LE SAVINIEN TAQUIN

Le libre journal d'Olivier VAGNEUX · 06.51.82.18.70 · olivier@vagneux.fr

,

Mon avis porté au registre de la concertation sur le projet de Grand-Vaux

Vite écrit. J’ai été pris par le temps…

J’ai donc bâclé la dernière partie listant tous les défauts de l’actuel projet…


Olivier VAGNEUX

75, rue du Bicentenaire de la Révolution française

91600 Savigny-sur-Orge

06-51-82-18-70

olivier@vagneux.fr


Objet : Avis DÉFAVORABLE au projet de renouvellement urbain de Grand-Vaux


Savigny-sur-Orge, le 24 août 2018


Avant propos

De manière liminaire, je dénonce la mascarade démocratique que constitue cette « concertation », sans aucune valeur légale !

Celle-ci est d’autant plus questionnante qu’elle délégitime finalement la concertation officielle qui s’est tenue depuis 18 mois.

Car c’est donc que le projet n’a pas été si concerté, qu’il y a de nouveau besoin de redemander son avis à la population sur le rendu de la concertation…

Dès lors, je condamne toute récupération perverse qui pourrait être faite de l’absence de réponse des Saviniens en tant que légitimation du projet de rénovation urbaine proposé en date du 18 avril 2018, au nom du principe que « Qui ne dit mot consent ».

Je précise que je me suis longuement interrogé quant à l’opportunité de participer à cette concertation truquée, et donc de lui donner corps.

Je me suis néanmoins résolu à écrire pour exprimer mon opposition franche au projet, et résumer des arguments que j’avancerai contre le futur protocole de financement du projet.


Mon avis se divisera en deux parties : une première qui soulèvera les problèmes de forme rencontrées avec cette concertation, et une seconde qui évoquera tous les problèmes de fond du projet.


I. Sur la forme : une fausse concertation

La concertation officielle étant terminée, et le projet étant déjà dans les mains de la Direction départementale des Territoires de l’Essonne, et de l’ANRU, on s’étonnera de la pertinence que peuvent avoir toutes les remarques portées au cours de cette nouvelle phase de concertation.


I. 1 – Une concertation officieuse, sans intérêt, qui intervient après la fin de la concertation officielle

De manière liminaire, on s’étonnera de l’organisation d’une telle concertation alors que :

– les partenaires en charge du projet ont annoncé la fin de la concertation prescrite dans la Loi le 18 avril 2018, laquelle devait s’achever par la prise en compte des réactions et des observations formulées ce soir là, lors de la réunion de présentation du projet, ce qui n’a en plus pas été fait.

– En page 24 du dossier de concertation, la conclusion annonce que le projet a été transmis à l’ANRU en juillet 2018. Il est donc de toute façon trop tard pour que les remarques portées au présent registre puissent être prises en compte.


I. 2 – Une concertation entachée d’un défaut de publicité

On s’étonnera ici qu’une telle concertation n’ait été relayée qu’en mairie et à la maison de quartier de Grand-Vaux, ainsi que sur les panneaux administratifs de la commune, au moyen d’une simple affichette A4.

Et qu’il n’y ait rien eu ni dans le magazine municipal, ni sur le site internet de la Ville, ni sur les réseaux sociaux de la Commune, ni sur les panneaux lumineux de la commune, ni dans le quartier de Grand-Vaux, ni dans la presse locale…


I. 3 – Une concertation mal organisée

On commencera par s’interroger sur le temps qu’il a fallu pour mettre en place cette concertation entre la réunion du 18 avril 2018, qui correspond au mois de rédaction du dossier de concertation joint au registre, et le 04 juin 2018, qui est la date à laquelle la concertation a commencé. A-t-il fallu quarante jours pour imprimer les registres ?

