Je ne savais pas que se moquer de la dyslexie (c’est comme cela que je prends cette affiche), donc se moquer d’un handicap, était désormais une communication acceptée voire encouragée par la mairie de Paris, d’habitude si soucieuse du respect. À quand une affiche répétant les syllabes comme si ceux-ci étaient prononcés par une personne bègue, ou une affiche contenant des injures, tel un syndrome Gilles-de-la-Tourette ?
De quoi donc est-ce que je me plains ? C’est le contribuable parisien qui paye au travers de la Mairie de Paris. Certainement quelques dizaines de milliers d’euros, puisque nous ne sommes rien de moins qu’en présence d’une collaboration internationale entre un graphiste berlinois, Manuel BÜRGER et un artiste parisien Pierre VANNI. Ils voulaient faire le buzz, et ils auront toujours réussi cela. Mais cela fera-t-il participer plus de monde ? Rien n’est moins certain !
Leur idée était apparemment d’imiter un collectif parisien invisible du nom de « Playground » qui déplace des lettres pour former et déformer des mots, au nom du principe que notre cerveau fait le travail de remettre les lettres en place ; ce qu’on appelle « la dégradation de Cambrigde ». Cette affiche traduirait aussi l’état du badaud après une nuit blanche, lequel aurait du mal à lire et à parler. Apparemment, les mecs n’ont jamais fait de nuit blanche…
Voilà en tout cas un bel exemple de la communication méprisante des bo-bos parisiens. Sûrement les mêmes bienpensants qui appréciaient les appels au meurtre de Mehdi MEKLAT ; ou qui aiment à se moquer des accents étrangers, mais uniquement ceux des blancs, par exemple de Pénélope FILLON ou de Donald TRUMP ? Ou encore ceux qui ne veulent pas de voiture à Paris mais pouvoir rouler à 150 sur l’autoroute traversant la banlieue, pour gagner plus vite la province. Bref, ceux qui ne regarderont pas On n’est pas couché ce soir…
je trouve regrettable qu’on ne dépense de telles sommes que pour un certain art contemporain, au nom d’un certain multiculturalisme, à sens unique. Car c’est très souvent la culture classique qui doit s’écraser, voire cohabiter avec la culture moderne. Or, c’est l’art classique, malgré tous ses reproches, qui nous a permis d’arriver à l’art contemporain. Aussi, j’espère que la Ville de Paris investit autant voire plus pour la nuit des musées ou les Journées du Patrimoine…


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