’appliquer ici.
En gros, on devrait pouvoir dire aux habitants du Donbass qu’ils organisent un référendum pour ou contre leur indépendance de l’Ukraine.
Et sans même besoin de le truquer, l’indépendance l’emportera. Seulement, elle l’emportera à 60 % et pas à 90 % selon les chiffres officiels qui nous seront donnés ultérieurement ; les paris sont ouverts.
Sauf que parce que c’est le grand méchant POUTINE, il ne s’appliquera pas ici… Bonjour chez vous !
Depuis que la crise du Covid faiblit, j’ai perdu mon expertise de l’université de Facebook en virologie et en droit des libertés, mais j’en ai gagné une nouvelle en relations internationales.
Je suis donc assez effaré par tout ce que je peux lire sur ce qui se passe en Ukraine, tant par des géopolitologues que par des membres du Parlement européen, de gens qui ne comprennent pas POUTINE.
Le président dictateur russe va effectivement pousser à l’indépendance organisée du Donbass, au moyen d’un référendum, pour en faire ensuite une république de Russie (ou deux s’il conserve la distinction Louhansk et Donetsk), rattachée à la fédération de Russie, par un second référendum.
Parce que la prochaine étape à venir dans les semaines qui s’annoncent est que les deux nouvelles républiques autoproclamées vont demander leur rattachement officiel à la fédération de Russie.
Il y aura alors un autre référendum, qui là aussi, sans besoin qu’il ne soit truqué, parce que c’est juste de la mathématique basée sur de la démographie ethnique, va donner le résultat d’une volonté de rattachement.
Car ce qui intéresse POUTINE, ce n’est pas de reconstituer l’empire russe de 1914 ; il s’en fout des républiques baltes par exemple parce qu’elles ne sont pas peuplées de Russes, mais bien de rassembler tous les Russes au sein de sa fédération.
Par contre, je pense que POUTINE ne dirait pas non à récupérer tous les morceaux voisins de la Russie qui sont actuellement peuplés de Russes, suivant une même logique.
Sauf que c’est moins évident qu’au Donbass, dans lequel les Russes sont dominants à près de 50 %, et dans tous les cas la première ethnie représentée.
Tout simplement.


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