À l’issue du documentaire, on aurait quand même envie de répondre : en Afrique-du-Sud. Même si l’on devine aisément qu’il n’y en a là qu’une faible partie (seulement 12,5 milliards de dollars libyens). Bien sûr, je ne parle pas de ceux offerts à SARKOZY !
Ce film qui dure 90 minutes est particulièrement intéressant, outre son aspect thriller, entre espions, ministres, marchands d’armes et autres barbouzes, mais encore photos compromettantes sur Blackberry déchargé, procès-verbal de réunion secrète avec le président rangé dans la voiture, témoins qui se rétractent ou ne veulent plus parler, fusillade en pleine rue et vol d’ordinateur portable contenant des données prétendument uniques…
Pour ce qu’il nous apprend de la politique étrangère de KADHAFI et davantage des liens, relativement méconnus entre l’ANC (le parti de Nelson MANDELA en Afrique-du-Sud) et la Libye.
Il est disponible en replay jusqu’au 18 juillet 2021 :
https://www.arte.tv/fr/videos/088469-000-A/ou-sont-les-milliards-de-kadhafi/
Ce documentaire se comprend mieux en regardant aussi le film que Arte proposait après sur l’état de corruption généralisé en Afrique-du-Sud.
En fait, il faut bien comprendre le projet africain de KADHAFI qui voulait devenir roi d’Afrique.
D’où qu’il essayait de favoriser des régimes africains qui soient favorables à ce projet.
C’est notamment pour cela qu’il finançait le parti de MANDELA, dont on apprend que celui-ci avait donné le nom de KADHAFI comme prénom, à l’un de ses petits-fils.
Puis également qu’il finançait les rebelles tchadiens qui ont quand même eu la peau du président du Tchad il y a trois jours ; pour la plus grande joie de son fils de 37 ans qui va s’empresser de perpétuer la dictature familiale.
Et donc on découvre notamment comment KADHAFI, lorsque le secrétaire général de l’ANC et président de la République d’Afrique-du-Sud, Thabo MBEKI, qui avait succédé à MANDELA, s’est opposé à ce qu’il devienne roi d’Afrique, a financé son opposant au sein de l’ANC, Jacob ZUMA, qui a pris sa place de secrétaire général du parti puis de président de la République.
La suite est connue : en 2009, KADHAFI est élu président de l’Union africaine. Il essaie d’en changer le nom et trouve sept fantoches qui lui accordent le titre de roi des rois traditionnels d’Afrique. Son délégué au Commerce n’est autre que le nouveau président Sud-africain.
En février 2011 éclate la Révolution libyenne. KADHAFI expédie ses avoirs un peu partout en Afrique, chez ses amis dictateurs et autres soutiens, qu’il a achetés et financés, et notamment en Afrique-du-Sud. Mais il ne reverra jamais cet argent, puisqu’il est assassiné en octobre 2011.
Il faut quand même relever, et l’extrait avec MANDELA qui chute de son piédestal est assez révélateur, que KADHAFI était apprécié en Afrique et que l’Union africaine essaiera de le sauver autant qu’elle peut jusqu’au bout, et que même après sa mort, elle ne le rejettera pas.
Pendant ce temps, la Libye est toujours aussi pauvre et continue de se déchirer entre deux factions rivales (l’une soutenue par l’ONU et la Turquie contre l’autre soutenue par la Russie et l’Égypte). Et finalement, le fils de KADHAFI semble le seul recours pour restaurer l’unité du pays.



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