Le Français ne peut définitivement pas vivre sans sondages politiques pour lui dire pour qui ne pas voter (parce que ce serait grave la honte s’il ne votait pas pour le vainqueur). Depuis plusieurs jours, je reçois des courriels me disant que tous les sondages ont tort, sauf ceux de la société canadienne Filteris, parce que basés sur des méthodes révolutionnaires, à savoir l’analyse big data (le relevé de tendances sur les réseaux sociaux).
Alors soi disant Filteris avait prévu la victoire du Brexit, la victoire de TRUMP et il dirait actuellement que FILLON est au coude à coude avec Marine LE PEN et que MÉLENCHON sera la quatrième homme de la présidentielle. Alors je veux bien me tromper et nous verrons le soir du premier tour, mais je ne comprends pas comment le fait de parler d’un candidat peut être révélateur de son score final ; du moins cela n’est possiblement vrai que pour les petits candidats.
Sur les sondages
Les Français critiquent beaucoup les sondages mais ils sont les premiers à les regarder et les commenter, surtout pour en dire du mal et moquer qu’ils se sont trompés (un même réflexe qu’ils ont avec la météo dont en plus souvent, ils ne tiennent pas compte). Or, les sondages sont intéressants non pas pour la précision de leurs réponses, mais pour les mouvements tendanciers qu’ils soulèvent à long terme. Et force est de constater qu’ils sont alors plutôt dans le vrai.
Vérité privée et vérité publique
Outre que je doute que Filteris comprenne l’ironie (si j’écris que MÉLENCHON est un champion, ce sera pour ses gaffes et non pas parce que je suis fan), ou que je parle de HAMON du fait de l’actualité et absolument pas parce que j’ai envie de voter pour lui, je ne pense pas qu’on soit vrai sur internet. Si demain je votais Marine LE PEN pour me jouer du « système », je n’aurais sûrement pas le courage de l’écrire, par peur du regard des autres, donc Filterais ne le saura pas.
Sur l’honnêteté de Filteris
A-t-on une vie privée sur internet ? J’ai tendance à dire que non, ce pourquoi je n’aime pas le principe de tout dématérialiser, et que je contrôle ce que j’écris et ce que je veux écrire. En toute franchise, ça me gêne de savoir que les données que je produis sur internet sont récupérées et analysées par des tierces personnes (ou machines) qui ne savent pas dans quel contexte je les écris ni à qui je les adresse. Bref, qui peuvent en plus les déformer pour leurs analyses…
Oui, je regarde régulièrement les sondages et j’ai plus tendance à leur faire confiance qu’une analyse big data. Mais pour autant, ils n’influenceront jamais mon vote. Le principe de l’isoloir est d’autant plus radical qu’il n’y a plus que dans les très vieux couples que la femme vote ce que le mari lui a dit de voter (déjà vu). Aussi une part non négligeable d’électeurs avouent ne se décider que dans l’isoloir et peuvent alors avoir un comportement parfaitement irrationnel.
Je l’ai déjà écrit, mais je le réécris par rapport à ce que je vois autour de moi : oui, Marine LE PEN peut l’emporter face à quiconque au second tour de la présidentielle, parce que tout le monde se fout de la gueule de TRUMP, mais il est l’un des seuls à avoir compris et à exploiter que les gens ne veulent plus de cette mondialisation là. De la même manière en France, les électeurs ne veulent plus de cette Europe là. Or, il n’y a que LE PEN qui tranche dans le vif aujourd’hui.


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