Ma vision du Conseil municipal des jeunes, et je n’en prévois rien de moins que trois si je suis élu, c’est un lieu pour qu’une classe d’âge, qui n’est pas représentée du fait des élections (alors que 25 % des Saviniens ont moins de 18 ans et 33 % ont moins de 25 ans) puisse faire remonter leurs problèmes à leurs niveaux.
Or, à Savigny-sur-Orge, en Essonne, ce sont des faire-valoir du maire, et tous les vieux de tomber d’admiration devant eux parce que oui, des jeunes de 10 ans savent encore lire, ou que certains ont un sens civique plus développé que d’autres, comme les petits enfants qu’ils rêveraient d’avoir. Et puis, ils sont tellement mignons (oups, le dernier propos qui va me faire passer pour un pédophile…)
Bref, oui Bastien a très bien lu le message de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP), et MEHLHORN lui a même dit qu’il aurait droit à une double ration de jus d’orange !
Et oui, aussi c’était attendrissant ce petit gamin qui va saluer les porte-drapeaux, là où les autres élus présents n’ont pas eu cet honneur, ce qui doit quand même nous interpeller…
Et oui, Bernard BLANCHAUD, le CMJ dispose bien d’un drapeau offert par le Département, et non, je m’en fous qu’ils ne l’aient pas sorti ce jour.
Car tout le problème est que ce n’est pas le lieu.
Pas plus que la messe n’est le lieu pour faire faire la quête ou les lectures aux enfants.
Qu’est-ce que Bastien a compris du message qu’il a lu ?
Certes, on ne va pas aller loin, si on attend de trouver un ancien déporté ou un ancien interné pour lire ce message.
Mais respectons l’instant en ne faisant pas lire ce message par des enfants, par honnêteté intellectuelle, et parce qu’ils ne peuvent pas comprendre tout ce qu’ils lisent.
Et non, les anciens combattants, cela ne préjuge pas que vous aurez plus de monde à vos commémorations, ou de futurs porte-drapeaux, parce que vous faites ainsi participer les enfants. Regardez le bilan depuis le premier CMJ en 2011 (à part Dimitri BARBEY qui ne me semble en plus pas être le meilleur exemple…).
Un ami chercheur me fait la synthèse des conclusions des sociologues et des anthropologues sur le sujet : les commémorations sont des cérémonies impossibles parce que l’objet commémoré est une illusion qui n’a plus grand chose à voir avec l’événement ; en d’autres termes, il s’agit d’une reconstruction*.
Toujours est-il que moi maire, je n’utiliserai pas le CMJ pour cela…
* « Revisiter la commémoration. Pratiques, usages et appropriations du Centenaire de la Grande Guerre (Revisiting Commemoration), Colloque international, 24-25 mars 2016, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Archives Nationales, Paris. https://calenda.org/344561
Comité d’organisation : Sylvain ANTICHAN (Labex PasP), Isabelle CHAVE (Archives Nationales), Sarah GENSBURGER (CNRS -ISP), Benjamin GILLES (BDIC), Rosine LHEUREUX (Archives Nationales), Jeanne TEBOUL (Labex PasP), Valérie TESNIÈRE (BDIC), Sofia TCHOUIKINA (Université Paris Saint Denis).
Extrait : « Quels sont les publics scolaires des commémorations, ce « jeune public », souvent captif, souvent considéré comme l’indicateur du « succès » ou de l’ « échec » de tel ou tel événement commémoratif ? »



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