Pendant 1 heure 30, des anciens employés des géants de la tech se succèdent pour nous expliquer les ravages des réseaux sociaux.
Le plus intéressant, à mon sens, au-delà de la « sincérité » des regrets de ceux qui ont créé ces outils, étant qu’ils affirment interdire eux-mêmes à leurs enfants d’être dessus, ce qui trahit bien la « dangerosité » de la chose !
En même temps, on sait bien que les nouvelles technologies éducatives, comme le tableau blanc, n’intéressent pas tant que cela dans le privé qui forme pourtant l’élite…
Le documentaire commence par une citation de SOPHOCLE sur les ravages de l’excès.
Tout l’enjeu est que les réseaux sociaux sont quelque chose de formidable dès lors qu’ils demeurent un outil, et surtout que leurs utilisateurs ont l’esprit critique nécessaire pour analyser les informations qu’ils reçoivent. La menace, en soi, n’est pas la technologie mais ce que ses usages révèlent de l’humain.
Oui, nous vivons une drôle d’époque avec des gens individualistes qui de fait, se sentent de plus en plus seuls et vides. Ils n’écoutent plus les autres, ils ne font plus confiance, ils se tribalisent. Ils vont rechercher des vérités sur internet (et nous payons la manière dont nous avons vilipendé les religions lorsqu’elles s’érigeaient en seule vérité) parce qu’ils ne les trouvent plus ailleurs.
Ce sont des algorithmes qui influent les grandes décisions à l’échelle du monde et des technologies, pensées dans un cadre idéologique ultra-libéral, qui ne cherchent en fait qu’à financiariser et revendre nos données. Sauf qu’il n’y a encore aucune règle ou régulation pour les contrôler.
Le documentaire pose des questions intelligentes comme la raison pour laquelle nous recevons des mails de notification et pas directement la notification. Il montre que les réseaux sociaux, utilisés par les dictatures qui les limitent contre les démocraties, ne piratent pas mais utilisent les propres failles des réseaux sociaux pour arriver à ses fins.
Dix ans après Michel SERRES dans Petite Poucette, il en arrive aussi au constat que les évolutions technologiques de la société vont trop vite par rapport aux capacités d’adaptabilité du cerveau humain, même si la génération Z née après 1996 n’a pas forcément ce problème parce qu’elle ne connaît que ce paradigme.
Personnellement, j’ai peur des réseaux sociaux qui rendent les gens complètement cons. Je ne pense pas que je connaîtrais une intelligence artificielle qui soit aussi voire plus intelligente que l’humain, du genre Skynet dans Terminator. Mais je trouve qu’on perd un temps fou, loin de la vraie vie. C’est pourquoi j’ai arrêté d’avoir mes réseaux sociaux et je réfléchis aussi à arrêter internet sur mon portable.
Le documentaire finit par quelques conseils pour résister aux ravages des réseaux sociaux : bloquer les cookies, taxer les données, utiliser Qwant plutôt que Google, refuser les vidéos recommandées, se désabonner des notifications, vérifier les sources, refuser les liens pièges à clics, se forcer à aller lire, limiter l’usage aux enfants et éteindre tout écran la nuit, voire quelques heures avant de dormir.

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