Entre les agressions à la sortie des lycées et les bandes rivales, de jeunes et de moins jeunes, qui se foutent sur la gueule, le fait est que l’insécurité progresse en Essonne..
Non seulement par le nombre d’atteintes aux personnes, qui repart à la hausse, mais également par la violence des attaques, qui se traduit maintenant par des morts.
Et tous nos braves politiques locaux qui ont pris l’habitude de lutter contre l’islamisme avec des fleurs, des bougies, des peluches et des rassemblements, de présenter leurs condoléances aux familles (cela ne coûte rien) et d’écrire qu’il est enfin temps de se saisir de ce problème.
Mais je croyais pourtant qu’ils s’étaient réunis sur la Place Davout ? Cela n’aurait-il pas fonctionné ? Que faisaient-ils jusque-là pour que nous en arrivions là sans voir la chose arriver ?
Avec quand même ce problème générationnel que les boomers continuent de croire que les immigrés et descendants d’immigrés sont ceux qu’ils ont connu en 1960, qui acceptent de se faire insulter et mépriser et disent en plus merci. Cela n’est plus vrai aujourd’hui !
Je trouve assez pertinent de comparer la politique de la République française pendant la Guerre d’Algérie, parce que je l’ai un petit peu étudié, et ce qui passe maintenant en métropole.
Quand la France s’est rapidement rendue compte qu’elle ne pouvait plus contrôler l’ensemble du territoire algérien, notamment parce qu’elle ne pouvait plus assurer la sécurité de certains de ses fonctionnaires, elle a rassemblé tous les services publics dans les grandes villes.
Et la conséquence, outre la récupération par la propagande des mouvements indépendantistes qui y voyaient une victoire sur le terrain dans ce recul de la République, est que la France a perdu encore plus vite ces territoires provinciaux négligés et finalement oubliés.
En Essonne, le fait est, d’une part, que nous ne sommes plus capables, du fait de choix politiques et économiques, de tenir 15 commissariats de plein exercice.
Et d’autre part, que nous sommes complètement dépassés par des zones sur lesquelles certains s’affranchissent ouvertement des lois de la République.
Et donc pour faire croire qu’on va mieux s’occuper de ces zones ; sur lesquelles à la fois la réponse sécuritaire n’est qu’une faible partie de la solution et en même temps on ne fera jamais réellement rien parce qu’on préfère une économie souterraine qui participe à faire vivre un quartier, que pas d’économie du tout, on mutualise les commissariats à six.
Moyennant quoi ce sont neuf zones supplémentaires dans lesquelles la République recule, pour se redéployer non pas sur six super zones mais sur six zones simples sur lesquelles l’effet recherché se fait toujours attendre.
Oui, aujourd’hui, il y a plus de Police à Grigny. Mais du coup, non seulement Grigny continue de poser problème. Sauf qu’en plus, on a les bandes de Grigny, qui sont celles qui viennent attaquer les lycéens de Savigny, qui étant dérangés chez elles, viennent à Savigny, où il n’y a plus la Police qu’on a envoyé à Grigny. C’est le serpent qui se mort la queue…
C’est-à-dire qu’au lieu d’avoir des zones identifiées d’insécurité, sur lesquelles on pourrait réellement travailler à l’échelle économique et sociale, sans filer tout un argent à des bailleurs voleurs, à des associations corrompues et à des travailleurs branleurs, on fait le choix délibéré de saboter les zones sur lesquelles il y avait peu de problèmes jusque-là.
Les réformes de mutualisation des commissariats ne sont pas neuves.
Et quand il a été décidé d’en appliquer une sur l’Essonne, elles avaient déjà toutes échouées dans d’autres départements comme dans les Yvelines.
Et pourtant, nous l’avons fait. Et nous n’envisageons pas une seconde de revenir en arrière alors que nous savons que ces mouvements sont contre-productifs.
Nous n’avons pas besoin de super-groupes d’intervention, surtout quand on connaît l’administratif préalable à ce type d’opérations, avec la limite qu’il vaudrait mieux des groupes spécialisés à l’échelle régionale pour de grosses opérations.
Ah oui, mais on vous dira que ces groupes ne connaissent pas le terrain, comme si les policiers en résidence, pour la moyenne du temps qu’il reste sur un poste, avaient le temps de connaître ce terrain…
Non, nous avons besoin d’une présence policière qui ne soit même pas là pour dissuader mais pour rappeler que nous vivons en République et qu’il y a des règles à respecter avec des sanctions pour ceux qui ne les respectent pas.
Mais comme la République recule progressivement, les gens finissent par l’oublier et se comportent comme ils veulent ; et les difficultés de la chaîne pénale n’expliquent pas tout.
Avec en plus ces imbéciles de citoyens qui réclament des polices municipales et des voisins vigilants, au mépris le plus fort de l’article XII de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789… Sans parler des caméras et des radars.
Et donc Beauvau qui s’en va dire aux gens qu’il y a plus de sécurité à leur service. Oui, mais de la fausse sécurité, à la fois sécuritaire et en même temps inefficace.
Quand dans n’importe quel jeu de simulation vous essayez de créer la ville idéale, vous y mettez son commissariat de plein exercice.
En Essonne, pour 1,2 million d’habitants, on a décidé de passer le nombre de commissariats de 15 à 6 soit un commissariat pour 200 000 personnes, contre un pour 80 000 habitants.
On nous dira bien qu’il y a toujours des postes de police mais nous voyons bien leur inefficacité et leur impuissance, à simplement pouvoir prendre des plaintes.
D’autant qu’il n’y a réellement aucune économie dans cette réforme, et au contraire plus de difficultés pour que tel service se rende sur tel lieu, forcément plus éloigné.
Comme toujours, tout cela manque d’une vision à long terme. Or, n’oublions pas que là où nous laissons s’installer l’insécurité aujourd’hui, par absence de sécurité, sera là où nous aurons plus de problèmes demain…
Je n’ai pas la solution pour arrêter les guerres de bandes en Essonne mais j’affirme que réaffirmer l’autorité républicaine partout en Essonne, par un maillage localisé et de proximité des symboles et des forces de l’ordre, est une première réponse.

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