Ensuite, on s’étonnera de faire durer cette concertation du 04 juin 2018 au 24 août 2018, laquelle période d’été constitue une période de vacances, au cours de laquelle les personnes sont absentes sinon ralenties. Pourquoi d’ailleurs s’arrêter au 24 août 2018 et ne pas attendre la rentrée, puisque le projet est déjà transmis à l’ANRU ?

On dénoncera encore la mauvaise organisation de la concertation sur trois sites, dont un (la maison de quartier) où ce registre n’était disponible que le mardi après-midi, lors de la permanence de la GUSP, laquelle chargée de mission était en congés en juillet et en août !

Enfin, on n’oubliera pas de relever qu’en 2018, le mairie de Savigny-sur-Orge ne dispose toujours pas d’une adresse mail générique ni d’un registre numérique pour dématérialiser et élargir la présente concertation…


I. 4 – Une concertation inadaptée à l’expression des Saviniens, et des habitants de Grand-Vaux particulièrement

La présente concertation nécessite de savoir correctement lire et écrire le français.

Or, plusieurs habitants de Grand-Vaux ont déjà exprimé leur détresse ou leur réticence, pendant les réunions publiques, quant aux faits d’utiliser des SMS pour poser des questions, ou d’intervenir oralement sur un point précis.

On relèvera de surcroît que ce type de concertation nécessite d’être disponible aux horaires d’ouverture des locaux de la mairie, et enfin de pouvoir s’y déplacer.


I.5 – Une concertation qui ne tient pas compte des remarques du 18 avril 2018

Lors de la réunion du 18 avril 2018, dont il n’est fait aucun bilan et dont aucune des remarques orales ou envoyées par SMS ce jour là n’est reprise, les habitants se sont exprimés jusqu’à ce que le maire en eût assez et décida d’arrêter la réunion moins de deux heures après qu’elle ait commencée… On se demande où sont ces remarques, et pourquoi elles n’ont pas été prises en compte dans le troisième scénario.


I. 6 – Une concertation sans méthodologie

Arrivé en mairie, on propose au citoyen sans explications un dossier à lire et un registre dans lequel il comprend qu’il peut écrire. Il eût été bien d’ajouter une notice ou une note explicative, ne serait-ce que pour expliquer qu’il s’agissait là non pas de poursuivre la première concertation, ou de dresser un bilan du projet à ce stade, mais bien de donner son avis sur le projet issu de la concertation, donc sur le projet présenté le 18 avril 2018.

De plus, on relèvera qu’il apparait difficile de participer à cette concertation sans avoir participé à la réunion du 18 avril 2018…


I. 7 – De la faiblesse du dossier de concertation

Enfin, on soulèvera la médiocrité du dossier de concertation proposé, lequel est imprécis, en plus de voir son contenu contrarié par les différentes déclarations du maire.

On soulignera l’absence des informations tirées des études de préfiguration, lesquelles sont confisquées par le maire commettant un abus d’autorité.

La présentation de la chronologie est malhonnête et donne à penser que la concertation a eu lieu sur 18 mois, alors qu’elle a été concentrée sur de toutes petites périodes, pour finalement conclure sur des éléments déjà connus, et faire semblant qu’il y a eu besoin de 18 mois de concertation pour les découvrir…

On déplorera enfin l’impossibilité de réaliser des comparaisons avant et après le projet relativement à la taille des immeubles, à la concentration et à la répartition de la population, aux nombres de places de parking…



II. Sur le fond : un mauvais projet

L’objectif du maire de Savigny-sur-Orge, qui se retrouve finalement seul à gérer ce projet ; (les partenaires n’intervenant qu’au moment de payer ou de signer les documents) ; est de dire qu’il a écrit un projet concerté dont on ne verra rien avant les prochaines élections municipales. Or, ce projet va se révéler catastrophique pour Grand-Vaux, et pour tout Savigny.


