Il y a des gens qui s’imaginent qu’on pourrait « ressusciter » leurs proches en les clonant. Un peu comme dans Spider-Man, quand Gwen Stacy est tuée puis qu’elle est clonée pour piéger Spider-Man, en revenant dans sa vie comme si de rien n’était. Pourtant, plusieurs arguments scientifiques et sociologiques me donnent à penser que cela ne serait de toute façon pas pareil. Car nous ne sommes pas seulement qu’un corps ou un génome.
En premier lieu, il convient de s’intéresser aux méthodes de clonage humain.
La méthode la plus répandue, et la seule qui ait véritablement fonctionné pour donner naissance à des clones viables, est celle du clonage par transfert nucléaire.
On prend un ovocyte. On lui enlève son noyau et on le remplace par un autre noyau. Puis on conduit l’œuf ainsi créé à maturation.
Autrement dit, le mec qui veut retrouver son pote qui avait 30 ans, il ne pourra pas parce qu’on ne recrée pas un humain de 30 ans, mais un bébé de 0 an, avec le génome du mec de 30 ans, et nous allons le voir l’âge chromosomique du mec de 30 ans…
Et à ce jour, il n’est en plus pas possible de conserver ou de transférer à un clone la mémoire du mec de 30 ans…
En deuxième lieu, il convient de prendre en compte les résultats des premières expériences de clonage sur les animaux.
En clonant un animal à un âge A, on capture son information génétique à cet âge A, marqué par la détérioration naturelle des télomères (extrémité des chromosomes qui se réduisent avec l’âge et témoignent du vieillissement du corps).
Autrement écrit, l’animal B va naître en ayant les chromosomes âgés de la durée de vie de A, et il va non seulement connaître un vieillissement prématuré, mais a priori, vivre moins longtemps qu’aurait vécu A naturellement.
En troisième lieu, nous appréciions X par rapport à ce que nous avions vécu avec lui.
Mais le clone de X n’aura aucun de ces souvenirs !
Et le clone de 2018, qui va naître dans un autre milieu, dans un environnement connecté, et aussi plus pollué, ne vivra pas de la même façon que le mec de 1988.
Et sinon, et entre temps, c’est nous qui aurons changé.
Donc il n’évoluera pas pareil, et il ne sera pas possible de retrouver la personne que nous recherchions par le clonage.
Dès lors, quand bien même, nous arriverions à enregistrer nos mémoires et à les transférer sur le clone, l’âge et le conditionnement dans un nouveau milieu fait que les clones ne seraient pas tout à fait les mêmes.
De la même manière que le corps du clone reste sensible aux évolutions génétiques néfastes, comme le déclenchement d’un cancer, qui pourrait frapper ce clone sans avoir touché X ni d’autres clones de X.
Contre tout cela, il faudrait trafiquer l’ADN des personnes, par exemple pour empêcher la dégradation des télomères, auquel cas nous ne serions plus humains car plus mortels. Même si cela pose la question de savoir si l’humain ne peut pas être immortel.
Il faudrait sinon arriver à une société déshumanisée dans laquelle tous les Hommes sont conditionnés dans le même milieu et qu’ils évoluent tous de la même manière, et là encore, je pense que ce n’est plus humain.
C’est pour ces différentes raisons que je pense que le clonage humain n’est pas possible pour retrouver un proche. Y compris un animal, et si le chat cloné sera gentil avec vous, ce n’est pas parce qu’il vous reconnaîtra, mais parce que c’est un chat !
Personnellement, j’ai du mal à en voir l’intérêt parce qu’il me semble que nous sommes déjà nombreux sur Terre. Pour faire des armées de Jango FETT, comme dans Star Wars, avec des clones auxquels on ne demande que de se battre ? Mais cela se révèle très coûteux…
En France, les réflexions portent uniquement sur le clonage thérapeutique et non pas sur le clonage reproductif. Mais là aussi, est-ce humain de créer des doubles embryonnaires de chacun pour avoir une banque à organes de rechange via les cellules souches ? Je ne le pense pas…
À vos propres réflexions.

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