Les femmes blanches pourront finalement participer aux deux ateliers non-mixtes du stage proposé par Sud Éducation 93, mais à la condition de porter un voile ! Ma question certainement très naïve : en quoi porter un voile pour un blanc le transforme-t-il en minorité racisée ? Encore une fois, nous sommes dans une logique tendant à dire que l’islam est une race pour pouvoir mieux dire que les musulmans sont victimes d’un racisme.
Je passe rapidement sur le fait que les races n’existent pas, mais que c’est un concept non-scientifique qui a été créé à une époque où on cherchait des prétextes pour justifier que des individus puissent en dominer d’autres. Je ne m’attarde pas non plus sur le fait que les intervenants à ce stage sont essentiellement des personnalités issues de la lutte contre l’anti-racisme (?) et l’islamophobie (pour mémoire, 580 actes islamophobes en France en 2016 selon le CCIF).
Première question : qu’est-ce que la non-mixité ? Les organisateurs de ce stage sont tranquillement venus nous expliquer à la télévision que cela signifiait que ces ateliers étaient réservés aux non-blancs. Mais qu’est-ce qu’un non-blanc ? Est-ce qu’un métis ou un quarteron, pour reprendre les expressions racisées, pourra quand même participer à ce stage alors qu’un peu blanc ? Par ailleurs, un certain nombre de musulmans ne sont-ils pas blancs de peau ?
Deuxième question : en quoi le voile transforme-t-il un individu blanc en non-blanc ? En tant qu’il le transforme en minorité ? Est-ce donc à dire que le statut de minorité s’obtient en se distinguant de la majorité, si possible en prenant un trait commun à une autre minorité ? Est-ce donc si facile pour un blanc de rejoindre la minorité et d’abandonner son statut majoritaire ? La porosité des statuts n’a-t-elle pas pour but de permettre à une minorité de devenir majorité ?
Troisième question : Pourquoi ce stage ? Car pour avoir des individus racisés, il faut des individus qui aient une « conscience de races ». Or, justement parce que ce n’est pas naturel, il y a besoin d’une éducation pour construire une identité raciale aux personnes, et pouvoir ensuite la déconstruire. Regardons alors que le prétendu racisme d’État n’est pas si évident, puisqu’il faut deux jours pour l’analyser et découvrir en quoi il travaille inconsciemment nos esprits…
Mettre un voile modifie-t-il donc notre appartenance raciale ? J’aurais tendance à croire que c’est la foi qui fait le musulman et non pas le fichu qu’il (elle) porte sur la tête. De la même manière qu’un blanc qui met un voile ne devient pas musulman mais juste un blanc voilé… Mettre un voile à un blanc lui permet-il donc de se rendre compte de ce que « subissent » les musulmans en terme de regard des autres ? Pas possible dans un tel contexte d’antiracisme…
En somme, je ne trouve définitivement aucune logique si ce n’est des organisateurs qui tentent de dire qu’en fait tout le monde peut venir (pour ne pas que ce soit illégal). Quoiqu’il y ait en plus quelque chose de l’idée que les « races » sont poreuses, et que la majorité peut accepter de devenir minorité, tandis que la minorité peut se retrouver majorité… D’où l’absurdité de l’antiracisme qui est obligé de réorganiser une typologie raciale pour auto-jusitifier son combat.



Répondre à Vagneux Olivier Annuler la réponse.