II. 1 – Sur les deux premiers scenarii avant concertation (1ère partie)

En premier lieu, on relèvera que ce sont des projets de mâles blancs qui ne connaissent pas le quartier et qui répètent inlassablement et partout les mêmes erreurs depuis 20 ans sans qu’il soit possible de leur en faire remarque. Ce sont des scenarii animés de paternalisme et de néo-colonialisme. C’est la construction d’un ghetto moderne, au sein duquel on feint de tout apporter à une population méprisée, pour faire en sorte qu’elle n’ait plus à en sortir, car la réputation de Grand-Vaux restera mauvaise même après ces travaux !

En deuxième lieu, il convient de dénoncer les invariants qui prouvent la vacuité de la concertation, en tant que des choix opaques ont préalablement été effectués, puis imposés aux habitants. Pourquoi notamment laisser subsister une partie du Grand-Vaux historique ? On relèvera à ce propos que certains invariants, notamment par rapport à la destruction du bâti, sont en opposition avec le contrat de ville !

En troisième lieu, on dénoncera la politique de terreur qui a été mise en place par les partenaires en charge du projet, lesquels ont commis des propositions visant à effrayer la population pour la forcer à réagir (construire sur la copropriété, détruire une partie du parc de l’Yvette…), et considérer ainsi cette expression de réaction contre une participation…

En quatrième lieu, on dénoncera l’ajout de population à Grand-Vaux, alors que le classement ANRU permet justement de s’affranchir des obligations de densification du SDRIF…

En cinquième lieu, on critiquera la suppression de nombreuses places de parking dans les rues, et devant le complexe sportif David-Douillet.

En sixième lieu, on rejettera le déplacement de la jonction entre Grand-Vaux et la RD 25 à un endroit où elle est déjà saturée en heures de pointe. Et de remarquer que les travaux réalisés en 2016 sur la RD 25 ne servent dès lors plus à grand chose…


II. 2 – Sur la concertation pendant l’élaboration du projet

En premier lieu, on regrettera la faible participation des habitants du quartier aux différentes manifestations organisées dans le cadre de la concertation ; soit environ 70 réellement engagés sur un total de 4500.

En deuxième lieu, on déplorera les jeux de pouvoir ayant abouti à la multiplication des acteurs officiels et officieux : le conseil citoyen, les citoyens référents, les citoyens relais, les comités de résidents ; et finalement à la mise à égalité d’acteurs légitimes et d’acteurs illégitimes, dont la parole de certains de ces derniers prédominaient parfois plus que celle d’acteurs légitimes !

En troisième lieu, on relèvera que la concertation aboutit dans son ensemble à un rejet des différentes propositions issues des premiers scenarii, à l’exception notable de tout ce qui pourrait se faire hors du cadre de la rénovation urbaine, par simple volonté politique, ou action du bailleur, et des citoyens. C’est écrire l’échec de la pensée des partenaires…

C’est donc bien une fausse concertation qui a eu lieu pendant dix-huit mois, basée sur des mensonges, et entretenue par des personnes pour beaucoup en situation de conflits d’intérêts, ce qui était de nature à altérer l’objectivité de leurs positions.

De plus, à l’issue de cette concertation, on feint de s’étonner que la population s’inquiète plus de son futur relogement que du Grand-Vaux duquel elle va être chassé, alors que le projet l’empêche volontairement de rester…

On dénoncera enfin le totalitarisme intellectuel qui a consisté à dire que parce que les habitants ne voulaient plus vivre dans le Grand-Vaux actuel, c’est donc qu’ils voulaient quitter le quartier, et de prendre ce prétexte pour raser leurs barres.


II. 3 – Sur les propositions intégrées à la suite de la concertation

On commencera par dénoncer la méthode de concertation, qui a été, plutôt que de demander aux habitants ce dont ils avaient envie pour leur quartier, une succession de propositions venant de l’extérieur, qu’ils devaient approuver ou rejeter. Tout en rappelant qu’ils ne pouvaient pas se prononcer relativement aux invariants.

