Au commencement fut la volonté d’intercommunalité, qui ne connut pas le succès escompté. Puis vint l’encouragement à la fusion des communes, mais là encore, les Français résistèrent. C’est alors qu’Emmanuel MACRON eut l’idée la plus brillante qui soit pour faire disparaître l’échelon communal : l’assécher financièrement. Ainsi, nous pourrions mieux prendre notre part à la mondialisation dans de grandes agglomérations.
Je commencerais par rappeler le rêve de nos technocrates européens : trois niveaux de gouvernance. Jusque là aucun problème, d’autant que nous vivions très bien avec la commune, le département et l’État. Mais ces braves soldats formés à l’école ultra-libérale de Chicago, veulent plutôt que nous adoptions le modèle : intercommunalité – métropoles (ou grandes régions en province) et Union européenne. Adieu communes, départements, régions et finalement État !
Des compétences obligatoires d’une commune
Selon la Loi, la commune ne dispose que de compétences limitées, dont le coût est théoriquement pris en charge par la dotation globale de fonctionnement : l’entretien de l’hôtel de ville, des bâtiments communaux (comme les écoles et les cimetières), l’accomplissement des missions d’état civil, la conservation des archives communales… Tout le reste n’est que service public supplémentaire, justifiant et justifié par d’autres taxes, notamment foncière et d’habitation.
Vers des coupes, des augmentations d’impôts et des fermetures de services ?
La baisse de la taxe d’habitation sera-t-elle compensée ? Rien n’est moins sûr. Dans tous les cas, on imagine mal que l’État, en mal d’économies, rende exactement la même somme aux collectivités. Pour autant, voilà cinq ans, depuis 2012, que nos communes ne cessent de réduire leur train de vie, trop souvent en s’attaquant au service public, davantage qu’au budget de fonctionnement interne des mairies. On ne saurait trop craindre la manière dont les équipes municipales vont gérer cette baisse.
Tuer la commune
À partir du moment où les villes auront été dépossédées de leurs principales compétences au profit de l’intercommunalité, elles n’auront plus besoin d’être gérées par une équipe élue ni financées au moyen d’une fiscalité propre. À partir de là, elles seront remplacées par une administration de mission qui se contentera de délivrer l’état civil, et de remplir des formulaires lorsqu’il conviendra de faire des travaux ici et là. La commune n’existera plus que dans les faits…
Je savais que la mort de la commune était annoncée à l’horizon 2025 car elle est trop petite et trop faible budgétairement pour être intéressante du point de vue du marché. Voilà qu’Emmanuel MACRON accélère le processus ; c’est à se demander si une équipe municipale élue en 2020 aura encore un quelconque pouvoir de décision. Toujours est-il que les 20 % de contribuables qui vont encore payer la taxe d’habitation doivent s’attendre à de fortes hausses de taux. Pour MACRON, les plus riches, c’est comme les retraités, ça doit payer !

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