Il est un effet de mode, qu’on veut faire passer pour de la politesse ou de la reconnaissance, et qui consiste à remercier les personnes pour ce qu’elles font, peu importe la qualité du travail accompli. Ceci est particulièrement vrai en politique où l’élu désormais choisi par son parti pour sa soumission est devenu un incapable, qui effectivement ne peut rien faire sans la technocratie, et rappelle ainsi qui est le chef.
Je n’aurais pas cette hypocrisie avec l’Agence nationale de la rénovation urbaine. Leur projet pour Grand-Vaux ne correspond pas aux attentes des habitants qui n’ont jamais demandé 400 logements supplémentaires dans le quartier. Leur méthode, qui consiste à effrayer les gens, par exemple en proposant des constructions sur les copropriétés, puis en disant qu’il y a eu concertation parce qu’ils vont retirer ces constructions de leur projet, ne vaut guère mieux.
L’ANRU ne fait que gaspiller l’argent de nos impôts, avec la bienveillance de l’État qui la place en situation de monopole sur les dossiers de rénovations urbaine. À plusieurs reprises épinglées par la Cour des comptes, tant pour l’absence de bilan précis de leurs résultats, que pour une petite infraction financière au 06 avril 2018 (qui montre bien la possibilité de détournement de fonds publics par la structure), elle se contrefiche du respect des protocoles qu’elle met en place.
Prompte à accorder des dérogations sur tout, elle développe une vision bien particulière de la rénovation, vivant dans l’idéologie que la mixité sociale est la solution à tout ; déportant les pauvres et se fichant de créer d’autres nouveaux foyers. Mais le pire de tout est qu’elle refuse d’admettre les échecs de l’ANRU 1, qui ne vont que s’amplifier avec le temps quand les habitants des nouveaux logements partiront en pavillon et seront remplacés par des plus pauvres.
L’ANRU encourage des architectes et des urbanistes méprisants et méprisables pour qui la rénovation consiste à bâtir un quartier qui portera leur nom ; non sans conchier les architectes des Grands Ensembles. Notre seule consolation est de savoir que dans plusieurs dizaines d’années, d’autres viendront après eux, pour critiquer à leur tour et proposer leur vision, probablement en rajoutant encore plus de logements sur des territoires déjà trop étroits et trop enclavés.
Alors, non, je ne remercie pas l’ANRU qui ne cadre rien et qui ne contrôle rien. Qui reste insensible à toutes les interpellations qu’on lui adresse. Mais surtout qui dépense pour pouvoir donner un chiffre en milliards investis dans les banlieues. Politique paternaliste d’un autre âge qui se fait avec l’argent des Français pour acheter une paix sociale, dont les ordonnateurs se fichent en tant qu’ils ne connaissent pas grand chose à ces cités !

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