- Je trouve finalement fascinant qu’on laisse prospérer Amazon qui est une entreprise en déficit permanent, laquelle organise volontairement le fait de ne pas être rentable, tout en étant capitalisée par des actions toujours mieux côtées… Mais quand c’est cette entreprise qui contrôle les services informatiques de la CIA et du gouvernement britannique, peut-on encore lutter ?
- Intéressantes révélations sur la personne de Jeff BEZOS. Tout le storytelling qu’il a mis en place pour faire croire qu’il partait de rien. Et puis son libertarisme avec d’un côté tous les dons qu’il fait pour se faire bien voir de la gauche, pour la dépénalisation de la drogue et les combats des minorités, et de l’autre, son comportement droîtard d’ultra-libéral qui veut que le marché contrôle les gouvernements, et donc détruire les états qui le gênent parce qu’ils veulent lui faire payer des impôts.
- Je ne suis pas d’accord que c’est la fin de la guerre froide qui a permis les réussites individuelles autour de l’internet. Le néo-libéralisme, pensé dans les années 1970, s’est appliqué avec force avec THATCHER et REAGAN dans les années 1980 ! C’est juste que la technologie ne suivait pas encore.
- Pas d’accord non plus avec le mythe du commerce qui garantit la paix, alors que le commerce est et à toujours été le responsable de la plupart des guerres, notamment de la première guerre mondiale.
- Le marché est-il réellement le centre du village ? Même si Patrick BOUCHERON, qui était mon prof à la Sorbonne, en fait un élément caractéristique de l’urbanité au Moyen-Âge, je ne sais pas et je ne suis pas convaincu.
- Si ce n’est pas Amazon qui a tué le petit commerce, parce qu’il y avait déjà la grande distribution avant, il n’aide pas non plus à survivre ceux qui restent…
- Ces livreurs obligés de réactualiser toutes les 10 secondes en attendant une nouvelle commande…
- Amazon est l’entrepôt du monde. La victoire ne pourra pas venir d’un entrepôt plus grand qui serait Alibaba (avec le risque d’en faire un nouvel Amazon), mais plutôt de l’émergence de petits entrepôts locaux spécialisés.
- Oui, c’est bien la techno-panique qui donne ce sentiment de confort à utiliser Amazon. Qui établit l’urgence comme un besoin. Qui créée par défaut une impression de rentabilité, alors que c’est exactement comme l’agriculture bio qui n’est pas plus coûteuse que la classique ou la modifiée. Et qui en même temps nous laisse confier à un assistant virtuel ce que jamais nous ne ferions avec un assistant humain.
- Pour finir sur une note d’optimisme, je pense effectivement que l’éducation est la solution, et qu’il faut casser cette idée que la responsabilité serait collective, donc qu’on ne peut rien contre Amazon parce qu’il y aura toujours des gens qui achèteront avec eux. Non, j’affirme que c’est bien le boycott individuel qui cassera leur croissance, et finira par les tuer.

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