Ce dimanche 4 décembre, les Autrichiens retournent aux urnes pour choisir un président ; l’actuel n’ayant gagné que de quelques milliers de voix grâce au vote des expatriés. Personnellement, cela m’interroge car je ne trouve pas normal que des personnes qui ne vivent pas dans le pays puissent se prononcer sur la politique de ce même pays. Inversement, que certains étrangers ne puissent pas plus voter me surprend aussi.
Parce que Français, ma conception de la nation ne saurait être que subjective à la suite de la fameuse conférence d’Ernest RENAN à la Sorbonne en 1882. Pour moi, un « Français de papier » qui affirme que son pays, c’est l’Algérie, n’est pas Français et ne mérite pas de voter. Par contre, une personne issue de l’immigration qui manifeste un amour de la France au point d’avoir voulu en prendre la nationalité, pour des raisons estimables, mérite de pouvoir voter.
Sur le droit de vote des étrangers
En France, le droit de vote est conditionné à la nationalité. Donc les personnes d’origine étrangères ne peuvent pas voter. Enfin, ça dépend, parce que la grande hypocrisie consiste à dire que les ressortissants de l’Union européenne ont quand même le droit de voter aux élections locales. Mais pas si tu viens de Suisse, ou d’Andorre, ou de Norvège, et encore moins de l’autre côté de la Méditerranée. Aux élections nationales, c’est plus simple, c’est personne.
Sur le droit de vote des expatriés
Tu peux être Français, ne plus vivre en France et ne plus y payer d’impôts tout en ayant le droit de voter ! La communauté nationale représenterait la France à l’extérieur, peu importe qu’elle ait pu ne jamais mettre les pieds sur le sol national. Ce qui est formidable, depuis la présidence SARKOZY, est que maintenant et en plus, même les Français qui ne vivent pas en France, ont droit à un député pour les représenter, comme du temps où la France avait des colonies…
Sur le paradoxe
Une personne qui se fout du pays peut voter tandis qu’une qui s’y intéresse ne peut pas. La logique voudrait pourtant, soit que tout le monde (étrangers et expatriés) puisse voter, soit que personne ne le puisse… À titre personnel, j’aurais plutôt tendance à approuver la deuxième hypothèse avec certaines réserves, sans jamais de droit de vote obligatoire, en permettant le vote à tous ceux qui affirment aimer la France et le refusant à ceux qui la détestent.
Même si cela ne relève que de la légende, j’aime l’idée de nation française élargie et rassemblée sur des valeurs, telle que présente dans ce discours prêté à Louis IX, en réalité invention postérieure de l’évêque Nicolas MARUD, à propos des Libanais : « Nous sommes persuadés que cette nation que nous trouvons établie sous le nom de saint Maron est une partie de la nation française, car son amitié pour les Français ressemble à celle que les Français se portent entre eux. »


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