Ce dimanche 12 février, France 2 diffusait une enquête sur la catastrophe de Fukushima, montrant que les autorités japonaises avaient été autant dépassées que les soviétiques à Tchernobyl. Le documentaire donnait ensuite une très large part à voir de la pression de la France pour que les grandes puissances nucléaires n’abandonnent pas d’utiliser les technologies françaises nous rapportant chaque année plusieurs milliards d’euros.
La réflexion que je me suis faite après ce reportage est que finalement, tant qu’un pays n’a pas été confronté à un accident nucléaire, il ne saura pas gérer pareil problème. Et pourtant Tchernobyl et Fukushima restent des cas exceptionnels tant par les circonstances qui les ont provoqués que par la gestion catastrophique dont ils ont été l’objet. La vraie question étant finalement : veut-on avoir de la lumière quand on allume son interrupteur chez soi le soir ?
Je suis pro-nucléaire ; pas seulement pour le Cocorico français, mais parce que je pense que c’est une énergie propre malgré les quantités de déchets radioactifs produits, dont je ne doute pas que les avancées de la science nous permettront un jour de faire quelque chose d’autre que de les enterrer. Pour autant, je trouverais quand même bien qu’on puisse diminuer la part nucléaire au profit d’énergies renouvelables non polluantes. Nous n’arrivons pas à le faire…
Les deux catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima doivent cependant nous donner à réfléchir sur les lieux de construction de nos centrales, la qualité et la sécurité des chantiers de construction (et là dessus, je crains pour l’EPR de Flamanville), la nécessité d’installer des outils de dépannage à proximité des centrales, la nécessité de doubler ou tripler les plans des centrales à laisser entre de bonnes mains et le sérieux et la compétences des agents du nucléaire.
À Tchernobyl, c’est dans un réacteur bâclé tant sur la construction pour faire des économies que sur les vérifications de sécurité pour le finir plus tôt, qu’on a raté un test parce que les sept systèmes de sécurité avaient été manuellement déverrouillés par des techniciens un peu plein de vodka et pas spécialement formés au nucléaire. À Fukushima, c’est un réacteur construit en bord de mer dont la sécurité a été noyé par un tsunami trois fois plus fort qu’attendu…
Parce que la France est pionnière en la matière, qu’elle a des spécialistes du nucléaire et que son sol est moins accidentogène que le Japon à la limite de quatre plaques tectoniques, je ne pense pas que nous risquions un accident nucléaire de l’ampleur des deux constamment repris en exemple par tous les anti-nucléaire. Toutefois, j’ai deux craintes : qu’un terroriste peut-être infiltré finisse par en faire sauter une et que des défauts de construction puissent être fatals.
Là-dessus, je pense que c’est à l’État de forcer les compagnies publiques ou privées à faire le nécessaire pour la sécurité, l’entretien de leurs installations et la qualité des personnes qu’ils embauchent. Clairement, je pense que ce n’est pas le cas et que la France n’est pas à l’abri d’un petit accident. Je pense donc que l’État devrait pouvoir mener ses propres vérifications et confisquer la gestion des centrales aux sociétés qui refusent d’être totalement transparente.

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