On relèvera ensuite la malhonnêteté intellectuelle relative à l’intégration des remarques issues de la concertation dans le projet :

La proposition de développement d’un projet de maison de santé à Grand-Vaux est une promesse du maire datant de 2015. Alors certes, cette maison est réclamée par les habitants, mais il aurait été plus honnête de la placer dès le premier scénario, pour ne pas faire semblant après d’obtenir une avancée.

La proposition de développement d’équipements n’est rien d’autre qu’une précision de la nature des bâtiments déjà présentés dans les premiers scénarios de manière neutre comme des espaces administratifs dévolus au service public.

Les propositions relatives aux copropriétés tiennent au rejet des idées présentées aux fins de pouvoir justifier d’une concertation, c’est à dire des propositions mauvaises qui ne pouvaient que faire réagir. À noter que la résidentialisation (qui est une mauvaise idée) et que la reconfiguration des stationnements, ont été obtenus au moyen d’une campagne de communication malhonnête, et que cela ne peut que diviser plus le quartier.

Enfin, on relèvera l’absence de concret dans la seule intégration d’une réflexion des habitants proposant de mieux prendre en compte les espaces verts…

On notera pour terminer toutes les remarques des habitants qui ont refusé d’être pris en compte, comme leurs demandes répétées de ne pas augmenter la taille de la population, ou de ne pas créer de ségrégation spatialo-sociale par le maintien d’une partie du Grand-Vaux historique.


II. 4 – Sur les scenarii proposés à l’issue de la concertation

De manière liminaire, on relèvera qu’il n’y a qu’un seul scénario qui est proposé…

Pour le reste, qu’il y a toujours trop d’habitants dans le quartier, alors que c’était déjà le problème. Que la résidentialisation va diviser plus les habitants dans un quartier qui manque de lien social. Que l’arrivée du T12 n’est pas assez pris en compte, et notamment le fait que des habitants viendront se garer dans Grand-Vaux. Qu’il existe toujours une frontière avec le Nord-Ouest du quartier. Qu’il n’y a plus de places de stationnements, là où on pouvait estimer qu’il en manquait déjà, que rien n’est prévu pour régler les problèmes actuels (agrandissement des réseaux…), lesquels ne sont pas vraiment réglés par ce projet, au niveau du désenclavement par exemple…

Ce faisant, les objectifs fixés par l’ANRU et le protocole de préfiguration ne sont que superficiellement atteints, mais les problèmes demeurent toujours au fond. Il serait encore une erreur de penser que les seuls problèmes actuels ne viennent que de la partie locataire, alors qu’il n’y a qu’à eux qu’on touche véritablement, et que la constitution de ce projet a marqué la frontière sociale entre deux Grand-Vaux…

Enfin, je ne trouve pas souhaitable de démolir la butte, et de construire à flanc de la RD 25 ; et je manifeste mon désaccord à ce que l’Église catholique soit dépossédée d’une partie de sa parcelle de l’église Notre Dame d’espérance, pour construire un immeuble, au nom du respect de la liberté de propriété.


Conclusion

Il s’agit d’un projet de densification, pensé par des personnes qui n’y vivront pas, pour régler le « problème Grand-Vaux » en déportant la population sensible actuelle, et en la remplaçant par des personnes plus riches qui ne devraient pas poser de problèmes.

Sauf qu’avec le temps, la Ville fermera les services publics par manque de moyens et les nouveaux arrivants partiront pour aller s’installer en pavillon. Ils seront alors remplacés par des personnes plus pauvres, et la délinquance reviendra. On recommencera alors le cycle propre aux cités ou aux grands ensembles, tel que Grand-vaux l’a connu dans les années 1960.

C’est pourquoi, et pour toutes les raisons précédemment invoquées, que je rends ici un avis défavorable au projet de renouvellement urbain, et que je demande qu’on réorganise une phase de concertation avec la population.

Olivier VAGNEUX



Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

À propos

Writing on the Wall is a newsletter for freelance writers seeking inspiration, advice, and support on their creative journey.