Ils voulaient une primaire pour faire comme la gauche, et renouveler la politique. Du coup, au lieu de voter pour une personnalité comme cela se faisait jusque-là dans les conventions, c’est à dire une personne pour porter un programme, ils ont choisi une personne attachée à un programme. Aujourd’hui, on veut changer la personne, mais les électeurs, en plus d’avoir choisi un programme, ont choisi une personne pour le porter…
La primaire a mis en avant une seule tendance de la droite : conservatrice pour ses idées sociétales et libérale pour ses idées économiques. Mais il suffit de voir dans le peu de cadres qui soutenaient FILLON à la primaire, que si les masses militantes sont de ce bord, les élus ou les responsables à l’intérieur du parti ne le sont pas. Du coup, il n’y a personne de la stature de FILLON qui puisse le remplacer, et la droite s’engage sur une route dangereuse pour deux mois.
La primaire a éliminé les autres personnalités
Que ce soient JUPPÉ ou SARKOZY, ils sont minoritaires dans leur famille politique… Alors que penser d’une autre personne qui ne s’est pas présenté à la primaire et qui aurait de toute façon été écrasé par les trois gros, qui rappelons-le, ont cumulé plus de 90 % des voix ! On passe quand même de 21 % avec SARKOZY à 2,5 % avec LE MAIRE. Personne n’est donc légitime pour remplacer FILLON, et s’il y en avait un, ce serait de toute façon un « perdant » de la primaire…
La primaire a verrouillé un programme
Du libéralisme et du conservatisme, c’est ce que les électeurs ont voulu et qui n’apparaissaient pas vraiment dans les programmes de JUPPÉ comme de SARKOZY. Aujourd’hui, celui qui pourrait succéder à FILLON devrait en plus accomplir un programme qui n’est pas le sien. Ce n’est pas cohérent et c’est aller autant dans le mur, que de laisser à ce candidat la possibilité de développer son programme qui n’a pas été choisi par cette droite, qui oui, s’est radicalisée !
La primaire a fixé des règles
Les règles de la primaire font qu’il n’y a qu’un seul vainqueur. Que tous se sont engagés à sa suite, y compris l’UDI. Que l’argent de la primaire a été versé sur le compte de campagne de FILLON. Ne pas respecter cette primaire, c’est faire preuve d’infidélité ; ce que les électeurs sanctionneront tout autant dans la mesure où ils veulent des dirigeants forts qui défendent des idées fortes. Quelle sale image renvoyée par ceux qui quittent le jeu en cours de partie !
La primaire était une mauvaise idée, et nous retrouvons le même problème à gauche car Benoît HAMON défend un programme qui n’est pas celui du PS. Elle est une régression démocratique qui affaiblit le rôle des partis politiques, tout en rendant le vote payant, ce qui est d’autant plus scandaleux. Tant LE PEN que MACRON vont faire des bons scores parce qu’ils sont les candidats indiscutables de leurs partis, quand les divisions d’une primaire ne cicatrisent jamais vraiment…
Les primaires ne sont pas démocratiques parce que tout le monde ne peut pas s’y présenter. Alors vivement que les partis les abandonnent pour se remettent à respecter l’article 4 de la Constitution. Donc à concourir à l’expression du suffrage, en bâtissant un programme puis en choisissant un candidat en interne par ceux qui cotisent pour cela. Mais évidemment, cela nécessite d’avoir déjà le programme donc de s’être réuni pour faire du vrai débat d’idées…
Par le jeu des primaires, les partis politiques ont crû qu’ils pouvaient se présenter sans programme ; juste sur la présidentiabilité de leur candidat. Mais qui ne se fout pas de la gueule de FILLON quand il dit vouloir supprimer 500 000 fonctionnaires ? Ou de HAMON et son revenu universel ? La primaire a fait gagner les candidats des excès parce qu’ils ont fait le plein de populisme avant même la vraie campagne. Mais si on prend les électeurs une fois, c’est pas deux.

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