LE SAVINIEN TAQUIN

Le libre journal d'Olivier VAGNEUX · 06.51.82.18.70 · olivier@vagneux.fr

,

Rénovation de Grand-Vaux : sur le manque d’ambition du projet (et la médiocrité des professionnels de la rénovation)

Lors de la réunion de présentation du projet de rénovation urbaine de Grand-Vaux du 29 novembre 2017, les huit décideurs ont présenté quatre objectifs :

1. Ouvrir le quartier vers le reste de la Ville

2. Faire évoluer son image

3. Introduire de la mixité sociale

4. Renouer avec le plaisir d’habiter dans un cadre de vie apaisé et dynamique

Toutefois, j’ai personnellement du mal à comprendre en quoi les deux scenarii présentés vont répondre à ces quatre objectifs. Et de commencer par m’étonner que ce projet n’ait que quatre objectifs ; mais surtout de m’interroger comment ce projet va être au service des habitants, quand déjà les quatre objectifs affichés ne sont pas atteints. Je ne saisis d’ailleurs pas pourquoi est-ce qu’on les a ainsi dénommés, en l’occurrence assez mal…


Objectif n°1 : Ouvrir le quartier vers le reste de la Ville

Dans les deux scenarii, on se limite à ouvrir un chemin piéton supplémentaire qui permettrait de se rendre plus facilement au Tram 12 (si celui-ci finit par voir le jour). On créé sinon une entrée de ville depuis la route départementale, laquelle donne aussi sur Épinay. Même en recréant une passerelle (piétonne) pour améliorer la jonction vers Grand-Val, et faute de pouvoir élargir la rue Gambetta, Grand-Vaux ne s’ouvre absolument pas plus au reste de la Ville.

==> On parle beaucoup du village, et notamment du village gaulois. Or, c’est le modèle auto-suffisant qui arriverait presque à vivre en autarcie. la rénovation de Grand-Vaux est faite par des gens extérieurs, avec une mentalité paternaliste, qui estiment que le salut de Grand-Vaux ne peut venir que d’une ouverture vers l’extérieur. Or, c’est faux ! Grand-Vaux n’a pas besoin de s’ouvrir sur l’extérieur. Grand-Vaux a besoin de restructurer son intérieur !


Objectif n°2 : Faire évoluer son image

L’image de Grand-Vaux est une perception extérieure au quartier. Elle est liée à sa population et à l’insécurité perçue comme provenant de la partie des locataires. Dans les deux propositions, on fait partir 600 familles occupant des logements sociaux pour en faire venir 300. Il restera donc environ 600 familles occupant du logement social. Les comportements vont-ils changer chez ceux qui restent ? Les nouveaux ne vont-ils pas se comporter pareillement ?

==> De la même manière, on se moque de l’image d’un quartier. C’est encore une vision extérieure. La question est de savoir comment les gens vivent dedans. Et le vrai objectif serait d’améliorer les conditions de vie dans le quartier !


Objectif n°3 : Introduire de la mixité sociale

Il y avait 48,5 % de logements sociaux situés à l’Ouest de la rue Ouzilleau. Il y en aura désormais 26,1 % situés pour l’essentiel pour plus de la moitié au Nord-Ouest de la rue-Ouzilleau. Si donc il y a moins de locataires dans Grand-Vaux, il risque d’y avoir désormais un mini-ghetto autour de la rue Monet. Et il est inadmissible qu’aucun des deux scenarii ne distingue l’emplacement des logements sociaux, des logements en accession à la propriété et des biens privés.

==> Le problème n’est pas le manque de mixité sociale. Le problème est le fait d’une part de l’absence d’éducation de certains ; et d’autre part des pauvretés. Changez la politique économique et sociale ; trouvez du travail aux jeunes de Grand-Vaux, et beaucoup de choses s’amélioreront. On rappelle qu’il y a 17,7 % de chômeurs dans le quartier !


Objectif n°4 : Renouer avec le plaisir d’habiter dans un cadre de vie apaisé et dynamique

Tout va dépendre de la politique sociale, et comme dans le genre Éric MEHLHORN est plutôt un boucher… Le cadre de vie sera agréable s’il y a une vie économique et sociale. Comment et par qui va-t-on remplir les boutiques ? Avec qui MEHLHORN va-t-il remplir sa maison de santé (comment va-t-il inventer les médecins ?) Comment pourra-t-on garantir le remplacement sociologique des Grand-Ensembles par des gens aux mêmes revenus, sans appauvrissement ?

==> Qui peut dire avoir du plaisir à habiter chez soi ? Nous recherchons la praticité et la fonctionnalité d’une Ville au service de la population. Or, à Savigny, c’est la politique qui fait défaut car elle est faite par une municipalité dite de droite qui estime que c’est à chacun de se débrouiller seul… Sauf que tout le monde ne le peut pas…


Si les gens qui font la rénovation urbaine avaient été un peu malins et à l’écoute de la population… Il y a dans tous les acteurs de ce projet beaucoup trop de parasites qui vivent d’argent public pour faire des rénovations qui restent des échecs : l’image du Noyer-Renard a-t-elle changée ? Celle de la Grande-Borne ? Des Pyramides ; toutes ces rénovations sont partiellement des échecs et les mêmes mecs viennent te dire ce qu’il faut faire…

Si les gens qui font la rénovation urbaine avaient été un peu malins et à l’écoute de la population, ils auraient mis dans les objectifs (consensuels) tout ce qu’on savait déjà, sans même avoir besoin des études (qui là aussi ont enrichi des copains), par exemple :

Quelles sont les ambitions du projet ?

  • Rénover les logements dégradés
  • Installer des commerces et des services publics
  • Améliorer la sécurité dans le quartier
  • Rénover l’environnement (trottoirs, éclairages…)
  • Améliorer les circulations (réfection de la liaison vers Grand-Val, sécurisation du chemin de l’Yvette, création d’un passage piéton vers le Tram 12 express (TTME)
  • Aider la population à trouver du travail et les parents à s’occuper de leurs enfants

Je suis assez découragé parce que la population n’ose pas dire qu’elle ne veut pas de ces scenarii, tout comme elle est trop soumise pour remettre en cause les conneries des mecs qui se sont autoproclamés sachants. Mais c’est faux parce que ces professionnels de la rénovation n’y connaissent rien, au contraire des habitants du quartier, qui n’ont globalement pas envie de se bouger plus. Mais l’ANRU, comme le NPNRU sont des échecs, commençant par l’idée de déporter la population. Or, une rénovation réussie se ferait avec l’actuelle population…



Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

À propos

Writing on the Wall is a newsletter for freelance writers seeking inspiration, advice, and support on their creative journey.