LE SAVINIEN TAQUIN

Le libre journal d'Olivier VAGNEUX · 06.51.82.18.70 · olivier@vagneux.fr

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Grand débat à Grand-Vaux : comment réparer la fracture démocratique et citoyenne à Savigny-sur-Orge ?

Faut-il écrire mieux vaut tard que jamais ? C’est très bien de consulter les habitants de Grand-Vaux, au moment du Grand débat, sur les thèmes de la démocratie et de la citoyenneté. Sauf qu’au quotidien, la démocratie n’a pas été très présente dans la construction du projet de rénovation du quartier. Et que les habitants de Grand-Vaux sont davantage des citoyens entièrement à part, que des citoyens à part entière !


Voici, dans le désordre, quelques unes des attentes qui ont été exprimées par les habitants :

– Ne plus être pris pour des cons, et particulièrement au moment des élections.

– Qu’on arrête de faire sentir aux habitants issus de l’immigration qu’ils ne seraient pas Français.

– Qu’on arrête de les déconsidérer en les traitant de « cas sociaux » ou comme Monsieur le maire de Savigny auprès de trois parents, leur dire qu’on ne peut pas prendre leurs enfants en apprentissage dans la Commune, « parce qu’on ne va pas accueillir toute la misère du monde ».

– Que la Police arrête de provoquer la population, et particulièrement les jeunes.

– Que la Mission locale propose de vraies alternatives aux jeunes de 16 à 25 ans, sinon qu’on repousse l’âge obligatoire de fin de l’école.

– Qu’on facilite la recherche de stages 3e, d’alternances et de contrats d’apprentissage.

– Qu’on mette des moyens contre le décrochage scolaire, et pour raccrocher ceux qui sont sortis du système scolaire.

– Qu’on rouvre dès maintenant des commerces de proximité et qu’on mette en place une navette flexible pour les courses, tout comme il existe le Service d’aide à la mobilité (SAM) pour les séniors.

– Qu’on mette en place une navette pour emmener les jeunes au foot.

– Qu’on les autorise à pratiquer du futsal en soirée dans le gymnase.

– Qu’on leur laisse un accès libre à la salle de musculation, tout en respectant la sécurité.

– Qu’on permette en confiance à des bénévoles de se substituer à des employés communaux pour rendre le service public que la Ville ne veut pas prendre à sa charge.

– Qu’on change le profil des animateurs de la maison de quartier et des éducateurs spécialisés.

– Qu’on élargisse le service de la maison de quartier.

– Qu’on réinvestisse la population, et particulièrement les locataires, dans le projet de rénovation.

– Qu’on élargisse le conseil citoyen aux jeunes et aux habitants motivés.

– Qu’on assouplisse les horaires des écoles pour permettre aux parents de récupérer leurs enfants sans courir.

– Qu’on mette plus de moyens pour les écoles, et qu’on renforce l’aide aux devoirs.

– Qu’on prenne plus en compte ceux qui ne parlent pas et n’écrivent pas le français.


Aujourd’hui, à Grand-Vaux, la population est en colère. Elle a la rage. Elle ne supporte plus ces inégalités qu’elle constate, par exemple dans l’attribution des dérogations scolaires. Elle ne veut plus être obligée de monter à l’hôtel-de-ville pour se faire entendre, et être fichée par la même occasion. Elle voudrait que ce soient les élus qui descendent pour écouter les projets qu’elle veut porter. Elle veut être écoutée, mais aussi entendue, donc que cette écoute débouche sur du concret. Et elle ne supporte plus ce relativisme qui consiste à lui dire qu’elle n’a pas à se plaindre parce que d’autres quartiers ont aussi des problèmes. Elle a une approche négative des élections, parce qu’elle est désabusée et qu’elle n’y croît plus. Et oui, elle s’interroge de savoir si on peut encore obtenir des résultats sans rapports de force, et sans dégâts.

Ce lundi 04 mars 2019, ils étaient une vingtaine d’habitants du quartier à s’être retrouvés pour dénoncer cela. Pour dire que cette fracture sociale et territoriale que la France rurale ou périphérique semble découvrir avec les gilets jaunes, pour eux, cela fait des dizaines d’années qu’ils la subissent.

Ils ont assez vite écarté la fiche officielle du grand débat parce que leur problème, c’est davantage ce qu’ils vivent au quotidien, et pas, comme voudrait nous le faire entendre le Gouvernement, les institutions, le nombre de parlementaires, le communautarisme, les atteintes à la laïcité, l’immigration, l’intégration, et les méchants citoyens qui ne voudraient que des droits sans les devoirs qui vont avec.


À quoi sert un état s’il n’est plus souverain, et qu’il n’agit plus pour sa population ?

Quelle démocratie possible quand il n’est plus possible de s’exprimer que lorsque l’État nous donne la parole ?

Quelle citoyenneté possible quand il n’y a plus d’égalité entre les citoyens, et qu’on laisse toutes les inégalités se creuser, à commencer par les écarts de richesses ?



Une réponse à « Grand débat à Grand-Vaux : comment réparer la fracture démocratique et citoyenne à Savigny-sur-Orge ? »

  1. Avatar de Irène Lopes
    Irène Lopes

    Bravo Mr Vagneux,
    En résumé de la CONSIDÉRATION, pas qu’au moment des différentes échéances électorales.

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