En 2016, les griefs des Français contre notre démocratie sont nombreux : on vote trop, on ne sait pas pour qui on vote, le bonus majoritaire permet de donner le pouvoir à des élus minoritaires… Alors pour rapprocher les Français de l’élection, ou plutôt dans une américanophilie consternante qui n’a d’autre but que de faire le ménage parmi les égos, on invente une élection présidentielle à quatre tours, si ce n’est plus avec les législatives.
Alors certes, la candidature individuelle à l’élection présidentielle, requérant 500 parrainages d’élus, est quasiment impossible, quoique lorsqu’on voit des candidats se qualifier comme Jacques CHEMINADE, ou le nombre de parrainages de maire obtenus par certains candidats, on se dit qu’en réalité, c’est une course de fond qu’il faut commencer tôt en visant les petites communes. Mais la candidature à certaines primaires n’est pas plus facile non plus…
Les affrontements desservent les candidats
On s’arrête tout de suite : bien sûr que cela ne les empêche pas de gagner. Seulement si HOLLANDE est élu avec 52 % des voix, et qu’il passe à 20 % de popularité six mois après, c’est aussi parce que tout le monde s’est lâché sur lui pendant la campagne. En 2016, il y a des piques lancées qui feront encore mouche en 2022, décrédibilisant au passage la gauche et la droite, favorisant le populisme et le vote extrême, et ne combattant lâchement pas le FN…
Du masochisme en politique
Quel intérêt, à part l’argent et l’économie d’énergie, pour certains partis ou courants de pensée de participer à une primaire. Systématiquement, l’aile gauche du PS est mise en minorité à la primaire de la gauche, ou l’aile chrétienne-démocrate à la primaire de la droite. De fait, si ces courants, que l’on n’écoute déjà pas le reste de l’année, ne cherchent pas plus à se faire entendre, ils donnent l’illusion d’un rassemblement, ou bonne conscience au vote de certains ?
Sur le vote à la primaire
Le vote à la primaire remet en cause certains fondements de la démocratie. Il n’est pas ouvert à tous (la République ne demande pas d’être républicain pour participer à ses suffrages, d’où le fait qu’elle puisse permettre l’élection de dictateurs). Il est payant tandis que le vote est gratuit, au parti de prendre en charge les frais qu’il génère. Il est inéquitable puisque ce sont les médias qui (dé)font les candidats sans distribution de propagande, ou limite des temps de parole.
Dans une course de fond, c’est le premier arrivé qui gagne et on ne refait pas une course entre les deux meilleurs. Pourquoi donc une primaire, si ce n’est pour limiter les risques de ne pas accéder au second tour en éliminant des concurrents du premier (sauf chez les écologistes où il y a une vraie culture démocratique) ? Finalement, à quoi bon militer dans un parti si c’est pour que l’ensemble du Peuple puisse choisir le candidat du parti ? Drôle de démocratie partisane.
Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.

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